Banlieue, capitale européenne de la Culture 2028 : POUR UNE CANDIDATURE COOPERATIVE !

Lorsqu’en octobre dernier on nous a proposé, comme municipalité de La Courneuve, de rejoindre l’appel « Banlieue, capitale européenne de la culture » pour 2028, nous avons tout de suite accepté. C’est avec beaucoup de satisfaction que nous avons constaté que nombre de villes de banlieues et de personnalités diverses s’associaient à la démarche. 

C’est un acte fort, comme on dit parfois, que les banlieues soient capables de s’unir pour porter une ambition commune. Celle d’être au centre de la culture européenne en s’appuyant sur la richesse culturelle de leur territoire. C’est un parti pris bouleversant mais juste au regard du présent de la  France, de l’Europe et de l’avenir d’un continent majoritairement urbain. 

Oui, nous proposons à l’Europe d’inverser le regard pour s’enrichir de la créativité culturelle de ses marges urbaines. 

Nos territoires ne veulent plus être la « périphérie » géographique et culturelle d’une ville centre, ne veulent plus être les « invisibles » d’une métropolisation spéculative, ils veulent être découverts et reconnus pour ce qu’ils sont, lieux de cultures, de créations, d’arts, de quotidienneté, d’inventivités, d’histoires, de mouvements, de revendications, d’avenirs, de capacités, de terre d’accueil, de mélanges, de communs, d’espoirs…et de quartiers populaires. Ils sont au cœur de la culture.  

Le projet de faire gagner la France en 2028 par ses banlieues, notamment populaires, est enthousiasmant parce qu’au-delà de la victoire recherchée c’est la reconnaissance de l’ensemble des communes et des territoires engagé-e-s comme acteur d’un projet. Nous sommes persuadés que chacun y gagnera et portera l’estime de soi des habitants qui y vivent. Et cela non pas uniquement dans le ou les territoires qui accueilleront des événements mais pour l’ensemble de la  diversité d’expériences de banlieues qui contribuent à faire la richesse culturelle de notre pays et contribueront à la création de cet événement. 

Dans la démarche avancée, nous aimons le jouer « ensemble » de la banlieue française face à l’esprit de compétition que porte parfois ce type de candidature. Nous aimons la coopération proposée par le collectif « Banlieue capitale européenne de la culture » pour faire force commune. Nous aimons l’idée d’un projet commun pour rendre visible ce que sont capables de produire et de rendre sensible ceux qui les habitent.  
Nous croyons profondément, que l’originalité de la démarche,  peut bousculer les règles d’un concours qui, ne nous y trompons pas, n’est pas fait pour qu’une banlieue postule même si elle possède une belle basilique ou tout autre monument historique.  A partir de ce constat il nous semble  nécessaire de continuer à prendre du temps pour renforcer l’originalité de la démarche d’une candidature collective avec la prétention de rendre évident que le collectif des banlieues françaises est légitime pour poser sa candidature et enrichir ainsi l’Europe de leurs cultures. 
Bien entendu il faudra à un moment donné, pour rentrer dans les « clous » du dossier imposé,  choisir collectivement le ou les territoires « porte-drapeaux » de notre  démarche mais il ou ils seront d’autant plus fort-s qu’il sera où ils  seront une candidature partagée où chacun s’y retrouvera. 

Vouloir s’imposer aujourd’hui de manière quasi unilatérale et centralisée comme collectivité candidate -même si on appartient à l’histoire de la banlieue -  c’est à coup sûr casser la démarche collective. Aucune banlieue ne souhaite devenir la périphérie d’une autre y compris pour soutenir une candidature de capitale européenne. Aucun territoire ne peut et ne doit se retrouver dans l’asservissement d’une candidature sans y trouver son identité.   Si certains ont la tentation de cette méthode c’est à coup sûr dynamiter l’idée que « la banlieue » peut être capitale européenne de la culture et au final se retrouver seule face aux autres candidats français. 
Chacune de nos villes pourraient être notre ‘porte drapeau’ mais à condition que le choix s’inscrive dans une décision collective et non pas dans une soumission territoriale.

Nous appelons donc nos collègues de Saint-Denis et partenaires au sein de la coopérative de villes « Plaine Commune » à continuer à promouvoir le collectif avec « Banlieue, capitale européenne de la Culture ».

Gilles Poux                             
Maire de La Courneuve 

Didier Broch 
Adjoint au Maire en charge du développement culturel
La Courneuve

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