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Le Club de Mediapart dim. 14 févr. 2016 14/2/2016 Édition de la mi-journée

Tunisie Pour Souad Abderrahim , les mères célibataires sont une « infamie »

la Tunisie des oubliés! (1ère partie) © Athéna Pallas
la Tunisie des oubliés! (1ère partie) © Athéna Pallas

 

http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/2011/11/10/ces-petites-phrases-d%E2%80%99ennahdha-qui-derangent/

 

«les mères célibataires ne devraient pas aspirer à un cadre légal qui protège leurs droits» et que les «mères célibataires étaient une infamie» tout en ajoutant qu’elle avait honte pour la Tunisie par rapport aux autres pays du monde arabe.

 

La famille semble bien être un thème qui préoccupe le mouvement Ennahdha depuis quelques semaines. Celui-ci s’exprime sur le sujet essentiellement dans des médias arabes. Une autre déclaration , le 29 octobre sur la chaîne privée tunisienne Hannibal TV témoigne encore des ambiguïtés du parti sur la place de la religion dans le futur régime tunisien. Invité lors de l’émission Saraha Raha, Monsieur Ghannouchi commence d’abord par rassurer la société tunisienne en disant qu’il n’a aucune intention de rétablir la polygamie et que les droits des femmes seraient respectés. Pourtant, plus tard dans la soirée, un autre débat se lance sur le statut de l’adoption. Le leader a en effet déclaré qu’il souhaitait abolir la loi sur l’adoption en Tunisie (la loi du 4 mars 1958 instaurée par Bourguiba légifère une tutelle publique et officieuse pour les enfants abandonnés). A la place de la loi actuelle, Monsieur Ghannouchi a dit préférer la Kefala issue de la Charia qui repose sur l’engagement de prendre bénévolement en charge l’entretien, l’éducation et la protection d’un enfant mineur, au même titre que le ferait un père pour son fils. Il s’agit aussi d’une forme de tutelle légale et reconnue par le droit international.

Si ici, Monsieur Ghannouchi semble proposer une alternative, il pose cependant la question de la place du religieux et de la loi islamique pour ce qui relève encore en Tunisie de la sphère publique. Plus encore, le problème ne porte pas sur le débat mais sur les termes utilisés par Monsieur Ghannouchi qui tout comme Souad Abderrahim, démontre une orientation du discours. Il laisse en effet échapper au cours de la soirée le terme de «Laqit» («batard») pour parler de ces enfants. Ce choix des mots insultant et stigmatisant peut questionner un discours d’un parti qui prône la « modération ».

 

La Tunisie des oubliés

 

Comment votera la Tunisie des oubliés ?

Rédigé par Martine Gozlan - Marianne le Vendredi 14 Octobre 2011

http://www.marianne2.fr/martinegozlan/Comment-votera-la-Tunisie-des-oublies_a14.html

Un document passionnant de Nicolas Beau (journaliste à Marianne) et Said Bakhtaoui, consacré à « la Tunisie des Oubliés », est diffusé ce soir sur la chaine parlementaire LCP à 21h.05. A ne pas rater

Pour qui voteront les Tunisiens des provinces oubliées, celles par qui la révolution est arrivée, du Sidi Bouzid de Mohamed Bouazizi à Kasserine que Ben Ali avait rêvé de bombarder ? On aura ce soir un avant-goût de leurs choix, une semaine avant les premières élections libres du pays, le 23 octobre,en regardant l’enquête réalisée par Nicolas Beau et Said Bakhtaoui sur la chaine parlementaire.

 

Auteur (avec Catherine Graciet) du brûlôt « La régente de Carthage » qui fit trembler le régime de Ben Ali avant l’heure, Nicolas Beau est désormais collaborateur de Marianne. Longtemps interdit de séjour en Tunisie, il eut, au lendemain de la révolution, le bonheur de voir enfin son livre sur les étagères des librairies de l’avenue Bourguiba, notamment chez Selma Jabb...

 

une semaine avant les élections à l’Assemblée Constituante.

 

la Tunisie des oubliés! (1ère partie) © Athéna Pallas
La Tunisie des oubliés (2ème partie) © Athéna Pallas

La Tunisie des oubliés (3ème partie) © Athéna Pallas

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http://www.lepoint.fr/monde/en-tunisie-la-femme-n-est-plus-l-egale-de-l-homme-09-08-2012-1494534_24.php

Tunisie : la femme n'est plus l'égale de l'homme

Le Point.fr - Publié le 09/08/2012

Un projet d'article de la future Constitution consacre la "complémentarité" de la femme avec l'homme et non son égalité.

