circonstancier

beaucoup d'erreurs et de fautes pourraient être évitées, si dès le plus jeune âge nous apprenions, peu à peu, par réflexion attentive sur nos pratiques, que tout change,toujours, partout, sans cesse. Et que nos idées et nos mots, qui paraissent "durer", changent ...que les choses et les façons de les fréquenter changent...que les humains changent aussi.

Ce que nous connaissons et fréquentons le plus, ce que nous utilisons le plus souvent et  le mieux est traître...justement à cause de cette familiarité rassurante.

La mère de mon épouse m'a beaucoup appris, le jour où sa fourche-bêche, qu'elle laissait plantée dans le sol de son jardin, s'est cassée sous sa main..et où je lui ai dit :"Bien sûr, en la laissant là...", et où, indignée, elle s'est exclamé :"Avant, l'était pas rouillée!"

Cela coûte beaucoup de  courage, et d'attention, d'eapprendre que, l'objet familier sous notre regard n'est plus tout à fait le même d'un instant au suivant, comme nos proches, et tout dans l'univers. Encore plus difficile, l'ayant appris et compris, d'en tenir compte pour agir. Et encore plus difficile que d'admettre qu'il n'y a pas deux  choses, mouvements,couleurs, êtres, "identiques". Les physiciens, qui nous disent, l'ayant testé per l'observation et l'expérience, qu'il n'y a pas deux atomes, pas même deux quarks, "sans aucune différence".

Et , encore, qu'une différence très minime, inaperçue, peut avoir des effets considérables. (vour "chaos" et "effet papillon").

L'une des conséquence de ces changements et différences "laissés de côté" est  notre insuffisance chronique de "circonstanciation"...et de "croisement de circonstanciations". Ce que je veux dire par là:

- le "où, quand, comment" ce que j'examine présente les caractères que j'y aperçois

-le "où, quand, comment",moi, je regarde ce que j'aperçois.

Les deux relevés de circonstances sont indispensables pour pouvoir identifier le moins mal possible les changements et leurs effets.Et modifier actese t pensées en conséquence.. Mieux prévoir...sans jamais pouvoir prédire.

Toutes les "probabilités" évoluent et interfèrent entre elles. Le ridicule incident de la pelle-bêche, et des catastrophes mondiales, relèvent du même genre d'analyse..Nous avons tous vécu des situations  du même genre. Un mot qui, "d'habitude", "passe" sans problème, déclenche un drame la fois où l'un des individus présents est "sous tension" au bord de la rupture, sans que personne s'en soit vraiment aperçu . Les "maladresses" qui n'en sont pas, qui résultent  d'un changement de circonstances  (direction t intensité de l'éclairement, par exemple, ou degré d'humidité, ou température).

Multiplier les "points de vue", être souvent attentif au "ici et maintenant"...et à "aujourd'hui n'est pas hier", et tant d'autres façons de prendre garde...surtout à notre époque où tant d'humains vivent et entre-agissent d'innombrables façons, où tout change si fort et si vite...

 

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