Quelques commentaires concernant les aspects européens contenus dans l'allocution des voeux aux Français du président de la République.
La vidéo est disponible ici :
http://www.dailymotion.com/video/x192uo9
Le passage commenté ci-dessous est à 8:05 (mes commentaires sont en gras entre crochet) :
«
Quant au renouvellement du Parlement européen, il doit être l’occasion de promouvoir une majorité politique qui devra être tournée vers l’emploi et la solidarité, et non vers l’austérité et l’égoïsme national.
[François Hollande énonce une proposition surprenante : il y aurait deux positions antinomiques : l'emploi et la solidarité, d'une part, l'austérité et l'égoïsme national, d'autre part. Vu la formulation, il est insinué que l'europe est du côté de l'emploi et de la solidarité (puisque l'Union européenne s'oppose aux États-nations, en cherchant à les dominer). Cette présentation est trompeuse, car le principal acteur qui pousse à l'austérité aujourd'hui est l'Union européenne (en Grèce, par exemple). Vouloir attribuer aux États-nations la responsabilité de l'austérité est culotté. D'autant que dans le même temps, l'Union européenne ne fait rien en faveur de «l'emploi», puisque c'est l'euro qui est responsable de la destruction des industries les moins compétitives de la zone euro, et partant, du chomâge qui ne cesse de monter, en Grêce, en Italie, en Espagne, et en France.]
Ce n’est pas en défaisant l’Europe que l’on fera la France de demain.
[En tout cas jusqu'à présent, c'est en défaisant la France d'hier (renoncement à la monnaie, à la souveraineté budgétaire) qu'on a fait l'Europe d'aujourd'hui. Et il est probable que ce processus continue (avec le Grand Marché Transatlantique, notamment).]
C’est en la renforçant qu’elle nous protégera davantage.
[François Hollande laisse entendre qu'elle nous protège aujourd'hui (impression donnée par l'utilisation de «davantage»). Or, cela est faux : c'est la liberté totale des mouvements de capitaux - inscrite dans les traités - qui empêche de lutter contre les délocalisations industrielles, par exemple]
Et je ne laisserai pas faire(1) ceux qui nient l’avenir de l’Europe, qui veulent retourner dans les vieilles frontières, en pensant qu’elles les mettraient à l’abri, qui veulent sortir de l’euro.
[Que compte faire François Hollande pour ne pas laisser faire ces gens ? Mystère. On espère juste que cela ne se fera pas par la loi, par un interdiction pure et simple des partis qui pensent mal.]
Je suis légataire de toutes les générations qui se sont battues pour l’Europe.
[On aimerait que François Hollande nous dise qui sont ces générations qui «se sont battues pour l'Europe». Rappelons que les Français n'ont jamais été consulté sur la finalité de la construction européenne - à savoir la disparition de la France, pour laisser la place à un État-continent - mais toujours sur les modalités, par référendum, et que lors de ces référendums, un refus du peuple français signifiait une pause dans le processus de construction européenne, et non son démantèlement définitif.
On a l'impression avec cette phrase que François Hollande se place à la tête d'une cohorte fantôme.]
Je prendrai donc, dès le printemps prochain, des initiatives avec l’Allemagne pour donner plus de force à notre Union.
»
(1) : ce mot «faire» a été oublié par François Hollande quand il a prononcé son allocution. Il faut le mettre néanmoins, car sinon la phrase n'a plus sens, faute de verbe.
L'intégralité du texte de cette allocution est disponible ici : http://www.elysee.fr/declarations/article/v-ux-aux-francais-5/