L'avocat Yann STREIFF ou "La petite affaire Bettencourt qui agite le Barreau de Paris

Me Yann Streiff risque la radiation. Soupçonné d'abus de faiblesse à l’égard d’une de ses anciennes clientes Nicole Hirigoyen, il voit son rôle trouble dans la succession du peintre Vasarely refaire surface...Pourtant, il collectionne aujourd’hui les soucis judiciaires. Yann Streiff fait actuellement l’objet de deux procédures disciplinaires dans lesquelles il risque la radiation.

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La petite affaire Bettencourt qui agite le barreau de Paris16004526-la-petite-affaire-bettencourt-qui-agite-le-barreau-de-paris.jpgMe Yann Streiff, le 11 décembre 2001, en compagnie d’André et Michelle Vasarely, fils et belle-fille du peintre Victor Vasarely. (Anne-Christine Poujoulat/ AFP PHOTO )

Me Yann Streiff risque la radiation. Soupçonné d'abus de faiblesse à l’égard d’une de ses anciennes clientes, il voit son rôle trouble dans la succession du peintre Vasarely refaire surface...

Publié le 16 avril 2017 à 12h3

 

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De prime abord, Yann Streiff correspond assez peu au stéréotype de l’avocat charriant un nuage de controverses dans le sillage de sa robe noire. Sous ses rondeurs patelines, l’intéressé dispense quotidiennement ses pensées sur Twitter sous la forme de haïkus, souvent sibyllins ("Valeur et coût/Moquerie du jour/Pomme et poire ") qu’il rédige à partir des lettres d'un jeu de Scrabble. Quand cet amateur de bonne chère ne publie pas sur les réseaux sociaux des photos de ses agapes.

Ancien secrétaire de la Conférence, poste qui récompense chaque année les vainqueurs du concours d’éloquence du barreau, l’intéressé, 56 ans, fines lunettes, visage mangé par une courte barbe, est passé par de prestigieux cabinets, comme Gide Loyrette Nouel, avant de se spécialiser dans le droit des fiducies et les contentieux successoraux. Pas les dossiers les plus explosifs qui soient.

Pas le profil de l'avocat véreux

Décrit comme un fin "réseauteur", cet amateur d’art a longtemps fréquenté tous les pince-fesses de la profession. Soutien de l’ancienne bâtonnière, Christiane Féral-Schuhl, il occupa pendant deux ans le poste prisé de directeur de la formation continue à l’Ecole de formation du barreau et envisagea, un temps, de se présenter aux élections du conseil de l’ordre. Pas vraiment le profil de l’avocat rompu aux scandales.

Controverse autour de l'élection du nouveau bâtonnier de Paris

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Pourtant, il collectionne aujourd’hui les soucis judiciaires. Yann Streiff fait actuellement l’objet de deux procédures disciplinaires dans lesquelles il risque la radiation. La première, révélée par Mediapart, est liée à un présumé abus de faiblesse à l’encontre d’une de ses anciennes clientes, Nicole Hirigoyen, veuve de 61 ans, l’accuse d’avoir profité de sa fragilité pour lui soutirer 1.6 millions d’euros ; l’autre porte sur son rôle dans l’arbitrage jugé frauduleux à l’issue duquel la Fondation Vasarely a été dépossédée de plus de 400 œuvres léguées par le célèbre maître de l’art optique.

Une étonnante mansuétude

Condamné à trois ans de suspension, en décembre 2015, dans le premier dossier par le conseil de discipline du Nicole Hirigoyen, il a été radié par la même instance en novembre 2016 pour la seconde affaire. Des décisions dont il a fait appel. En parallèle, ces deux dossiers font également l’objet d’enquêtes pénales. En conflit avec un ex-associé pour des différends sur les honoraires, l’avocat est, par ailleurs, poursuivi par plusieurs confrères pour des faits de diffamation. Autant d’histoires qui suscitent un embarras grandissant au sein du barreau de Paris. Et font bruisser les couloirs du Palais où certains s’interrogent sur l'étonnante mansuétude dont bénéficierait l’intéressé.

