Dans le train hoquetant, surchauffé, s'entassent par paquets les visages
Car les corp^s s'amalgament dans la gangue commune
Les visages dissemblables où s'inscrivent les m^mes lignes:
l'ornière de l'angoisse du lendemain
qui partage irrémédiablement le front en deux.
Le sillon de la haine, de la rage
planté droit entre les sourcils,
les plis de la révolte.
élargissant la bouche qui malgré tout ne veut pas s'ouvrir,
et ceux qu le chagrin a tracés au long des joues,
et où semblent toujours ruisseler les larmes,
et ceux qui rapetissent les yeux
quand la peur des coups lutte avec l'envie d'en donner,
et d'autres encore, que je sais tous par coeur...
Et je ne veux pas regarder les mains
qui passent parfois sur ces visages,
car je sais que j'y apercevrais pis encore,
et je n'ose chercher mon visage dans la vitre
de peur d'y voir inscrites les marques de l'esclavage