Henri Wallon distinguait, dans les comportements humains, trois "domaines fonctionnels" : perceptivo-moteur, affectif, cognitif., indissociables, séparés seulemnt "théoriquement" pour les étudier plus commodément..
Mon idée de "fonctionnement idéologique" devait, ai-je pensé, "croiser" le schéma wallonien. mais "domaine" me gênait :il évoque une géographie, des structures, une sorte de "réification". Ce qui me passionnait, c'était-c'est toujours- l'aspect dynamique des choses, les façons dont elles évoluent, se transforment, modifient leurs interrelations. J'ai , pour aller dans ce sens, imaginé une triade dynamique, composée de trois aspects indissociables des comportements humains, à laquelle j'ai donné le nom de "praxis/pathos/gnosis". Et je dis que tout comportement humain comporte des configurations changeantes et des liens sans cesse modifiés de ces trois "aspects dynamiques".
Dans ce cadre, le fonctionnement idéologique est l'un de ceux que l'on peut observer, du point de vue des configurations mouvantes de ces trois aspects. par ailleurs, je pense que cette dynamique propre de la personne est en rapports "écologiques"avec son milieu de vie, lequel, lui aussi, est en perpétuel changement. Donc, les interactions "internes" de la personne sont impulsées, modifiées, utilisées par son milieu, que l'individu, en même temps, subit, modifie et urilise.
Comment les a priori du fonctionnement idéologique (à racines biologiques, mais configurations humaines) se manifestent-ils dans les conduits de chaqsue jour?
1/on ne vit, on ne fait rien sans "en avoir une idée" , quand on est un humain. Et cette idée se traduit en mots dans la pensée et le langage. Après la première enfance , tout ce qui nous survient, tout ce que nous faisons, est aussitôt "catalogué".par nous Et cette "reconnaaissance" s'opère par choix exclusif.. Lorsque cette opération paraît impossible, un malaise s'installe, un sentiment d'insécurité, d'irréalité, d'"injustice".
Mais cette "reconnaissance" peut se révéler trompeuse, illusoire. Alors, bien des réactions sont possibles. On peut, pour rester dans son monde connu, nier des parties de la réalité où l'on est plongé. On peut "ranger" la situation dans un "tiroir" qui nous arrange. On peut rester "figé", ou, au contraire, se ruer dans une action inadéquate.
2/toute affirmation s'accompagne d'une négation : dire "ceci est une pipe" signifie, en même temps "ce n'est pas autre chose" (allusion, pour les amateurs, à Magritte ...et à Douglas Hofstadter).Nous sommes dans la logique "choix-rejet", où chaque terme est exclusif de l'autre.
Or, nulle situation, nul objet, nulle personne, nulle idée n'est "rien que" ce qu'on a choisi qu'il soit (ou ne soit pas)
3/ savoir, connaître, croire, comprendre : l'idéologie des savoirs amalgame souvent "je vois (entends,touche...)," j'ai appris", "je crois" (je suis sûr, sans vérification, sans mise en doute). L'idéologie de la connaissance consiste en "reconnaissance immédiate", souvent sur un critère unique...et peut-être trompeur. L'idéologie de la croyance est un classement préalable, qui s'impose à toute réalité vécue ou rencontrée. L'idéologie de la compréhension réunit la "préconnaissance" et la "logique d'ensemble de tous les éléments présents" . Bien entendu, des variations, des fortmes hybrides sont fréquentes.. la "compréhension" consiste, dans mon vocabulaire, en un accord entre une "inage de soi", et une "image du monde", qu'on refuse de voir se décaler l'une par rapport à l'autre.
Je dois demander de l'indulgence pour le côté "abstrus" de ce billet. Voyez comment il se relie aux deux précédents.
Merci de votre patience.