Gilles Henri Vincent Vuagnoux
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Billet de blog 31 janv. 2022

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Vacciner nos enfants : Comment en sommes-nous arrivés là ?

Explorons les effets pervers liés au dogme de l'immunité collective lorsque la vaccination est étendue aux populations pédiatriques par simple application de ce dogme. Un entêtement idéologique à l'origine du manque de pertinence de la stratégie du gouvernement

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Pourquoi un mineur de moins de 12 ans devrait -il se faire vacciner, lorsque l’on sait qu’il a très peu de chances de développer une forme grave de l’infection ?

Pourquoi un adolescent devrait -il recevoir sa dose de rappel alors qu’avec plus de 400 000 contaminations par jour le vaccin n’empêche pas du tout la transmission du virus ?

A quoi bon persister la tête baissée dans le guidon, si le ratio bénéfice/risque direct et individuel est peu avantageux sur les mineurs, et si en plus les effets à long terme sont largement méconnus ?  

Nous constatons l’absurdité grandissante de la situation avec notamment des classes d’élèves positifs au variant omicron à plus de 60%, sans que les élèves - indifféremment vaccinés ou non - ne développent pour autant de symptômes aggravants ; et nous commençons à entrevoir les limites de la stratégie vaccinale appliquée aux mineurs.

Cela n’empêche pas le gouvernement de s’entêter ; M. Castex persiste et signe : il s’indigne du faible taux de vaccination des 5/11 ans, et en appelle à la responsabilité civique des parents, au nom de la solidarité inter- générationnelle. Le ministre de la santé, lui, remet un petit coup de pression sur les adolescents : tous ceux qui ont fait leur dernière dose avant le 15 octobre verront leur passe désactivé le 15 février s’ils n’ont pas fait leur dose de rappel avant. En d’autres termes, soyons obéissants et tout se passera bien.

Le vaccin présente de sérieux manquements. La stratégie en cours expose nos jeunes générations aux multiples effets pervers d’une posture politique jusqu’au-boutiste, caractérisée par son vide médical et son non-sens pragmatique.

C’est pourquoi il est grand temps, en tant que parents, d’interroger notre intelligence collective : Quelle est l’utilité pratique de cette mesure si elle est inefficace aujourd’hui et pose question sur ses effets futurs ? Sur un autre plan, quelle est sa pertinence morale, lorsque l’on sait que la solidarité inter générationnelle n’est plus adaptée au problème ?  

Et d’abord, comment en sommes – nous arrivés là ?

On nous rétorquera que le variant omicron, très contagieux et très perfectionné, a déjoué la plupart de nos stratégies de protection.

Mais non.

La cause de tout ce merdier, c’est la toute puissance du dogme de l’immunité collective, que l’on a commencé à invoquer dès que le variant britannique a pris le monopole en avril/ mai 2021, et que l’on a cherché à anticiper les différents scenarii d’évolution de l’épidémie plausibles pour l’été 2021, puis pour la rentrée scolaire.

L’enjeux principal était alors de commander par anticipation le bon vaccin selon le bon volume afin d’éviter toute perte de contrôle de l’épidémie au regard de son évolution à venir.

Le 06 juin 2021, le Comité Consultatif National d’Ethique remet son avis au gouvernement et alerte sur certains manquements éthiques liés à la stratégie vaccinale déployée, mais le gouvernement avait déjà lancé la campagne de vaccination des adolescents.

Avec au mois de mai un R0 > 4, l’immunité collective devait être atteinte lorsque 80-85% au moins de l’ensemble de la population était immunisée, soit naturellement, soit grâce à la vaccination. Cet objectif était et reste inatteignable grâce à la seule vaccination des adultes.

En effet, la population âgée de 18 ans ou plus représente 78,5% seulement de la population nationale (données INSEE). En comptant en plus les adultes qui refusent la vaccination, il devient évidemment nécessaire d’étendre la vaccination aux mineurs, qui représentent 12 millions d’individus.

Par ailleurs, l’idée a été de s’inspirer du modèle de la Grande-Bretagne qui parvient à vacciner ses mineurs contre la grippe, malgré un ratio bénéfice/risque du vaccin également peu avantageux.

  • Quelle est la pertinence de ce modèle de l’immunité collective ? Est – on prêt à reconnaître les effets pervers d’un modèle qui ne reflète pas fidèlement les évolutions d’une situation ?
  • Et pourquoi s’entêter malgré l’effondrement du modèle ? Aurait - on pris trop d’engagements vis-à-vis des fabricants de vaccins ?
  • Sur un autre plan, est-il éthique de faire porter aux mineurs la responsabilité, en termes de bénéfice collectif, du nombre insuffisant d’adultes dans la population française pour atteindre le seuil nécessaire à l’immunité collective ?
  • Ou pire : du refus de vaccination d'une partie de la population adulte ? 

Pour moi, la spéculation des scientifiques et du gouvernement a démontré ses propres limites, et la vaccination des enfants est hors sujet vu qu’elle ne répond en rien au problème. Mais dans un contexte d’élections présidentielles d’ici moins de 70 jours, le gouvernement ne modifiera en rien sa politique, car cela reviendrait à la désavouer ;

Par ailleurs, nos enfants ne courent aucun risque au point de justifier ce climat de guérilla et ne constituent un danger pour personne. Ne nous laissons pas désigner des faux coupables, innocents. Ne nous laissons pas fragmenter pour des lubies.

Par exemple, lorsque s’est posée à moi-même et mon épouse la question de vacciner ou non notre fille, la seule solution qui nous est offerte est d’obéir aux injonctions à la vaccination si l’on veut lui éviter d’être stigmatisée dans sa propre classe.  Mais au lieu de suivre cette solution de facilité nous avons décidé de l’en préserver le plus longtemps possible au nom du principe de prudence mais aussi de notre droit à nous trois à un consentement libre et éclairé.

Nous pouvons, en tant que parents, reprendre le pouvoir dès maintenant en exerçant notre discernement, en réfléchissant avant de vacciner nos enfants ou de faire les rappels ; nous pouvons, si nécessaire manifester notre désaccord par écrit; il n'y a aujourd'hui  aucune obligation vaccinale concernant les mineurs de moins de 16 ans. Il n’y a pas de honte à confronter notre bon sens avec celui de la doxa, à fédérer des positions entre parents localement, à mutualiser les questions qui s’imposent ; bien au contraire c’est une condition nécessaire si l’on veut préserver un semblant de démocratie…. Et démontrer que des parents apparemment dociles peuvent un jour se réveiller pour exercer leur rôle de citoyen dès qu’il s’agit de l’avenir de leurs enfants.

Sinon nous leur réservons un futur sombre…dans une société où l’aliénation des esprits devient la norme.

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