Interview d'Emmanuel Macron: un débat mi-chèvre mi-show?

Hier sur BFM TV et Mediapart, nous avons vu au joli trio d'acteurs. Un président et deux journalistes. Devinette: lequel a été le meilleur?

C'est un beau métier que celui de journaliste. Je trouve que Bourdin que j'écoute pratiquement tous les matins sur RMC, le fait plutôt bien. Juste ce qu'il faut de populo, juste ce qu'il faut de pugnacité. Je connais Plenel depuis plus de 25 ans. J'ai écrit un livre sur la Corruption en France dans une collection qu'il dirigeait chez Stock.  Incontestablement, c' est un journaliste de qualité. Les attaques dont il fait l'objet me semblent toujours excessives et parfois détestables. Qu'il ait été trotskyste à l'aube de ses 20 ans, ne me gêne pas. Mediapart, le site qu'il a crée est une réussite. Qui pourrait le nier? Ceci dit, Plenel souffre d'ne hypertrophie du moi.  Il a toujours raison. Incapable de faire un retour sur lui-même et de reconnaître qu'il a pu se tromper.. Je l'ai écrit dans un livre sur les journalistes paru en février 2017; Au fond, qui ne commet pas d'erreurs?  En ce qui concerne l'interview du président de la République d'hier, il y avait un côté Barnum  inutile. Regardez comme on a fait monter la température . Vous allez voir ce que vous allez voir! On a vu. Un président caustique, très agile intellectuellement, charmeur et connaissant ses dossiers, même si on peut ne pas être d'accord. En face, deux journalistes, qui ont fait leur métier. Tout simplement. Avec un côté fier à bras. Aussi pas question de dire à Macron,-sauf une ou deux fois- "M. le Président", mais "Emmanuel Macron" par ci, "Emmanuel Macron" par là.  A quoi bon? Est-cela ,le signe d'une indépendance du journaliste vis-à-vis du pouvoir ? On peut-être courtois, respectueux et poser des questions vachardes. Très vachardes même. Etait-ce le cas? Les téléspectateurs jugeront. Un dernier mot. Plenel a eu raison comme le président de la République de rappeler un évènement important( signature de la déclaration universelle des Droits de l'homme) qui a eu lieu dans le foyer du Palais de Chaillot. Mais un oubli de taille a été commis. Pas un mot pour rappeler que dans ses lieux, jadis TNP, un grand homme de théâtre a œuvré. Il s'appelait Jean Vilar. Un grand bonhomme qui a marqué des générations. La culture populaire, c'était lui. L'auteur de ses lignes n'a pas oublié La Paix d'Aristophane courageusement monté en pleine guerre d'Algérie. Comme il n'a pas oublié "La Résistible ascension d'Arturo Ui " de Bertold Brecht. Pièce admirable dénonçant la montée du nazisme et du totalitarisme. Dommage que le trio d'acteurs que nous avons vu hier ait oublié Vilar, cet homme qui fut, il faut le rappeler, conspué par une partie de la jeunesse lors du festival d'Avignon en 1968.

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