pas d'arrêt, pas de sortie...

Tout l'univers est présent en tout lieu, en tout instant, toujours lui-même et toujours changeant.

Où et quand, et comment, pourrait-on être "isolé" des réseaux de causes et d'effets, de situations et de conséquences?

Nos sensations et perceptions, nos savoirs, nos pouvoirs, varient sans cesse. Et tout l'univers évolue ...

Je ne sais si Démocrite avait pensé  que le fleuve n'était pas  seul à avoir changé, d'un bain à l'autre...et que le baigneur , lui non plus, n'était plus tout à fait le même.. Mais je pense  que chacun de nous oublie très souvent que le temps est la dimension du changement, de la survenue sans arrêt de "nouveau", d'"inédit", d'"imprédictible".

L'évolution est une loi, avec des figures, des rythmes, des étendues toujours variables.

Que l'univers entier soit présent sur une pointe d'épingle, voilà qui est plus difficile à penser. Nos idées de "dimensions" (sous-entendu "d'espace"), d'"échelles" sont si pratiques,,si utiles...mais ce qui est, ce qui "se déroule" ici est pris dans le jeu innombrable des causes et des effets. Et des phénomènes massifs nous ont forcés à reconnaître que la proportionnalité cause-effet, si fiable dans nos pratiques "artisanales" sur nous-même et notre environnement immédiat, ne jouait plus  à l'échelle de notre planète...tout petit coin de notre galaxie, elle-même si petite dans l'univers...

Ce qui survient n'importe où est influencé par ce qui se passe n'importe où ailleurs...plus ou moins, immédiatement ou avec retard variable. L'extinction de l'effet d'une force, en un lieu et dans une situation donnée , est o la fois effet et  cause de survenue de changements  là même ou ailleurs.

Tout est différent , et nouveau, à chaque endroit, à chaque instant. Ainsi, toute "prédiction" est impossible. Et pourtant, nous"prévoyons" partout, chaque jour, avec une sûreté variable...mais "suffisante", "acceptable" à notre échelle et pour nos desseins. Des surprises, des fiascos, des catastrophes viennent chaque jour nous rappeler l'écart entre "très haute probabilité" et "certitude".. Nos "prévisions" , lorsqu'elles s'appuient sur nos savoirs, sont "fiables"...à haute probabilité...pas davantage. Le "certain", le "vrai", l'"absolu" sont illusoires.

Rien n'est "vrai", rien ,n'est "absolu", rien n'est "éternel"...que "relativement". Et la vigilance est toujours nécessaire.

Mais nous pouvons "faire", "savoir" ,prévoir"de façon "utile".

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