Le traitement du coronavirus par l'hydroxychloroquine : La science a bon dos

La question de l'utilisation d'un antiviral à l'acmé de la propagation du coronavirus responsable d' une crise sanitaire sans précédent et la place des conseils scientifiques associés à la prise des décisions gouvernementales interpelle.

L'actualité et le confinement me décide à ouvrir ce blog, Le club Médiapart est pour moi une source de réflexion et d'inspiration,

L'actualité, c'est la polémique autour de Didier Raoult et de l'hydroxychloroquine dans le traitement du coronavirus et l'article de ce jour sur Médiapart à mon sens faussement objectif.

La question de l'utilisation d'un antiviral à l'acmé de la propagation du coronavirus responsable d' une crise sanitaire sans précédent et la place des conseils scientifiques associés à la prise des décisions gouvernementales nous interpelle. La science n'est pas neutre par rapport à la société ou elle se déploie, elle progresse au milieu de toutes sortes de présupposés idéologiques. Elle n'établit le vrai qu'à la fin d'un long processus conduisant à un consensus de la communauté scientifique. Elle aide, elle participe à la prise de décision politique lors d'une crise mais elle n'en est pas l'unique clé.

Les choix collectifs que nous devons faire sont des choix politiques et je suis de ceux qui pensent que seul un processus démocratique est capable de trouver les solutions. En période de crise, ce sont les institutions représentatives, Président de la république, Parlement, qui doivent trancher.

Les conseils scientifiques dont seul le Président de la République s'est entouré doivent être totalement transparents, tant pour leurs avis que pour leurs compositions. Or depuis bien longtemps maintenant le public réclament que ceux qui les informent et les conseillent devraient préciser leurs liens avec toutes sociétés privées susceptibles de les rémunérer afin d'éviter les conflits d'intérêts. Il est étonnant de voir qu'aucun des grands médias par ailleurs donneur de leçon en ce qui concerne les fake-news n'aient souscrit à cette demande, au point qu'on se demande s'il n'est pas temps d'exiger des grands journalistes, faiseurs d'opinions qu'ils rendent compte eux aussi de toutes leurs sources de revenus. C'est un préalable démocratique.

Parce que le peuple est doué de raison, un autre préalable démocratique serait que les consultations de scientifiques par l’État soient publiques et en présence de parlementaires.

Venons- en à la situation actuelle, l'article de Médiapart ne dit rien de la question des conflits d'intérêts, il donne dès le début de l'article une information scientifique donc incontestable sans donner ses sources : L'hydroxychloroquine est dangereux pour les femmes enceintes. C'est en effet la raison pour laquelle l'ANSM a demandé le retrait de ce médicament de la vente libre en pharmacie deux mois avant le début de la pandémie or d'après le journal  Libération :Le professeur Zahir Amoura, du service de médecine interne II de la Pitié-Salpêtrière, chef du centre national de référence du lupus, qui prescrit de longue date l’hydroxychloroquine à ses patients, objecte : «Ça fait plus de vingt ans qu’on donne le plaquenil [seul médicament sur le marché français à base d’hydroxychloroquine, ndlr] à des femmes enceintes, ça réduit les poussées et on n’a pas constaté de malformation sur les fœtus.» L’ANSM a donc fait le choix d’une attitude réglementaire, étendant à l’hydroxichloroquine les observations faites de la chloroquine, en contradiction avec les constats du médecin sur le terrain, selon ce spécialiste.

Le seul motif donc pour ne pas prescrire l'hydroxychloroquine aux patients infectés par le coronavirus est l'absence d'évaluation des risques d'un médicament qui était jusqu'au mois dernier en vente libre dans les pharmacies.

Tous les médicaments sont dangereux et pourtant chaque jour des milliers de médecins en prescrivent et prennent des risques que leurs patients acceptent. Au delà du serment d’Hippocrate ces médecins sont tenus par un code légal de déontologie. La médecine n'est pas une science au même titre que la pharmacologie, voir récemment les débats autour de l'homéopathie. Le médecin utilise les avancées des sciences du vivant, mais doit-il pour autant obéir aux injonctions de celles-ci quand on sait les milliards que brasse l'industrie pharmaceutique.

Dans la crise actuelle existent deux logiques qui s'affrontent. La première postule qu'à tout problème de santé existe une solution « scientifique » universelle et qu'il n'y a guère qu'à attendre qu'on la découvre, attitude parfaitement scientiste. La seconde défend une médecine humaniste qui tente au cas par cas , en utilisant au mieux les moyens fournis par la science, de diminuer les souffrances humaines (au prix parfois de maintenir un malade un peu plus longtemps que nécessaire dans une chambre d’hôpital).Il est regrettable que ceux-là même qui ont diminué les moyens de la recherche publique soient aussi les tenants de la première solution.

La science n'est pas à un paradoxe près, c'est en les résolvant qu'elle progresse. Il n'est pas impossible que le coronavirus ne soit pas en fin de compte, un virus si dangereux que cela pour l'homme compte tenu de nos connaissances scientifiques et que néanmoins il soit le responsable d'une catastrophe sanitaire majeure due à notre impréparation et à la médiocrité de nos équipements.

 

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