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Billet de blog 14 mars 2011

Catastrophe nucléaire au Japon: première victime en France!

La catastrophe nucléaire a donc fait une première victime: victime politique mais aussi victime médiatique en France: Le Front de Gauche.

Silvagni
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La catastrophe nucléaire a donc fait une première victime: victime politique mais aussi victime médiatique en France: Le Front de Gauche.

A en juger par le passage en boucle sur toutes les chaînes télé des manifestations des Verts contre le nucléaire, avec la présence très voyante du Parti de Gauche, la rupture de fait entre le PCF chéri de Mélenchon qui en attend l'onction, et le Parti de Gauche tel qu'il se détermine au travers de ses militanst ( et non plus des seuls adhérents du PRS) se révèle désormais publiquement, au grand dam du candidat à la candidature.

On mesure le profond désaccord, voire l'antagonisme, qui sépare les positions du PCF, nucléariste et supporter actif du lobby nucléaire, et le PG qui sur ce point a pris une position incarnée par l'adhésion de son actuelle vice-président, Martine Billard: caution écologiste voulue par Mélenchon, elle est très clairement partisane d'une sortie rapide du nucléaire, dans la plus légitime défiance des discours menteurs de l'autorité de surveillance nucléaire - qui se révèle essentiellement, ici comme ailleurs, une simple officine de communication.

Qu'on en juge sur pièces: voici les deux communiqués des principaux "alliés" du Front de gauche:

Communiqué du Parti de Gauche


"Face à la tragédie qui frappe le Japon, le Parti de Gauche apporte
tout son soutien à la population.

Déjà durement touchée par une catastrophe naturelle, elle est
maintenant victime d'un deuxième désastre, nucléaire celui là.

Le système de refroidissement du réacteur de Fukushima Daiichi 1,
suppposé garantir la sécurité en cas de séisme, est à l'origine de
cette nouvelle catastrophe. Suite aux arrêts automatiques enclenchés
par le séisme, celui ci ne s'est pas enclenché comme il l'aurait du.
Et ce matin, faute de refroidissement, une explosion a provoqué
l'effondrement du toit de la centrale. Les plus grands doutes
subsistent sur le réacteur lui même, qui serait en fusion.

Au départ du à une catastrophe naturelle, c'est donc bien désormais à
un accident et un dysfonctionnement de la centrale auxquels on assiste.

Le périmètre de sécurité de 10 km établi dans un premier temps de la
centrale prêterait à sourire, si la situation n'était pas si
dramatique pour tout l'archipel. Selon le réseau Sortir du Nucléaire,
des fuites de radioactivité très importantes ont lieu depuis des
heures. La radioactivité reçue en une heure par une personne se
trouvant sur le site égale la dose admise pour une année entière. 11
centrales ont été arrêtées en urgence, 5 réacteurs connaissent des
problèmes graves de refroidissement démultipliant le risque d'un
accident nucléaire, 45 000 personnes ont été évacuées.

Alors que partout dans le monde, on s'apprête à célébrer le triste
anniversaire des 25 ans de la catastrophe de Tchernobyl, le Parti de
Gauche pose la question : combien de tragédies faudra t il avant de
prendre la décision de planifier la sortie du nucléaire au lieu de
prévoir son extension au mépris de toute sécurité ?

__________________________________________________

Déclaration du PCF sur la catastrophe au Japon

Le Parti communiste français exprime toute sa solidarité au peuple
japonais dans les terribles épreuves qu’il est train de traverser. Le
tremblement de terre qui a secoué et continue de secouer le Japon a
atteint une force inégalée. Les conséquences humaines et
environnementales de ce nouveau cataclysme naturel sont dramatiques,
et restent ce dimanche encore insoupçonnées.

Le nombre de pertes humaines atteint sans doute plus de dix mille
victimes, des blessés en plus grand nombre encore, des milliers de
maisons, d’entreprises et d’infrastructures détruites, un train entier
disparu, et une petite ville de 10 000 habitants dont on est
pratiquement encore aujourd’hui sans nouvelles car inaccessible aux
équipes de secours.

