^ment humains, rien qu'humains (4):connaissances et inconnaissable

Nous ne cessons d'apprendre, mais...

Nous sommes "sapiens" : nous savons, et nous en sommes conscients, nous savons que nous savons. Tout au long de l'histoire de notre espèce, ses savoirs n'ont pas cessé de se multiplier, de plus en plus vite.

Par exemple, au cours des cent vingt dernières années, notre connaissance de l'univers s'est précisée et élargie. Et ces savoirs nouveaux sont placés sous le regard de tous, au travers des médias, de l"école, des pratiques  quotidiennes, professionnelles, ou de loisir.

.Nos façons d'apprendre : mémoriser, faire, observer, expérimenter, chaque humain les pratique plus ou moins, à sa façon, dans son petit univers personnel. L'ennui, c'est que nous ne savons apprendre qu'en compartimentant, en isolant, en "simplifiant". Et que les "ponts" entre savoirs sont très difficiles à construire, et à traverser. Et puis, il y a tant de savoirs déjà existants que chacun ne peut s'en approprier qu'une toute petite partie.. C'est une première cause  de non-savoirs, et de méconnaissances.

On peut, quand même, être optimiste , et se dire que c'est justement parce que le trésor augmente vite, que chacun n'en peut apercevoir qu'une partie, profiter d'une part encore plus petite .

Cependant, nos sciences physiques, celles qui concernent "le très grand et le très petit", les plus spectaculaires dans leurs démarches et leurs avancées, celles qui sont les plus "dures",  construites à partir d'observations et d'expériences très spectaculaires pour le grand public,; coûteuses en compétences diverses, en matériel, difficiles à "expliquer" à l'école, dans la "vulgarisation" de presse, dans les façons dont presse écrite, radios, télévisions, ordinateurs les montrent et en parlent. Ces sciences-là, donc, nous ont dit, il y a peu de temps, qu'elles ne peuvent étudier qu'environ 4,8% de leur domaine ; que 95,2% de l'univers était fait d'énergie et de matière "noires". Ce "noir" signifie "non observable, quels que soient les moyens employés pour déceler, observer, étudier, agir sur cette énorme part du réel.

Ce que la cosmologie a observé, ce que la Physique s'est efforcée de comprendre, ce sont les "trous noirs", les points de "transition" entre notre tout petit "coin", où matière et énergie paraissent "s'engouffrer" pour  disparaître ....sans que notre univers visible et étudiable en soit diminué. De l'inconnaissable à tout jamais, cela met mal à l'aise...

Et , en plus,; nous n'aimons pas du tout que ce que nous savons soit "explicable complètement" de deux façons qui s'excluent .L'univers est-il "continu",,ou e"discontinu"?Les deux, dit la science :l'un ou l'autre, selon la manière dont nous l'étudions. Ondes et/ou particules...et rien ne vient démentir, ni lm'une,ni m'autre, de ces vuds.

Dans les "sciences  de la vie", nous nous heurtons à d'autres "murs"., et nous échouons à "voir au travers". Parce que "tout est partout, toujours". Ce que je veux dire, c'est, par exemple, que les problèmes scolaires sont, en même temps, psychologiques, politiques, économiques, techniques, personnels et sociaux, etc...Déjà, dans l'Antiquité, on s'en était un peu aperçu: "nil humani a me alienum puto". Les innombrables interactions sans cesse changeantes entre les humains et leur monde, entre personnes et groupes, "brouillent les cartes"... Là, nous "savons", mais pâr petits bouts déjà périmés quand nous nous réjouissons d'y avoir compris un petit quelque chose...et ces petits bouts , nous ne les raccordons qu'en "manteau d'Arlequin" Michel Sertes en a fait un livre ..à la fois réjouissant et désolant. Les contradictions sont partout, et toujours.

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