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Billet de blog 8 janvier 2026

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Abolish ICE

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Le journal The Intercept publie donc une vidéo contredisant la version officielle selon laquelle les agents de ICE auraient, à Minneapolis, agi en état de légitime défense. Et l'on connaît aussi désormais le nom et la profession de la victime des nervis fascistes de Trump : Renee Nicole Good, une poétesse américaine, lesbienne, mère de trois enfants, assassinée de sang-froid sous les yeux de sa compagne.

Mais, comme le fait remarquer The Intercept — à qui il faut rendre hommage d'enquêter, depuis des années, sur les exactions de ICE — Renee Nicole Good n'est pas la première victime des actes criminels d'une milice anti-immigration qui, par ailleurs, pratique de véritables chasses à l'homme à l'encontre des migrants et, il faut bien appeler les choses par leur nom, des rafles et des déportations, d'ordre massif, sur l'ensemble du territoire américain.

Bien plus, il faut rappeler que l'agence ICE (Immigration and Customs Enforcement) est fondée en 2003 sous l'administration Bush, dans le cadre de l'Homeland Security Act, une loi sur la sécurité intérieure votée dans le sillage du 11 septembre 2001.

Et que l'agence sera également renforcée par l'administration Obama, dotant en 2005 ICE du pouvoir d’expulser des immigrés réputés "criminels", qu’ils soient en situation irrégulière ou résidents permanents. Obama sera ainsi désigné, notamment par les communautés latinos, comme le "deporter in chief".

Cela n'exonère en rien l'administration Trump, dont il est désormais évident qu'elle a franchi un seuil dans l'atteinte non seulement au droit international, mais également à l'état de droit. Nous ne devons toutefois jamais oublier que si Trump dispose d'instruments étatiques et légaux propres à assouvir des pulsions fascistes, aussi bien sécuritaires qu'il faut le dire, meurtrières, c'est qu'il en a en quelque sorte hérité. L'effet de franchissement de seuil, l'idée même de seuil ne doit pas nous faire oublier que le fascisme ne naît pas de rien, ex nihilo.

Nous ne devrions pas l'oublier, non plus, pour notre compte, en 2027, quand exposés à une menace politique qui est désormais d'ordre mondial, nous aurons également à nous souvenir de qui, en France, a, ou non, rendu possible, par exemple, la loi dite de "sécurité publique" de 2017, qui a modifié la doctrine d'emploi de leurs armes par les policiers, notamment en cas de refus d'obtempérer (et dont Nahel ne fut pas non plus la première victime, ni hélas sans doute la dernière). Ni qui, en 2021, a communié, devant l'Assemblée Nationale avec des syndicats de police fascisants, derrière le mot d'ordre : "le problème de la police, c'est la justice".

#AbolishICE

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