Face à un tel drame humain, l’heure est d’abord à la solidarité. Celle
des communistes français s’exprime avec la plus vive détermination.
Nous vivons heure par heure l’évolution et nous sommes admiratifs face
à l’attitude courageuse et responsable de peuple japonais. Une des
toutes premières urgences est de porter secours aux populations,
sauver les vies humaines, les protéger et les soigner. Nous nous
félicitons que la solidarité internationale s’organise et que la
France y contribue avec ses équipes spécialisées. Pour ce qui nous
concerne nous entrons en contact avec les organisations progressistes
japonaises notamment le Parti communistes japonais.

Il est encore impossible de mesurer l’ampleur des destructions
environnementales produites par le tremblement de terre puis le
tsunami. La vague de plus de 6m de haut a ravagé toutes les
installations industrielles provoquant des incendies dans les
raffineries. On ne peut mesurer l’étendue de pollutions de toutes
sortes sur les écosystèmes côtiers et à l’intérieur des terres. On
apprend qu’un volcan éteint depuis des décennies vient de se réactiver
sans connaître ses effets sur les populations situées à proximité.

Enfin les graves accidents nucléaires qui se déroulent actuellement
dans les centrales de Fukuschima Daiichi, Fukushima Daini voire
maintenant de Onagawa renforcent notre inquiétude et nous font
craindre un accident nucléaire s’ajoutant au cataclysme naturel. Les
autorités japonaises comme internationales (AIEA) estiment la
situation très grave et craignent une catastrophe possible de très
grande ampleur.

Le Parti Communiste Français prend très au sérieux cette situation
et reste attentif aux différentes informations de l’Autorité de Sûreté
Nucléaire (ASN) et de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté
Nucléaire (IRSN) sur la situation des centrales nucléaires japonaises
dont la technologie BWR utilisée est différente de la technologie
française. Les autorités japonaises doivent en tout état de cause
faire preuve de toute la transparence utile et nécessaire quant à
l’évolution de la situation dans ses centrales.

Le PCF mesure l’inquiétude qui s’exprime au sein de la population
française relative au nucléaire. C’est pourquoi nous demandons qu’un
important dispositif d’information au public soit mis en place. Avec
nos parlementaires, nous demandons l’audition publique et immédiate
par les commissions ad hoc du Parlement de l’Autorité de Sûreté
Nucléaire (ASN) et de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté
Nucléaire (IRSN) sur la situation. Dans la foulée pourrait être créée
une commission d’information ou d’enquête parlementaire afin d’évaluer
en lien avec tous les organismes chargés de la sureté nucléaire
compétents les risques éventuels que pourraient présenter les
installations françaises. Leurs conclusions devront être rendues
publiques afin qu’un véritable débat puisse se développer à partir
d’informations précises. En effet bien des prises de positions
actuelles nous semblent pour le moins prématurées.

Le PCF réaffirme l’importance qu’il attache aux études de sûreté
nucléaire et au contrôle stricte de celle-ci, en France et dans le
monde. L’acceptabilité sociale de la filière nucléaire nécessite que
celle-ci reste plus que jamais dans le domaine public qui doit
garantir la transparence, l’indépendance de l’expertise, la qualité de
réalisation des installations et de leur exploitation. Les salariés
qui travaillent dans le domaine y compris les sous traitants doivent
avoir des garanties sociales de haut niveau.

La France et son industrie nucléaire devront tenir compte des
conclusions produites notamment par l’Agence internationale de
l’énergie atomique (AIEA) qui précisera les causes de ses accidents.
Ils devront en retirer les enseignements susceptibles d’éclairer les
conditions d’exploitation de la filière nucléaire dans notre pays.

Parti communiste français

Paris, le 13 mars 2011.


Ainsi donc, à Front renversé, les opposants au nucléaire, Verts, PG, NPA, sont objectivement en opposition vent debout contre la politique de soumission à l'ordre nucléaire prônée par le PCF et la majorité du PS.

Dans ces conditions, qui se dédira, qui mangera son chapeau au Front de Gauche: le PCF ou Mélenchon?

Quoiqu'il en soit de ces batailles internes et subalternes à venir où les enjeux électoraux et les ambitions personnelles risquent de l'emporter sur l'intérêt général qui exige une sortie du nucléaire, on voit mal comment une candidature crédible du Front de Gauche pourrait être présentée aux suffrages des électeurs de la gauche de gauche: dans les 14 mois à venir, certains devront faire un cruel aggiornamento, tandis que d'autres pourraient sortir du bois!

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