La macronie, ni ni.

Emmanuel Macron... C'est étonnant de voir comment un type si jeune —pour un président— se trouve enfermé dans des raisonnements si... obsolètes ?

Notre planète est en train de brûler. L'augmentation des températures est déjà certaine pour deux degrés. À trois il parait que c'est encore jouable, mais  quatre degrés et c'est la catastrophe.

Mais non, ce qui le préoccupe, c'est le budget, l'endettement ! Il nous ressort les mêmes recettes moisies que Margaret Tatcher ou Ronald Reagan... Il était déjà né à l'époque, ou bien ça fait partie de l'Histoire pour lui ? Alors j'essaie de comprendre. On dit que c'est le président des riches. Soit. Donc, le but, c'est d'en donner le moins possible à tout le monde pour qu'un tout petit nombre en ait encore plus ? Plus qu'il ne peuvent dépenser ? Une orgie de pognon ?  Il y a un petit côté La grande bouffe, non ? Des gens qui se goinfrent en se suicidant... Ça aurait un certain panache, si c'était assumé. Tout cela me rappelle une BD de Guido Buzzelli, La révolte des ratés, paru en 1970. Il était pas né, le Macron !

C'est étonnant si on veut être gentil, extrêmement flippant si on veut à tout prix être réaliste. Trump, Macron, des enfants mal dégrossis avec de lourdes responsabilités.

Et Blanquer, ah ! Blanquer ! Le mini de l'éducation nationale, qui rongeait son frein de puis tant d'années, sans un seul pauvre os  à ronger que les maigres recettes de ses livres (deux publiés avant qu'il ne soit nommé, au moins deux ensuite). Le type qui n'a même pas remarqué qu'un des gros problèmes des élèves, c'était le temps monstrueux qu'ils passaient  devant un écran. Innovation pédagogique majeure : tous les élèves auront droit à un Ipad pour suivre les cours ! Non, on ne peut pas être aussi stupide : il y a bien, derrière ce subterfuge, comme il y a à l'œuvre pour les urgences, pour l'hôpital public, pour l'université, bientôt pour les pompiers sans doute, une volonté claire d'abandonner le service public dans une version minimale aux pauvres (qu'on fabrique à la pelle par ailleurs) pour laisser aux riches le moyen de dépenser leur pognon dans des cliniques-de-blancs-français-où-ne-fait-pas-la-queue.

Et l'autre petit, là, qui flatte la police, qui la caresse dans le sens du poil, qui l'encourage à se laisser aller à ses penchants les plus sordides... Il a un problème avec son papa ? Il a manqué d'autorité quand il était petit, le pauvre ?

À côté de ça, on a une jeunesse plaine d'énergie, consciente des vrais problèmes. Des Greta Thunberg, partout !

Moi, je "ne suis plus que" prof. Je vais avoir 60 ans et je sais que pour le temps qu'il me reste à vivre ça ira. Auparavant j'étais Architecte et prof. C'était bien, je faisais profiter mes élèves d'Arts Appliqués de mon expérience. Architecte, c'est devenu pas bon : on est des empêcheurs de bétonner en rond. J'ai fait un très gros burn-out et j'ai laissé tomber cette belle profession. Maintenant je suis prof, juste prof. 59 ans. J'ai eu le concours du capes (cette année-là, nous étions deux reçus...) 2300 euro par mois, c'est-à-dire que quand mes étudiants me posent la question, je leur dis que non, il ne faut pas faire ce métier. Donc, je suis censé les former à devenir quelque chose alors que moi-même avec un bac+6 je ne gagne pas de quoi vivre confortablement à Paris....

Demain c'est la grève. Comme un con, j'irai bosser. J'irai voir mes élèves.

Juste pour les engueuler d'être venus en cours.

 

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