C’est en septembre 2011, cinq mois après le décès de son époux, un industriel ayant eu quatre enfants d’un premier mariage, que Nicole Hirigoyen prend contact avec Yann Streiff. Elle cherche un avocat pour l’épauler dans ses démarches successorales et administratives. L’homme lui a été recommandé par son frère. Lors de sa première visite dans la propriété du défunt à Bièvres, l’attitude de l’avocat surprend la veuve. Lorsque nous la rencontrons dans son appartement, situé à proximité de la Place de l’Etoile, la frêle sexagénaire se souvient :

"Il était comme chez lui. Il fouillait la propriété de fond en comble, ouvrait les placards et les tiroirs, anticipant déjà les objets et œuvres d’art sur lesquels il allait jeter son dévolu."

Lors de sa seconde visite, elle dit avoir retrouvé Yann Streiff en train d’essayer les vestes de son mari. Il serait également reparti avec un coffre-fort, affirmant vouloir l’ouvrir à son cabinet, et le Renault Espace du défunt pour le transporter. Nicole Hirigoyen, accablée de chagrin, le laisse faire. Comme lorsqu’il insiste pour se faire remettre plusieurs objets qu’il a choisis dans l’inventaire de la succession dressé par le commissaire-priseur. Car en parallèle, Yann Streiff sait aussi faire assaut de prévenance. Elle se souvient :

"Il répétait sans cesse : 'Vous allez voir, j’ai une présence apaisante'."

Quelques mois après le décès de son mari, Nicole Hirigoyen est frappée par un nouveau drame. Sa sœur, qui réside à Quiberon, disparaît soudainement le 8 janvier 2012. La famille craint un suicide en mer.

"Durant cette période, Yann Streiff m’a emprunté la somme de 350.000 euros. En plein traumatisme, je n’ai aucun souvenir des conditions de cet emprunt pourtant enregistré dans ma comptabilité."

A la mi-février, le corps de sa sœur est finalement découvert dans les dunes de Quiberon. Bouleversée par cette nouvelle tragédie, Nicole Hirigoyen tente de mettre fin à ses jours. En compagnie de sa compagne, Yann Streiff se rend aussitôt au chevet de sa cliente, alors en Bretagne. Selon elle, il lui aurait demandé 10.000 euros en liquide afin d’obtenir une concession funéraire pour sa sœur. Un service qu’il aurait également facturé au beau-frère de Nicole Hirigoyen. "Dans les faits, il m’a obligée à ne pas rester avec ma famille et à rentrer aussitôt avec lui et sa compagne sur Paris ", raconte-t-elle. Le 23 février, soit deux jours après l’enterrement de sa sœur et cinq jours après sa tentative de suicide, l’avocat lui emprunte à nouveau 250.000 euros.

Régler les dépenses courantes

En proie à une grave dépression, la veuve enchaîne les hospitalisations. Pas moins de six entre février 2012 et février 2013. Elle fait même une seconde tentative de suicide. Entre deux séjours à l’hôpital, l’avocat lui déconseille d’aller en clinique et l'invite à Sisco, en Corse, dans l’ancien couvent Santa Catalina dont il propriétaire. Une bâtisse surplombant la mer, classée aux Monuments historiques . "Une manière de m’isoler de mes proches", analyse aujourd’hui Nicole Hirigoyen. Pendant sa convalescences, elle aurait été régulièrement sollicitée pour régler les dépenses courantes de la famille, voire même les extras : téléviseur, permis de conduire, permis bâteau…

A la fois, cassant, rassurant et séducteur, l’avocat joue sur tous les registres pour étendre son emprise et la maintenir dans un état de dépendance affective. "Il jouait un jeu très pervers", estime-t-elle. Quand il ne cite pas les Evangiles, il signe ses mails de "3A" pour "amitié, affection, attention ". Lui fait entendre des cantates lors de ses appels téléphoniques. L’appelle sa "femme cougar" devant les serveurs au restaurant. Et... réclame régulièrement de l’argent.

