Blottis contre le sein tari de leur mère épuisée,
des nourrissons tremblent de froid, de faim, de peur,
les plus faibles s’épuisent lentement jusqu’à mourir.
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Le parfum de la liberté,
l’espoir d’un avenir meilleur,
semblent à jamais oubliés.
Comment encore rêver ?
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Dans le bleu du ciel, le bourdonnement des abeilles se tait !
Seuls demeurent le vrombissement incessant des drones,
le fracas des bombes, l’odeur de poudre,
et la mort brutale, tonnerre et foudre !
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Guillerets, deux bambins s’amusent derrière un ballon
entre leur champ dévasté et les ruines de leur maison.
Insouciants, ils franchissent une ‘ligne jaune’, fictive, ...
et soudain, tombent foudroyés, criblés de métal brûlant.
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Ternes, les jours et les nuits s’égrènent.
Des survivants errent sans but, sans nom,
fantômes trébuchant parmi les tombes,
aucune lueur d’espoir à l’horizon !
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Sur cette rive convoitée de la Méditerranée,
planent l’indifférence, la complicité des nations ‘civilisées’.
Pourquoi refuser à la Palestine le simple droit d’exister ?
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Abandonnées, décimées, les familles pourtant résistent, obstinément.
Elles puisent leur force vitale dans la terre mère, la terre nourricière,
enrichie de leurs mains qui œuvrent sans relâche, au fil des saisons...
Terre maintenant ravagée, détruite, pillée, par des hordes de colons !
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Dans la grande famille des peuples opprimés,
la Palestine nous invite tous ensemble
à « tenir bon », à « serrer les coudes » !
Les paysans s’accrochent fermement à leur terre aimée,
pour défendre, corps et âme, champs, moutons, oliviers.
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A Gaza, s’inventent des filtres magiques, des potions de survie :
quelques graines d’espoir, de bonnes brassées de fraternité,
une généreuse poignée d’endurance, une intarissable volonté.
Cet élixir se nomme « Soumoud », « Tenir bon malgré tout » !
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Au cœur de la Palestine,
l’instinct de résistance
germe et prend racine.
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Les enfants s’éveillent,
entrent dans la danse,
s’élancent et volent
par-delà les collines,
sur le fil fragile
d’un arc-en-ciel.
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Leur espoir secret,
c’est d’être un jour,
des humains libres !
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Ce poème est dédié aux enfants de Gaza.
Leur avenir, leurs espoirs, sont oblitérés, anéantis depuis des décennies. Pourtant, comme les Na’vis de Pandora, grâce au soumoud, ils « se serrent les coudes » et œuvrent obstinément pour obtenir justice et liberté.
Ils rêvent d’un monde qui les accepte enfin comme des êtres humains semblables à nous.