Derniers attentats avant confinement, terrorisme utile au capitalisme de surveillance

Le confinement annoncé par M. Macron ce 28 octobre 2020 à 20h, vaniteux et cabotin procédé pour s’attirer de l’audience, a été réussie. Au moins deux attentats le lendemain : un islamiste au couteau, et un identitaire au pistolet. Étrange journée, un peu comme le dernier jour des soldes, chacun fait ses dernières commissions.

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Le terrorisme n’est pas un risque sanitaire par ses effets, il ne modifie pas le taux de mortalité, par contre, le passage à l’acte est un signe de la santé mentale d’une population. M. Macron a l’air de taper sur les nerfs à plus d’un, si bien que le lendemain de ses annonces, la majorité s’est entassée dans des embouteillages, dans des magasins, d’autres plus sains ont fait une dernière sortie dans la nature, et quelques forcenés ont trouvé la folie de concrétiser leurs rêves d’apocalypse en de misérables attentats.

C’est une bonne hygiène mentale de bien orienter ces dernières pensées du soir pour les donner à rêver, comme on fait attention à ce qu’on mange, pour que la digestion soit agréable, et surtout profitable à l’effort. Ces derniers attentats avant confinement vont être les derniers événements de l’actualité non confinée, des experts vont tourner en boucle sur les écrans pendant des semaines avec rien d’autre à mouliner. Les esprits confits vont monter le chauffage et seront effrayés du monde extérieur où rodent les terroristes.

Le problème de ce narratif, c’est que le confinement ne va plus permettre d’égorger dans les églises, fusiller dans les salles de concert, ou plastiquer les terrasses de café, parce qu’il n’y aura plus aucun rassemblement. C’est bien ce qui a pressé les derniers déséquilibrés de passer à l’acte. La propagande de l’attentat va donc devoir tourner à vide, sauf… …sauf si un psychotique de la religion a la bonne idée de se faire exploser dans une maison de retraite, ou mieux encore, dans une cage d’escalier, provoquant l’incendie d’un immeuble. Il faut que les gens ne se sentent plus protégés, même chez eux, pour mendier leur soumission à l’État.

Si les gens ont peur, ils ne sortent pas, et donc limitent la propagation de l’épidémie ; ça semble malin, mais que consomment-ils ? Ils achètent par Internet des biens produits ailleurs, dans des pays où l’on peut sortir, et demandent de la protection, des caméras, de la reconnaissance faciale, des applications de traçage mobile. Des pans d’excellence de la production française s’écroulent : avions, trains, tourisme, culture… On peut encore pou un temps vivre sur l’épargne des vieux, le gage qui autorise la banque centrale de créer en masse la monnaie qui finance le trou des caisses de chômage, santé, et même les salaires des fonctionnaires, mais pour combien de temps ?

La communication à courte vue, orchestrée depuis l’exécutif, propage une épidémie mentale qui va durablement abîmer l’économie et les consciences. La population sortira amputée de son épargne, de la joie, de l’espoir, de l’entrain à vivre autrement. Ces passions positives inquiètent le pouvoir car elle n’iront pas sans quelques carnavals où l’on repeindra des banques ou des supermarchés, comme pendant les gilets jaunes. Ils veulent un peuple infirme et branché sur écrans.

Laissez les, ils ne valent pas votre peine, ne pensez plus qu’à votre santé mentale. À pied, à vélo, sortez ! Le confinement n’existe que là où il y a la police, les caméras et les drones. Devenez furtifs, cachez vous sous la capuche, changez vos itinéraires, promenez vous là où il n’y a personne. Vous n’infecterez pas, vous ne serez pas infectés, par contre, vous reprendrez possession de tous les non-lieux qui vous entourent. Votre espace ne sera plus une étoile de quelques routes, mais une surface épaisse de toutes les pensées passées à regarder, à respirer. Vous ne serez plus l’otage de vos véhicules qui tracent à travers la carte, vous réhabiterez la terre, naturelle et humaine.

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