Dans"N'espérez pas vous débarrasser des livres" (Grasset, 2009), JC Carrière et Umberto Eco proposent de distingue "mémoire", "savoir", et "connaissance". Ils d'accordent à dire que "mémoire" serait le côté "enregistrement" : la mémoire "inscrit", "conserve". Tout de suite, me voilà obligé de mettre au pluriel "les mémoires", même pour un humain au singulier. Chacun de nous a deux "mémoires" génétiques, héritées de notre père et de notre mère (noyaux cellulaires), et de notre mère seule (mitochondries).
Et puis, notre corps a "enregistré" ce qui nous est arrivé : malformations ou particularités foetales, incidents et accidents de notre vie quotidienne (maladies, traumatismes variés (une cicatrice est une "mémoire"). Mémoires corporelles...mélangées dans notre pensée avec d'autres mémoires, psychiques celles-là (souvenirs, plus ou moins conscients. plus ou moins durables :l'oubli existe)
"Savoir" correspondrait aussi à de la mémoire, mais pas "brute , "triée", "classifiée".Les savoirs sont toujours "au bord de la conscience", prêts à se voir "appelés". Un coq, c'est un oiseau ...ou un cuisinier...ou un emblème national. Et un coquelet, ce n'est pas un coqueret.
"Ce que je me rappelle de notre premier week-end ensemble, c'est une odeur...celle des champignons dans la poële..." Les savoirs ne sont pas mémoire que de faits, de choses. Les "sentiments", les "goûts" y tiennent une place variable.
"connaissance", pour nos auteurs, serait mémoires et savoirs , mais accompagnés d'idées sur leurs utilisations possibles en vue d'agir ,de penser.
Nouvlle "classification, en quelque sorte, ajoutée aux autres.
Commentaire : nous avons là une façon d'analyser "ce que nous savons", qui peut être utile dans une réflexion, pour un échange d'idées. Par exemple, s'il s'agit de comparer "sapiens" à d'autres espèces vivantes, on peut y caractériser des points communs et des différences clairement dits.Mais cette manière de poser le problème des savoirs, est-ce la seule? Non! voici deux ou trois autres possibilités, parmi beaucop (à découvrir et "classifier" en savoirs, utiliser en connaissances)
Nos actions sur notre environnement sont rendues efficaces par des "savoirs".Certains sont programmés génétiquement : respirer,par exemple. (mais ce savoir est déclenché par un évènement : la "naissance"du foetus , pasage d'un environnement liquide à un environnement gazeux, avec "savoir-faire" programmé génétiquement...mais qu'il faut parfois "aider" par des chocs tête en bas expulsant des mucosités.
D'autres "savoirs d'action" sont acquis durant notre biographie, de diverses façons : essais et erreurs, imitation , et, lorsque des savoirs de langage sont acquis, obéissance ou désobéissance ; et, aussi, actes opportunistes (Mozart, enfant encore, se voit proposer une partition de piano avec un accord de onze notes ; il l'a jouée, la onzième note avec le nez). utilisation d'objets fabriqués..On parle alors de "savoir-faire", qui comportent toujours une part de "savoir" mémorielle.. Les "fabrications" exigent des "connaissances"
Nos comportements individuels-sociétaux sont un autre "point de vue" sur les savoirs. Par exemple, ce que font, en situation de proximité, un adulte et un enfant, dépend de "savoirs", et de l'un, et de l'autre. Un bébé apprebd très vite que ses pleurs, gazouillis, sourires, sont des instruments possibles de "pouvoir "sur les adultes.Et il sait même différencier entre eux les adultes, plus ou moins "perméables". On a des savoirs de domiants et de dominés, des savoirs de coopération et d'antagonisme.
Nos "déclencheurs d'action" fonctionnent partiellement en utilisant des savoirs. On peut "désarmer" une réaction inconditionnelle à partir de savoir-faire.On peut se conditionner, ou se déconditionner .On peut se doter de capacités d'analyse qui "arment" des décisions (connaissances).
Conclusion provisoire
L'espèce humaine cumule des structures et fonctionnements de toutes les autres espèces vivantes. On n'en peut rien comprendre à partir d'un seul outil d'analyse (encore moins à partir d'une seule variant de l'outil). Et, comme , tant individus que groupes, nous changeons sans esse, tous nos "outils"d'action et de pensée doivent être "revus" assez souvent (un échec, une crise commandent des révisions souvent déchirantes). Avoir mémorisé, savoir, connaître "ce que nous sommes" , le plus,,le mieux possible, c'est nécessaire.
Et sans croire qu'on saura, pourra à coup sûr...