Dans "sports, APS,EPS" , mon billet d'hier, j'esquissais une interrogation de ce que sont les activités corporelles dans l'Ecole de notre pays, et j'y dénonçais une idéologie très ancienne et prégnante , le dualisme dichotomique "coprs-esprit" ,avec la conviction d'une prééminence, d'une indépendance, de "l'esprit"
Aujourd'hui, je veux esquisser un historique de quelques points de cette idéologie persistante. ,et des hypothèses sur leurs sources et sur les motifs de cette si longue persistance.
Dans beaucoup de populations humaines anciennes , "l'esprit" prend des formes de totémismes, ou de sagas de dieux anthropomorphes . Je conjecture que ces anciens humains, pourvus de conscience et de langage , capables de stratégies impliquant des idées d'enchaînements causes-effets, et effrayés par la puissance de multiples aspects de leur habitat terrestre, ont imaginé de nouer des alliances, d'obtenir des faveurs de ces puissances , leur ont attribué des formes humaines qui pouvaient permettre d'espérér communiquer avec elles .
Il apparut un "langage de dialogue avec les puissances" : signes de respect et de soumission, choix de protecteurs et revendication de parenté avec ces protecteurs , extension des conflits humains à des antagonismes surhumains ("notre dieu est plus puissant que le leur."..ou "nos dieux et ceux de la tribu d'à côté sont parents", etc...qui "donnent sens" à des phénomènes effrayants , fournissent des espoirs ou des consolations, donnent des réponses à des interrogations.
Plus tard, apparut l'idée de dieux "majeurs", plus tard encore, de "dieu unique"
Mais bien d'autres façons de mettre en images, en paroles la dichotomie corps-esprit ont été imaginées par notre espèce.
Par exemple, le platonisme dit que nous n'avons accès qu'à un "reflet" incomplet et déformé du réel (mythe de "la caverne), et cette idéologie, sde diverses façons, est encore présente aujourd'hui...y compris dans la pensée d'hommes de science.
Et des religions disent que nous sommes "âmes", revêtues pour un temps de "corps"
Et, plus nous apprenons sur notre monde et sur nous-mêmes, plus se renforce la conviction de notre insignifiance, de l'impossibilité où nous serons toujours de tout savoir, tout pouvoir. ...et la frustration, les effrois de notre impossibilité de nous affranchir, de nous évader. La grande force ,à notre époque, de "l'individualisme", de la self-preference , empêche beaucoup d'entre nous d'apercevoir l'impossibilité de séparer, chez notre espèce, l'individuel du social., et le présent de l'histoire.
Bien des superstitions, bien des a priori masquant tout un pan du réel, bien des actes déraisonnables ou même criminels (envers soi-même, envers autrui, envers notre monde), troyuvent leur source dans la vieille dichotomie corps-esprit.