La bioéthique ou la légitimation du dogme scientiste

Avec la même ambition que les premiers États Généraux d’il y a quelques siècles, c’est-à-dire « pour donner une apparente légitimité à ses décisions », l’État à travers le Comité Consultatif National d’Éthique semble nous interroger sur « le monde de demain ».

Avec la même ambition que les premiers États Généraux d’il y a quelques siècles, c’est-à-dire « pour donner une apparente légitimité à ses décisions »1, l’État à travers le Comité Consultatif National d’Éthique semble nous interroger sur « le monde de demain »2. La formulation des non-choix proposés aura sûrement tendance à induire des débats pour/contre, ce qui permettra de jouer au jeu de la démocratie comme lors des farces électorales.

N’ayant pas accès à l'ensemble des sujets abordés, nous ne prendrons que le thème GPA/PMA comme sujet de réflexion. Une posture contre le paquet PMA/GPA nous semble actuellement « rétrograde » puisqu’il est en cours de législation (la PMA c’est en partie fait). La bonne morale nous dit qu’à l’aube du 21e siècle, il est absolument nécessaire que n’importe quel couple en désir d’enfant puisse assouvir ce dit désir. Nous pensons, en effet, que la distinction hétéro/homo n’a plus de raison d’être mais qu’en est-il de l’accès à l’enfantement ?

Dans le cadre du couple hétéro, l’accès à l’enfantement est difficile pour des raisons de baisse de fertilité. Soit. Nous savons pertinemment qu’elles sont de deux natures, la première, est l’ensemble des pollutions, perturbateurs blabla, qualité de l’air et Cie. La seconde est due à une mauvaise qualité de vie, de stress, de pressions sociales, d’avenir incertain, de violences au travail…

Dans le cadre du couple homo, des discriminations se rajoutent à tout cela.

Lors de ces états généraux, la question est axée sur « quelle Technologie médicale ? ». Nous pensons qu’il serait plus intéressant de s’interroger sur : « Est-ce qu’un·e enfant doit être impérativement conçu·e, soit lors d’un rapport sexuel hétéro, soit dans un labo ? ». Une seconde question devrait être : « Est-ce que le référentiel parental doit être la famille hétéro ? ». Avec ces deux questions résolues, nous pourrons collectivement trouver 1000 façons de concevoir et d’élever des enfants. Nous pourrons être de 1 à 1000 parents pour 1 à 1000 enfants.

Il nous paraît donc impératif de replacer les questions d’éthique dans leur domaine de prédilection, la philosophie morale et politique, et non comme outil pour valider l’acceptabilité de nouvelles technologies qui ne nous rendrons que plus dépendant·es et soumis·es à des logiques marchandes et scientistes. Souhaitons-nous que nos sexualités et nos rejeton·es ne soient que des marchandises de plus ?

Nous pourrions tout aussi bien nous demander s’il est « bioéthique » au 21e siècle de toujours laisser des gens crever dans nos rues.

Un type, plusieurs-dans-sa-tête, hétéro.

1https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tats_g%C3%A9n%C3%A9raux_(France)

2https://www.mediapart.fr/journal/france/180118/lancement-des-etats-generaux-de-la-bioethique

 

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