Pour 1,6 million d'euros

Pendant près de deux ans, de nombreux virements et remises d’espèces sont effectués au profit de Yann Streiff. Des sommes qui avoisineraient les 1.6 million d’euros selon la plainte déposée par les avocats de Nicole Hirigoyen, dont un investissements de 320.000 euros dans la société Gint Services, à l’époque en cessation de paiement. Et près de 661.000 euros dans la SCI Santa Catalina. Il lui aurait également fait acheter des antiquités en vue de la création d’un musée dans la propriété corse. Un musée qui ne verra jamais le jour.

Selon les avocats de Nicole Hirigoyen, Yann Streiff aurait fait signer à sa cliente de multiples actes en sa faveur, dont deux testaments auprès d’un ami notaire. Dans le dernier, daté du 18 juillet 2013, l’avocat est désigné exécuteur testamentaire et légataire de toutes les sculptures de Bernard Hirigoyen, de tous les droits dans la SCI Santa Catalina mais également d’une île bretonne dont feu Bernard Hirigoyen était propriétaire.

La vulnérabilité de sa cliente

Les termes du testament auraient été dictés par Yann Streiff lui-même dans un e-mail envoyé le 16 juillet. "Compte tenu des sombres idées qui sont les tiennes, je suggère une nouvelle rédaction", lui écrivit-il pour justifier ce second testament. Ce qui laisse entendre qu’il était conscient de la vulnérabilité de sa cliente, selon les avocats de cette dernière.

Au printemps 2014, Nicole Hirigoyen, alors rattrapée par les doutes, refuse de signer de nouveaux documents. L’avocat n’a toujours rien remboursé des sommes empruntées. Au contraire, il lui demande toujours plus d’argent. Quand elle refuse, il la cherche à la culpabiliser :

"Il me disait que Gint allait fermer à cause de moi."

Il lui faudra tout de même un an de plus pour porter plainte contre Yann Streiff pour abus de faiblesse, abus de confiance et escroquerie. Une enquête préliminaire est alors ouverte. Pour le moment, l’avocat n’a pas été entendu dans ce dossier. Des experts devraient bientôt se prononcer sur l’état de vulnérabilité de la plaignante au moment des faits.

Déterminée à aller au bout

Quoi qu’il en soit, Nicole Hirigoyen se dit déterminée à aller au bout de son combat judiciaire. Le jour de notre rencontre, elle apprend que son ancien avocat a mis en vente sans son accord sur le site Le Bon Coin le couvent corse dont elle possède pourtant 30 % de la SCI.

La sexagénaire avait signalé, en mai 2015, le comportement de Yann Streiff au bâtonnier de Paris. En décembre de la même année, le conseil de discipline du Conseil de l’ordre condamnait l’avocat à une suspension de trois ans, évoquant des "manœuvres indignes".

Cas rarissime, le parquet et le bâtonnier, jugeant la sentence trop clémente, font alors appel. A la suite de cette condamnation, Yann Streiff devait comparaître le 23 mars dernier, devant la Cour d’appel. Mais il a finalement obtenu un nouveau renvoi, le quatrième, en raison d’une QPC (question prioritaire de constitutionnalité) déposée par son avocat, Me Jérôme Hercé, ancien bâtonnier de Rouen.

Des successions controversées

A la faveur de ces différentes procédures, Nicole Hirigoyen a toutefois découvert que Yann Streiff s’était déjà retrouvé mêlé à des successions controversées. En 2007, deux héritiers français de la célèbre peintre américaine Joan Mitchell, défendus par Yann Streiff et Me Caroline Mécary, une de ses proches, spécialiste de la défense des droits des homosexuels et conseillère de Paris, firent annuler par la Cour d’appel un avenant à la convention d’honoraires signée dans le cadre du dossier de la succession de l’artiste. Ce document avait été présenté par les deux avocats, deux jours avant la signature du protocole transactionnel entre les héritiers. Il prévoyait que les deux conseils reçoivent, en plus de leurs honoraires, 46 tableaux de l’artiste.