 

Le 13 août 1956, le Code du statut personnel est promulgué par Habib Bourguiba en Tunisie. Une révolution pour les femmes, dont l'égalité avec les hommes est reconnue par la loi. La polygamie est alors interdite et le divorce possible. Août 2012, un projet d'article de la future Constitution tunisienne stipule que "l'État assure la protection des droits de la femme sous le principe de complémentarité avec l'homme au sein de la famille en tant qu'associée de l'homme". Concrètement, le principe d'égalité est remis en question. Un coup dur qui - ironie du sort - survient à l'occasion du 56e anniversaire du Code.

C'est une députée du parti de gauche Ettakatol - pourtant membre de la coalition gouvernementale - qui a lancé l'alerte sur sa page Facebook. "Cette séance a servi de prétexte aux députés Ennahda pour revenir sur le principe d'égalité entre hommes et femmes", écrit Selma Mabrouk. Toujours selon la députée et sa retranscription de cet article 27 sur les droits des femmes, la version adoptée le 1er août par la commission Droits et libertés - une des commissions consultatives de l'Assemblée nationale constituante (ANC), chargées de rédiger les différents articles de la Constitution - se poursuit par : "L'État garantit l'égalité des chances pour la femme dans toutes les responsabilités. L'État garantit la lutte contre la violence faite aux femmes, quelle qu'en soit la sorte."

La femme "annexée" à l'homme

Pour Sondès Garbouj, présidente de l'antenne tunisienne d'Amnesty International, les termes mêmes de l'article posent problème. "On dit complémentaire de l'homme en français ; en arabe, cela se dit annexée à l'homme. La femme n'est donc pas un être qui existe par lui-même, qui est libre de ses choix. Si vous définissez la femme comme annexe, tout est permis." Une interprétation réfutée par le parti islamiste Ennahda. Mehrzia Nabidi, membre du parti et vice-présidente de l'ANC, précise : "Complémentarité ne veut pas dire inégalité." "Dans la complémentarité, est-ce qu'il y a une inégalité d'une part ou d'une autre ? Dans la complémentarité, il y a justement un échange, un partenariat."

Si le texte n'a pas encore été voté en séance plénière, de nombreuses associations tunisiennes sont sur le qui-vive. Selon elles, le simple fait qu'il ait été adopté par une commission constitue une régression sociale dangereuse. Autre problème, l'article 27 contredit l'article 22 - déjà adopté -, qui stipule que "les citoyens sont égaux dans leurs droits et leurs libertés et devant la loi, sans discrimination d'aucune sorte", et l'article 21, qui réaffirme "le principe de l'égalité des droits et des devoirs entre les deux époux". Ce dernier avait été adopté en juillet, en l'absence des députés du parti islamiste, retenus par le congrès de leur parti.

Combat

Selma Mabrouk voit dans le vote de l'article 27 la revanche du parti islamiste Ennahda, justement. "Je suis une femme tunisienne et avant d'être une femme ou une Tunisienne, je suis un être humain et une citoyenne à part entière." Pour aller plus loin dans le combat, la députée de gauche a mis en ligne une pétition demandant le retrait du texte. Une action soutenue par la Ligue des droits de l'homme qui a publié, elle aussi, un texte sur son site : "L'égalité est un droit, l'égalité est une nécessité." Les associations féministes s'activent de leur côté sur les réseaux sociaux, pour inciter les Tunisien(ne)s à manifester le 13 août, jour de la fête de la Femme en Tunisie. Car la crainte d'une islamisation de la société n'est pas écartée.

Selon les opposants d'Ennahda, le parti islamiste joue sur les mots. Interrogée par l'agence de presse tunisienne TAP, Mehrzia Nabidi répond : "Plusieurs rumeurs ou lectures erronées qui circulent font naître chez les femmes et la société civile un sentiment de perte de droits." Mais elle assure que "les droits de la femme sont préservés et ne pourront pas être touchés", et ajoute que la "Constitution qui sera rédigée comportera également un article qui consacrera le principe de l'égalité des sexes." Une garantie qui ne rassure pas.

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