Vers de nouvelles formes de luttes

En lisant les derniers articles de médiapart, on retrouve régulièrement l'idée que les modèles de luttes actuels semblent moins efficace face au gouvernement. Est-il temps de réfléchir ensemble à de nouveaux modèles de lutte?

Chers syndicats, Chère opposition.

 

En lisant cet article de Médiapart: https://www.mediapart.fr/journal/france/240618/mouvements-sociaux-macron-ou-l-illusion-de-la-victoire, et en particulier cet extrait :

« le pouvoir ne cède plus. Nous sommes à une époque où la régulation conflictuelle des rapports sociaux est terminée ».

En d’autres termes, inutile d’aller chercher un énième Grenelle dans la rue, le gouvernement trace sa route. Le rapport des forces est inégal. Même Philippe Martinez reconnaît le côté « inédit » du moment : « Les lois ne sont pas discutables. » Ce qui pose la question du mode de lutte, sans débouché en termes législatif et politique.

Je me suis rendu compte que c'était vraiment mon ressenti. Une impuissance face à un pouvoir qui ne cède plus, qui a un support médiatique pour faire passer ses idées sans laisser les idées opposées s'exprimer. Qui utilise la force pour les mettre en pratique.

À cause de ça, j'ai l'impression que les gens ne veulent plus faire grève, ne veulent plus faire de manifs. "Pourquoi perdre une partie de mon salaire qui n'est déjà pas énorme si à la fin: (i) ça ne sert à rien, (ii) j'ai l'impression que l'opinion publique est contre moi." "Que faire lorsque dans les universités, sur les lieux de lutte, le gouvernement envoie des centaines de gendarmes pour nous déloger ?"

J'ai l'impression que le pays, l'opposition, les syndicats, que nous devons revoir notre rapport de force, nos moyens de lutte pour s'opposer au pouvoir existant. Les temps ont changé, adaptons nous.

Des brainstorming citoyens

À moins que quelqu'un n'ait déjà LA bonne idée, une idée pour commencer dans le modèle startup de notre cher président, le lancement de grandes concertations publiques, des brainstorming pour trouver de nouvelles solutions, à ce problème de la recherche de formes de luttes. 

En effet, notre avantage c'est notre nombre, un peu partout. L'idée des insoumis n'était pas mauvaise pendant la campagne, prenons en compte notre côté "distribué". Profitons des heures syndicales pour implémenter ces concertations. Faîtes des réunions publiques pour discuter de ça.

La place des syndicats, et de l'opposition ?

Une idée peut-être de commencer par former les délégués syndicaux à modérer ces séances de brainstorming.

Puis de tenir et nous former à tenir ces réunions. Rendez les citoyennes, sans couleur politique, pour que chaque voix n'ai pas peur de participer. Enfin le plus important, prendre des notes, partager ces notes publiquement

Amicalement,

Glap.

PS : Pour conclure, un exemple

Avec quelques ami·e·s nous avons essayé de réfléchir à ces autres formes de lutte par exemple dans le cas de la réforme ferroviaire.

L'un des grands combats à tenir à été, comment lutter face à la propagande et communication gouvernementale. Là où la grève et les manifs ne semblent plus tant servir, est-ce qu'il y a moyen de faire notre communication, éduquer nous même les autres gens. 

Pour cette éducation, deux propositions :

Aujourd'hui nous sommes de nombreuses personnes à soutenir la grève et à prendre le train tous les jours (par exemple pour aller travailler). Cet endroit semble propice pour éduquer les gens sur cette réforme et pourquoi nous soutenons la grève des cheminots, même sans être cheminot.

Toutefois, nous ne savons pas en parler aux gens, (i) parce que nous ne nous sentons pas prêt à répondre à toutes les questions que tout le monde peut avoir, (ii) parce que nous ne savons pas aborder les gens pour leur parler de nos raisons sans avoir l'impression de les embéter.

À la première question, il y a des réponses. Des fiches pour se former, voir des réunions dans les villes où c'est possible. Au début il y aura des couacs, puis plus ça ira, plus on saura expliquer. 

À la deuxième question on peut aussi envisager des réponses : des autocollants "Je soutiens la grève mais ne suis pas cheminot, demandez moi pourquoi !" à coller sur nos ordinateurs qui permettraient aux gens intrigués de venir poser des question. Ou même des consignes officieuses, "voyageurs qui souhaitez comprendre pourquoi la grève, retrouvez nous dans le wagon avant de chaque train. Voyageurs, qui souhaitez expliquer pourquoi vous soutenez la grève, retrouvez les dans le wagon avant."

Ce sont des idées, pas forcément les meilleures parce qu'il peut y avoir des contraintes, de moyens. Elles peuvent être améliorées, discutées.

Mais surtout, c'est sorti de 10 minutes de discussions avec peu de personnes. Imaginez la quantité d'idées qu'il pourrait y avoir lors d'une consultation publique !

 

 

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