lorsqu'on parle d'êtres humains, de choses humaines

...trop souvent, on ne choisit pas ses mots, on les prend "comme ils viennent". Et ces mots "spontanés" véhiculent des particularités personnelles, des convictions préalables, des préjugés, ou sont imprécis. Dommage pour la clarté, la compréhension, le calme. ..

Chaque mot, chaque phrase "portent des charges" de savoir, d'histoire personnelle, d'état d'esprit du moment,  d'intentions de celui qui parle ou écrit, qui entend ou lit.

Il est trop important de comprendre et être compris ,d'être clair et le plus précis possible, dans ce que 'on dit et écrit , pour négliger de s'instruire, de réfléchir, d'expliquer.

Je vais essayer de dire quelques-unes des questions de langage qui me préoccupent, dans mes relations avec mes congénères., de divers "points de vue".

On parle biologiquement de soi-même et des autres :nous sommes des êtres vivants...et nous le savons...

. Le danger principal, c'est de se laisser aller à des analogies, d'oublier que nous sommes des vivants très particuliers, . Bien sûr, nous puisons et rejetons dans notre environnement, nous naissons et mourons, nos nous reproduisons...mais avec nos façons à nous.

Zoologiquement , nous sommes des animaux mammifères, primates. Nous sommes composés de cellules, architecturées en tissus et organes....mais nos structures corporelles (grosse tête et gros cerveau, bipédie et mains) nous différencient..Notre dentition et notre appareil, digestif nous caractérisent comme omnivores . cela aussi, nous le savons...même si d'autres de nos caractéristiques nous poussent à l'oublier...ou même le nier

Il nous arrive de dire ou croire que nos "cousins" partagent tous nos caractères, de les penser munis d'un langage ,par exemple. 

Anthropologiquement , nous sommes des homo sapiens , capables d'activités conscientes, créant et utilisant du langage, fabriquant, inventant, créant, des outils, des objets, élaborant des savoirs, des croyances, des opinions , porteurs de "goûts", et créateurs d'arts, de techniques, de philosophies

Parfois, observant des "ébauches" de nos caractères chez des animaux, nous nous laissons aller à leur attribuer des pensées, des sentiments.. A les croire capables d'art, d'interrogations, de projets

Ou, à l'inverse, constatant dans notre espèce des héritages de nos appartenances biologiques et/ou zoologiques , nous assimilons instinct, conditionnements, attachement à des sentiments ,de l'affectivité .

A  propos de nous-mêmes, de vie à la fois "individuelle" et"sociale", il nous arrive de dissocier ces deux caractères..Et, aussi , de dire telle ou telle personne"dépourvue " d'un ou plusieurs caractères humains. . De la rhétorique à la conviction erronée, il n'y  pas loin..

Tous les caractères anthropologiques sont présents chez chaque humain, et les expressions "c'est un..." "elle n'est qu'une" sont a proscrire.

Evolutivement , un défaut fréquent est l'oubli ou la négation  de la pensée dérangeante que tout, change, en permanence...tout en restant "le mùême", de l'apparition première à la disparition.. Une contradiction de plus  à assumer.. Et un oubli fréquent de l'importance de "l'historique" pour chauq sujet d'observation, d'explication, de compréhension.

Intellectuellement , nous disposons de pensée et de langage, de pouvoirs de théorisation, d'abstraction, de recherche . Nous, c'est chacun e nous.

Tous les caractères humains sont présents chez chaque personne, même si chacune n'est identique à nulle autre.

Encore des réalités laissées de côté, ou proclamées inexistantes.

Nos outils intellectuels : pensée consciente, langage, démarches d'observation, de recherche, d'exploration, de mises en relation, d'explication, de théorisation, , d'analyse critique, sont trop souvent mal connus comme tels, mal utilisés, mal maîtrisés..

Et les façons dont nous les formulons, dont nous décrivons leurs interrelations si riches et variées, sont très dommageables.

Je propose ces quelques lignes comme  "excitant"...nous verrons ce qu'ensemble nous pourrons en tirer...

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