16004519.jpgYann Streiff est également impliqué dans l’incroyable saga de la succession Vasarely. 
Ici, la Fondation Vasarely près d'Aix-en-Provence. (Georges Gobet/AFP)

Quelques années plus tôt, Yann Streiff fut également impliqué dans l’incroyable saga Vasarely. En juin 1995, la fondation créée par le célèbre peintre est dépossédée de la quasi-totalité des collections léguées par l’artiste, au profit de ses deux fils, André et Jean-Pierre, dit Yvaral. La conséquence d’un arbitrage très contesté. Il a été initié par Michèle Taburno, la seconde épouse de Jean-Pierre, en charge à l’époque des affaires familiales depuis la mise sous tutelle de l’artiste. Yann Streiff est alors son avocat. "Un allié et bien plus", dira-t-elle dans un courrier.

Selon Pierre Vasarely, légataire universel de son grand-père et adversaire farouche de cet arbitrage, l’avocat en serait le véritable maître d’œuvre. "La matrice de la décision a été retrouvée dans les archives de son cabinet par un ancien associé", assure une source proche du dossier.

Autre élément troublant : Yann Streiff fut le seul "sachant" entendu par le tribunal arbitral. Enfin, l’un des arbitres, un avocat influent sur la place de Paris, ex-directeur de campagne de plusieurs bâtonniers, compte parmi ses amis. En avril 2015, la Cour de cassation annulera définitivement l’arbitrage, parlant d’un "simulacre mis en place par les héritiers pour favoriser leurs intérêts".

Un feuilleton judiciaire

Le feuilleton judiciaire n’est pas terminé pour autant. La fondation n’a toujours pas remis la main sur une grande partie des œuvres égarées. Parmi lesquelles les 87 tableaux reçus par Yann Streiff. "En échange de ses services rendus lors de l’arbitrage ", assure Pierre Vasarely. Ce que conteste Yann Streiff. Mais une de ses lettres, datée du 29 février 1996 et adressée aux deux héritiers Vasarely, sème le trouble. Dans cette missive que "l’OBS" a pu consulter, l’avocat évoque des honoraires de résultats se montant "à 10% des sommes ou meubles recouvrés du fait des actions amiables ou judiciaires". S'ensuit une liste des 87 œuvres en question.

16004513.jpgPierre Vasarely, petit-fils du peintre, le 11 septembre 2008 devant la salle d'audience 
du tribunal de grande instance d'Aix-en-Provence. (Anne-Christine Poujoulat/AFP)

Dans une autre lettre du 21 mars 2002 et destinée à MeStreiff, Michèle Taburno raconte également une scène étonnante :

"Le 23 février, lors d’un entretien, vous m’avez signifié qu’un camion viendrait la semaine suivante chercher une quantité importante d’éditions de Victor Vasarely, que vous jugiez que nous vous devions, j’ai refusé."

Dans sa lettre, elle parle également des 87 œuvres originales "dont vous avez vous-mêmes fixé la valeur". Des œuvres obtenues, selon elle, dans un "climat d’affolement et d’autorité".

Une vente aux enchères d'oeuvres de Vasarely annulée par décision judiciaireQue sont devenus ces tableaux ? En 2000, Yann Streiff en revend une vingtaine via la galerie Lahumière. Montant de la vente : autour de 350.000 euros. L’avocat avait pourtant estimé leur valeur totale à 160.000 euros. Il s’était, par ailleurs, engagé à ne pas les commercialiser avant dix ans. En 2009, à la suite d’une plainte déposée par l’administrateur provisoire de la Fondation Vasarely, une enquête était ouverte pour abus de confiance et recel d’abus de confiance.

