celui qui apprend, c'est toujours lui qui apprend...

Programmes, évaluations, modes d'action pédagogique, occupent le devant de la "scène de l'éducation" dans nore société du spectacle. Et les vraies vedettes restent un peu dans les coulisses...sauf quand elles foutent le feu à la salle.

Je vais sans doute choquer des "sentiments" répandus (on entend si souvent "c'st comme ça que je le sens") ,en proposant une autre description des apprentissages de toute sorte  (corporels, mentaux).

1.Aucun savoir -faire, aucun savoir, aucun savoir-^être ne peut se construire autrement qu"au moyen de savoir-faire préexistants

Le "préexistants" peuvent être "condition nécessaire" : condition fonctionnelle (un muet ne peut apprendre à parler...mais pourra acquérir le langage) ;condition opérationnelle (il faut savoir se tenir debout pour apprendre à sauter). Cela est généralement admis...

Mais une grande part des préexistants consiste en "outils" préalablement maîtrisés, à des degrés divers. Et c'est cd degré de maîtrise des outils qui déterminera le volume et la qualité des savoirs construits au moyen de ces outils.

En ce qui concerne les savoir -faire il y a longtemps  que la sagesse populaire dit que "c'est en forgeant qu'on devient forgreron". La question est alors : forger quoi, et comment, "en premier"? J'ai connu un centre nautique où, pour apprendre à naviguer, on passait d'abord une semaine à apprendre le vocabulaire technique...et pas question de toucher aux bateaux avant de savoir tout le lexique...On forgeait du vocabulaire...et on rendait les élèves capables de ...parler de navigation , pas de naviguer. Echecs, démotivations...éliminaient les "pas doués".

Apprendre , ce sont d'abord des pratiques., qui doivent être "pertinentes" : on apprend à,naviguer en navigant.

2.Les savoir-faire pris comme "outils d'apprentissage"

Il faut s'en servir, pour effectuer des tâches  dont la réussite est possible avec le niveau de maîtrise des outils employés. J'ai connu un vieil ajusteur-mécanicien, capable de réussir une cote de jauge  "au centième" (au dixième de mm à la lime, au centième au marteau...). On parle de "travaux d'orfèvre" pour ces réalisations surprenantes. Les savoir-faire manuels d'un prestidigitateur , d'un sculpteur, d'un pianiste, peuvent atteindre des niveaux de vitesse et de précision qui risquent de décourager...ou de faire s'illusionner, un débutant (là, c'est "la confiance en soi"qui frait qu'il essai;, ou pas ; j'en dirai quelque chose à,propos des motivations)

Se rappeler que les savoir-faire existants, lorsqu'ils sont utilisés avec une certaine fréquence, "se perfectionnent", même si l'objectif était ailleurs. Beaucoup lire "apprend à lire" (ce n'est pas la seule façon)

3.Les savoir-faire comme sujets d'interrogations

C'est une part souvent négligée des processus d'apprentissage. Comment je m'y prends? Pourquoi ça marche (ou pas)? Est-ce que je peux inventer d'autres façons de faire? Le voisin s'y prend autrement que moi, et on arrive aux mêmes résultats: comment cela se fait-il?

Souvent négligées, ou oubliées, ces questions...

4.Les savoir-faire comme objet d'analyse critique

Les questionnements divers peuvent s'organiser, devenir objets de connaissance idéelle . On peut se proposer  d'obtenir un savoir "théorique" sur ses outils. Seul ,ou en groupe, avec ou sans aide de conférenciers, de livres, d'informations puisées ailleurs que dans ses pratiques.

Tester ses hypothèses par essais et erreurs, par essais "systématiques" (si je change ce petit truc-là, ça fait quoi?), ou par exploration systématique du type "recherche" (dispositif contrôlé, informations "ciblées" à recueillir "sur  le terrain", conjectures falsifiables)

On est là dans une activité de type scientifique, ou technologique.

Dans un second temps, j'essaierai de parler de ce qu'on appelle "motivations" Comment l'énergie nécessaire aux apprentissages peut-elle être mobilisés avec plus de force, d'endurance, d'exigence...?

 

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