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Billet de blog 13 novembre 2014

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sur le fonctionnement idéologique

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Idéologie :mot lancé très souvent, ici et ailleurs, presque toujours avec connotation  négative, méprisante

Le Robert dit :

-fin XVIIIè siécle...système philosophique..étude des idées, de leurs lois, de leurs origines

-péj.:...philosophie vague et nébuleuse

-vocab marxiste :ensemble des idées, des croyances et des doctrines propres à une époque, à une société, à une classe

-système d'idées,  philosophie du monde et de la vie

Des auteurs connus :

-Karl Mannheim : "l'idéologie, c'est la pensée politique des autres"

Raytmond Aron :"l'idéologie, c'est l'idée de mon adversaire."

R.Gabel (Encyclopedia Universalis) :"définition difficile" (il cite16 auteurs) ; domaine guetté par le dogmatisme et la sacralisation.". Ailleurs, R.Gabel appelle l'idéologie "la fausse conscience"

Sur l'idéologie, ma bibliographie de thèse (1979) comprenait 36 auteurs (sur 162 auteurs utilisés).Mon sujet était "L"'enseignement du judo aujourd'hui :une analyse sociologique"

On limite souvent l'idéologie au domaine politique. Mon directeur de thèse, Pierre Ansart, a publié, en 1974, aux PUF, "les idéologies politiques", titre qui montre qu'il n''enfermait pas le terme dans ce monde de la politique

C'est à cette époque que j'ai démarré un long travail, poursuivi jusqu'aujourd'hui, et qui m'a fait questionnner ma vie professionnelle, ma vie de citoyen, ma vie d'homme. Ma démarche s'intéresse plus à une dynamique constatable qu'à des "arrêts sur image" ; je ne me limite pas au domaine politique.

Je pense qu'un "fonctionnement idéologique"  est présent partout ,au sein de toutes nos acvtivités concrètes ou de pensée. Dès que l'on pense, on utilise des "idées", qui prennent des formes symboliques de langage, de codes, d'emblèmes et "représentations" (on dit aussi "images").

De tout, "on se fait une idée", qui image, interprète, rend signifiants nos activités, nos sensations, nos affects .L'idée interprète les évènements, rend présents les mobiles d'action, reflète les convictions ou croyances, autant et parfois plus que les savoirs. Nous "reconnaissons" même le nouveau :

De plus, tout le "machinal" ,le "spontané" est sous-tendu chez nous, par notre "image du monde et de soi". L'idée peut précéder la pratique, donner une explication toute prête à la surprise, à la découverte. Et la composante affective de tous nos savoir-faire et savoirs est irrémédiablement bipolaire : agréable-désagréable, bon-mauvais, juste-injuste, vrai-faux. Je vois là un produit dérivé de l'activité vivante elle-même, qui est d'abord, et fondamentalement, de choix-rejet. L'apparition de la pensée s'est faite , dans l'espèce , et s'opère, chez le jeune humain, sur ce fond de bipolarité.

La grande nouveauté, chez l'humain, c'est la présence simultanée de la socialité, de la capacité "fabricatrice", de  la pensée et du langage. Nous sommes ouverts au doute, au questionnement, à l'activité "critique" (utilisation de "critères" ,et non plus soumission à des "pulsions" seulement pour agir et dire, et évaluer).Nous sommes capables de "discuter" (oppositions d'idées), de "projeter" (d'organiser demain en vue d'un but), d'"évaluer" ( utiliser consciemment des bipolarités pensées, et non plus seulement ressenties,subies). Notre activité de pensée est, pour une)part, "rationnelle". Même nos positions idéologiques, nous savons les "rationaliser"

Mais , si nous agissons , pensons et ressentons  toujours "en même temps", nous avons des moments de "non-urgencve", de "recul réflexif", de "pas de côté par rapport au concret". C''est dans ces moments quer nous pouvons nous livrer aux acvtivités proprement humaines de "mise en forme".Fabriquer, c'est obtenir des formes matérielles auparavant "imaginées" et "décidées". Réfléchir, c'est mettre en présence des souvenirs et des "outils de formalisation de pensée" (langage, logique, philosophie, etc...). Et nos compétences de langage, de création de systèmes symboliques très divers (matrhématiques, par exemple), font que la réflexion peut être menée en groupe , par le moyen des débats, élaborations de projets, mise en place et effectuation d'évaluations. Dans toutes ces activités, une part idéologique est présente, comme dans chacune de nos prtatiques.. Cette part, nous essayons ou non de l'identifier, d'estimer ses incidences sur idées et pratiques .Ce travail critique est plus difficile lorsqu'on est "en accord", et que la mise en oeuvre des projets l'emporte sur l'examen critique des projets eux mêmes ; lorsque leur évaluation se fait seulement sutr leur conformité avec nos convictions préalables.

Edgar Morin, a publié "les sept savoirs nécessaires à l'éducation du futur" (Seuil, 2000), ouvrage revu par un collectif international, à la demande de l'UNESCO . Dans cet ouvrage, il pointe d'emblée " les cécités de la connaissance : l'erreur et l'illusion", pour lister les actions éducatives qu'il pense nécessaires pour en minorer l'impact.

Je crois que, sans employer le mot, il parle là d'idéologie .Il ne définit pas ces "cécités".J'aurais tendance à situer "l'erreur" du côté des pratiques :l'appel "machinal" à des savoir-faire et savoirs  non pertinents à la situation et au projet .Et à parler d'"illusion", lorsque , dans une situation donnée,des perceptions sont sélectionnées et considérées comme signifiantes en vertu d'une idée a priori "classant" la situation comme déjà connue.

Ces lignes ne sont qu'ébauiche, en guise d'ouverture à un débat...

 Amis clubistes, merci d'avance de votre contribution.

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