Dans ce cadre, en mai 2013, une vente des œuvres de Vasarely était annulée à la dernière minute chez Artcurial. Elles appartenaient à un certain "Monsieur S, collectionneur". Un pseudonyme derrière lequel se cachait Yann Streiff. Depuis, l’information judiciaire semble comme encalminée.  Une source proche du dossier s'étonne :

"De manière inexplicable, l’avocat n’a toujours pas été entendu huit ans après l’ouverture de l’instruction, C’est tellement invraisemblable qu’on se perd en conjectures."

Selon nos informations, l’affaire pourrait cependant être relancée, un nouveau magistrat instructeur ayant été nommé et le président de la chambre de l’instruction venant de déclarer recevables des appels des parties civiles. Une procédure au civil est également en cours. Quant au volet disciplinaire, il a connu un étonnant couac.

Une possible annulation de la procédure en cours

Début mars, Mediapart révélait qu’"une incroyable bourde" du barreau de Paris risquait d’annuler la procédure en cours. L’arrêté disciplinaire concernant la radiation de Yann Streiff n’aurait pas été rendu dans les délais. De quoi alimenter de plus belle la rumeur d’éventuelles protections : l’avocat fut un des soutiens de campagne de l’actuel bâtonnier, Frédéric Sicard, lequel nie toutefois toute proximité avec lui. Pourtant, quelques jours avant sa radiation, Yann Streiff festoyait en smoking au prestigieux Bal du bâtonnier, se faisant même prendre en photo avec ce dernier. Contacté par "l’Obs", Frédéric Sicard n’a pas voulu commenter une procédure en cours.

Me Avi Bitton, un des avocats les plus critiques à l’égard des mœurs du barreau et l’un des seuls à s'exprimer ouvertement sur ces affaires, estime pour sa part :

"Cette affaire invraisemblable peut être la goutte d’eau qui va faire déborder le vase. Le risque est grand pour les instances disciplinaires d'en sortir décrédibilisées."

Dans un récent courrier adressé à la cour d’appel de Paris, Pierre Vasarely exprimait lui aussi ses "plus grandes craintes sur les conditions dans lesquelles cette affaire a été traitée par l’autorité de poursuite". C’est en 2002 qu’il signale au barreau de Paris les agissements de l’avocat. A l’époque, une première enquête déontologique est classée sans suite.

Mais, en décembre 2015, à la suite de l’annulation définitive de l’arbitrage, le bâtonnier de l’époque, Pierre-Olivier Sur décide de relancer les poursuites à l’encontre de l’avocat. "Streiff n’est que le bouc émissaire d’une guerre de clan", considère un de ses proches. Selon ce dernier, l’avocat se serait retrouvé dans le collimateur du bâtonnier en raison de ses liens avec Christiane Feral-Schuhl et Caroline Mécary. La première fut élue bâtonnière en 2010 face à Pierre-Olivier Sur. Lors de cette campagne, la seconde envoya à l’ensemble de la profession un e-mail très virulent à l’endroit de celui qu’on surnomme "POS". Ce dernier s’est refusé à tout commentaire. "Il fut le seul à oser s’attaquer à Streiff", le défend un de ses proches.

"Une relation complexe"

Contacté par "l’Obs", Jérôme Hercé évoque de son côté une possible prescription des faits concernant le dossier Vasarely. Au sujet de l’affaire Hirigoyen, l’avocat parle d’"une relation complexe" et d’"une emprise mutuelle", se refusant toutefois à faire de plus amples commentaires.

Fin mars, nous abordons Yann Streiff à l’issue d’une audience au Palais de justice de Paris. "Je ne tiens pas à m’exprimer alors que des procédures sont en cours, nous répond-il. Et certainement pas devant le tribunal de la presse." Pour lui, la justice disciplinaire serait "totalement instrumentalisée" dans ces dossiers. Ses adversaires laissent, eux, entendre qu’il organiserait son insolvabilité et préparerait un départ pour le Canada. Interrogé, il nie et se refuse à en dire plus. Son haïku favori n’est-il pas : "Se taire, réfléchir et inlassablement faire face…"

Vincent Monnier

2791422901289.jpgVincent Monnier

Journaliste

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