Simple jeux des chaises musicales à la DCRI : François Hollande refuse le contrôle du renseignement français

Une affaire Squarcini-Guérini ? © France 3 Provence-Alpes
Une affaire Squarcini-Guérini ? © France 3 Provence-Alpes

Le renseignement français doit pouvoir être contrôlé

 Et dire qu'en octobre 2011 une instance avait pourtant ouvert la voie. Elle disait que "le contrôle judiciaire et parlementaire revêt une importance cruciale pour l'Etat de droit et la démocratie. Cela s'applique aussi, et surtout, aux services dits spéciaux dont les activités sont généralement tenues secrètes. Les services de renseignements et de sécurité de l'Etat (...) ne doivent pas être dispensés de rendre compte de leurs actes, sous peine de voir émerger une culture d'impunité néfaste qui minerait le fondement même des institutions démocratiques". C'était dans une petite échoppe de rien du tout : l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, résolution 1838. Il serait bon d'y aller faire un tour.

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/05/30/le-renseignement-francais-doit-pouvoir-etre-controle_1709598_3232.html

Qui sont les BILDERBERGER

 

 

 

l-espion-du-president.jpg

Bernard Squarcini mis en cause dans un livre d'enquête

Sous le titre lapidaire L'Espion du président, un livre d'enquête, publié jeudi 19 janvier, assène de nouvelles accusations contre la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et son patron, Bernard Squarcini. Les journalistes Olivia Recasens, Christophe Labbé et Didier Hassoux - les deux premiers du Point, le troisième du Canard enchaîné - y dépeignent le contre-espionnage français comme un "instrument politique" au service de Nicolas Sarkozy, et sous la houlette de l'ancien secrétaire de l'Elysée et actuel ministre de l'intérieur Claude Guéant.

Estimant avoir été espionné illégalement par ces services, le site d'information en ligne Mediapart(lien payant)cite des passages de l'enquête, et notamment le témoignage du policier Joël Bouchité. Cet ancien patron des renseignements généraux (jusqu'en 2009), aujourd'hui préfet de l'Orne, aurait ainsi expliqué "les 'moyens parfaitement illégaux' utilisés pour surveiller les rédactions sous le règne de Bernard Squarcini, auquel il reproche d'avoir 'ancré dans l'imaginaire populaire que la DCRI était une police politique'", rapporte Mediapart.

Or, joint par Le Monde, jeudi 19 janvier, Joël Bouchité a contesté les propos que lui prêtent les auteurs du livre : "Je prends connaissance des dépêches me mettant en cause concernant le fonctionnement de la DCRI et notamment 'l'utilisation de moyens parfaitement illégaux pour le suivi des journalistes'. Je démens les propos qui me sont prêtés tant sur l'organisation que sur le fonctionnement de la DCRI. Cette présentation est mensongère. La création  de la DCRI répond à la nécessité de modernisation des services de renseignement et à l'exigence d'efficacité de la lutte contre le terrorisme et les subversions, sa mission fondatrice."

"L'ESPION DE PERSONNE"

"Au vu de ces nouveaux éléments, Mediapart et ses avocats, MesJean-Pierre Mignard et Emmanuel Tordjman, vont saisir la justice et demander réparation", annonce sur Mediapart son fondateur, Edwy Plenel. "Le principe de la plainte est acquis, reste à en déterminer les modalités", précise Me Jean-Pierre Mignard. Mediapart pourrait se joindre à l'enquête conduite par la juge d'instruction Sylvia Zimmermann sur les fadettes de journalistes du Mondeou déposer une plainte autonome, a-t-il expliqué. Dans cette affaire, M. Squarcini a été mis en examen en octobre pour "atteinte au secret des correspondances", "collecte illicite de données" et "recel du secret professionnel".

Lire l'article : "Fadettes : ce que Bernard Squarcini a dit à la juge"

Mais le média en ligne n'est pas le seul à vouloir saisir la justice, Bernard Squarcini ayant annoncé jeudi, par la voix de son avocat Patrick Maisonneuve, qu'il allait porter plainte en diffamation contre les auteurs de l'ouvrage. L'avocat vise également, dans son communiqué, Mediapart et Edwy Plenel. Deux des auteurs de l'enquête, Christophe Labbé et Didier Hassoux, se sont déclarés "très, très sereins" après la réaction de Bernard Squarcini, estimant avoir réalisé un travail "extrêmement sérieux". "Il a déjà porté plainte deux fois contre Le Monde, contre Mediapart, contre Le Canard Enchaîné. C'est devenu systématique pour M. Squarcini et Claude Guéant", a jugé Christophe Labbé.

Bernard Squarcini avait déjà contesté ces accusations mercredi soir, affirmant n'être "l'espion de personne". Le ministre de l'intérieur Claude Guéant, dont la DCRI relève, est aussi monté au créneau. "Je démens que la DCRI soit un instrument politique au service du pouvoir", a-t-il déclaré jeudi sur France Inter, affirmant qu'il était "absolument faux" de dire que la DCRI espionnait des hommes politiques.Les cadres de la DCRI ont exprimé leur "indignation" après la parution du livre qui, selon eux, "porte gravement atteinte à l'honneur" de leur service.

François Hollande réclame des explications

L'équipe de campagne de François Hollande a réclamé jeudi des explications après les accusations portées contre le patron du renseignement Bernard Squarcini, jugées "très graves". Pour Bernard Cazeneuve, l'un des porte-parole du candidat socialiste, on se rapprocherait le cas échéant "de pratiques déontologiquement, politiquement et moralement inacceptables". "Si ces faits sont établis, ils sont d'une extrême gravité et l'ensemble des personnes qui en ont eu connaissance doivent s'expliquer", affirme-t-il.

"Si on utilise les moyens de l'Etat pour procéder en contravention, en violation grave avec la loi, à des écoutes de journalistes, on est dans des pratiques d'officine qui ne sont pas dignes de la République morale qu'on nous avait promise,  a ajouté le député-maire de Cherbourg. Si c'est à la demande du président de la République, il doit s'expliquer car il est le garant du fonctionnement de la République."

(avec Reuters)



 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.