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Billet de blog 13 février 2014

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le chemin douloureux, du "oui ou non", au "oui et non"

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Un historique en raccourci

1. L'évolution physique de l'Univers est globalement "entropique", va vers des états plus probables, plus simples, plus homogènes, plus stables. En même temps, et dès la naissance du temps, un processus inverse s'est enclenché , de manière partielle, locale, mais sans arrêt. La naissance du temps s'accompagne de celle de l'espace ("expansion"). Et l'espace-temps "'engendre" à son tour les diverses gammes d'ondes, différenciations de l'énergie globale initiale ; et/puis les formes "matérielles" de l'énergie, avec le champ gravitationnel .Avec l'expansion, et donc l'entropie, apparaîtront les "phases" des "corps chimiques" (gazeuse, liquide, solide, avec les différences locales d'énergie thermique présente. Les "lois physiques" sont en place, et ne varieront plus.

2. Vient ensuite la naissance de la "chimie physique", qui superpose aux lois physiques fondamentales ses propres lois de diversification-complexification . Des "éléments" de plus en plus "lourds" apparaissent ici et là, dans un "bain" général d'hydrogène  .Ces nouveautés continuent d'obéir aux lois physiques, mais génèrent des formes de plus en plus complexes d'ensembles d'éléments.

3. La chimie poursuit ce processus, en "inventant" des relations nouvelles entre éléments, des interactions ,les unes "simplificatrices", entropiques ;les autres, au contraire, multipliant les "nouveautés" et les complexités de géométrie des particules et ondes , de leurs interactions.

4. La chimie biologique, phénomène encore plus rare que la chimie, produit, à partir du carbone tétravalent, donc susceptible de servir de "liant" , des architectures chimiques très complexes . Le seul champ certain de cette évolution biochimique  est notre Terre , même si nous conjecturons que des situations favorisantes ont pu, probablement, apparaître autre part, autour du carbone, ou d'un autre élément "architectural". Les structures biochimiques unissent un nombre élevé de corps chimiques complexes.

5.La vie, telle que nous la connaissons, apparaît d'abord sous des formes relativement simples, avec une propriété nouvelle :la matière vivante obéit aux lois physiques et chimiques, mais leur superpose les siennes propres : perdurer, et pour cela "emptrunter" de l'énergie à l"'environnement", non vivant et vivant ; se reproduire et se modifier ("muter"). Le processus vital , au cours de son histoire, a produit des formes de vie de plus en plus diverses, de plus en plus complexes, des "espèces", étudiées par la zoologie.

6. L'évolution biologique, bien plus rapide que l'évolution physique, puis chimique, et s'appuyant sur elles tout en leur obéissant, a , par sa puissance de mutation , toujours produit, jusqu'aujourd'hui, des espèces capables de perdurer, malgré les changements de l'environnement terrestre. Mais son expansion est devenuie capable , à partir de ses "emprunts d'énergie", de transformer son environnement . Le premier exemple de dimensions "mondiales" que nous connaissions fut l'enrichissement de l'atmosphère en oxygène par l'activité de formes de vie diverses, disparues ou encore ,présentes (l'exemple de la sylve tropicale est souvent donné)7. La vie s'entretient et se reproduit elle-mêlme, mais ne peut puiser que certaines formes d'énergie dans son milieu.Elle a donc été, d'emblée, confrontée au "choix" de ce qui lui est nécessaire. Ignorer ou prendre ; ignorer ou éjecter : telles sont les formes les plus élémentaires d'activité du vivant.

7. L'apparition de la motilité a ajouté de nouveaux "ou, ou", comme, par exemple, rechercher ou fuir . La reproduction , non plus par scissiparité ou bourgeonnement, mais par accouplements sexuels, a engendré d'autres "ou, ou". et on voit apparaître les "instincts", ou les "comportements inconditionnels". Ces choix se doivent d'être "infaillibles", sous peine de disparition, de l'espèce .Or, les conditions de plus en plus exigeantes de vie d'espèces de plus en plus prolifiques et complexes mettent en cause cette infaillibilité, ne serait-ce qu'au travers des interactions entre espèces qui cohabitent dans le même espace. On a alors une multitude très variée de coopérations/affrontements zntre espèces., qu'évoquent deux livres passionnants de Jean-Marie Pelt.

8. Notre espèce introduit une donnée nouvelle dans le jeu déjà si complexe du vivant. Fabrications, socialité, conscience et mémoire consciente, langage , produisent de nouvelles formes de "ou, ou" exclusifs . Bon/mauvais, Vrai/faux, Est/n'est pas, sont  des dérivés de "l'infaillibilité,"nstinctuelle, convertis en manichéisme. L'histoire a permis d'ajouter, par exemple :  Des nôtres/étranger, Mâle/femelle, et tant d'autres...

9.Vient un moment où l'on s'aperçoit que le "ou, ou" du genre "oui, non" ne fonctionne plus .Alors, des humains inventent le "et, et ", insécurisant (on n'a plus l'appui de la certitude), fatigant (il va bien falloir étudier comment fonctionnent les "et, et", qui contredisent nos certitudes) . Les physiciens y ont été confrontés il y a peu de temps : matière , énergie , une seule réalité sous deux aspects contraires.Mais l'humain ordinaire souffrre d'être privé de "oui/non", "vrai/faux", "bon/mauvais" ...

10. Un problème central aujourd'hui : comprendre que les "oui/non", si commodes, et si souvent utiles, ne suffisent pas. Par exemple, notre logique "binaire" ne suffit plus. Nous avons besoin d'une logique "dialectique", .Nos "simplifications", si agréable et pratiques, ne suffusent plus. Il nous faut étudier et comprendre la complexité. Nos "invariances", "permanences", si rassurantes, doivent faire une place aux éiudes "historiques", "évolutives".

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