Un mouvement social ? — Non Monsieur le président, c’est politique — Aïe

Grèves dans les transports, à la radio, démissions dans les hôpitaux, des avocats jettent leurs robes, des profs boycottent le bac, le président ne peut plus aller au théâtre, ou réunir tranquillement des patrons à Versailles… Les syndicats négocient, mais quoi ? Journalistes et experts en communication ont bien sûr des théories, mais la vérité, c’est que le moment est neuf.

Maurice Chevalier - Ça sent si bon la France (HD) Officiel Seniors Musik © Seniorsmusik

Le moment est étrange. Dégustons-le. Il est gros de menaces, mais en attendant, écouter les nouvelles donne l’impression d’un pays qui se grippe, qui ne croit plus à rien, un pays laïque en quelque sorte.

L’exécutif s’indigne de ces minorités extrémistes qui ne respectent pas la démocratie. Ce gouvernement s’inquiète en effet parce qu’il est mal élu et qu’il a déjà déçu une grande part de ses électeurs, si bien qu’ils n’a plus qu’une seule légitimité : la police. La majorité commence à comprendre que ces gens occupent l’’État pour leurs seuls intérêts de carrière et ne se soucient pas du pays. Ils font ce que leur demande leurs futurs employeurs. Ils colportent des éléments de langage et autres babioles, comme des colons qui se croient chez les sauvages. Personne n’y croient. Ils ont des soutiens, très réels, les 25% qui suffisent dans un système à 4 partis : les cadres qui partagent leurs mensonges et leurs intérêts, et ceux qui ont peur, comme les retraités. Rassembler les anxieux qui se serrent autour des coquins qui se servent, voilà tout leur projet.

Les progressistes rationnels trouvent que toutes ces jacqueries n’ont pas de revendications raisonnables, qu’elles ne portent pas d’avenir. Les gens qui en ont marre n’ont en effet pas eu la politesse d’adresser leurs espoirs à un politique ou un intellectuel réputé, ils en ont marre parce qu’ils ne voient pas d’avenir. Quand ce sont les structures qui sont vérolées, défendre des revendications raisonnables ne sert qu’a justifier ces structures qui dysfonctionnent, ce n’est pas rationnel. Ils ne demandent rien parce que l’État n’a rien à donner, sauf sa réforme : supprimer ces hauts fonctionnaires qui coûtent cher à la France et l’envoient dans le mur. Bien sûr que tout n’est pas possible, mais les professeurs de réel mentent, on ne peut plus leur faire confiance, il va falloir faire notre expérience nous-mêmes.

Mais où tout cela peut-il bien mener ? On ne sais pas, ça s’appelle l’histoire. Ceux qui nous gouvernent savent que nous vivons actuellement dans une illusion financière où chaque dollar de croissance est obtenu avec 3 dollars de dette. Les gouvernements se regardent en espérant que ce sera l’autre qui fera la faute qui fera s’effondrer le château de cartes. La réforme française des retraites par répartition, pour encourager la capitalisation, en devient cocasse. Il s’agit de retirer l’argent d’une caisse qui marche pour renflouer une finance qui va s’effondrer. La technocratie française veut montrer qu’elle est une bonne élève de la mondialisation, contre son peuple.

Français, aidons notre gouvernement, il a besoin de nous, il ne peut pas prendre les décisions qui nous sortiraient de l’impasse, il est sous pression étrangère. Il faut que l’économie française commence à franchement flancher, pour crever les bulles financières et les startups, et nous pourrons parler de choses vraiment sérieuses : pollution des réserves d’eau, agriculture sans pesticides, relocalisation de l’industrie pharmaceutique, entretien du rail, isolation des logements…

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