Pour Macron, ça se corse

Après la marche, notre bien-aimé président prend le pas de Co(u)rse.

Malgré tous les articles complaisants de la presse toujours en émoi devant notre petit napoléon jupitérien, on (du moins je) peut se demander si notre bien-aimé président ne vient pas de commettre son premier vrai gros faux-pas, sur la forme comme sur le fond.

Sur la forme, car le principal argument sorti à toute tentative de critique sur sa politique a été de dire, à juste titre d'ailleurs, "je fais ce que j'ai annoncé". Or, cette fois-ci, il est venu annoncer le contraire de ce qu'il avait promis en Corse pendant sa campagne politique. Pourquoi, alors qu'il n'y avait guère de risque comme nous le verrons plus loin, prend-il ce risque, sinon parce qu'il se trouve emmené par son propre rythme, passant ainsi de la marche?

Je n'ose imaginer que mon image dans le premier paragraphe soit sa première motivation. Cependant, alors qu'il fit maintes allusions à Napoléon pendant sa campagne, on ne peut que se demander si notre Jupiter a peur de devoir abandonner sa propre référence à une identité corse?

Car sur le fond, tout au long d'un discours profondément creux, notre bien-aimé président a refusé toutes les demandes des élus corses.

Or, quelles sont ces demandes? Juste de dialoguer. En effet, les élus autonomistes ou indépendantistes, ayant abandonné depuis de nombreuses années toute velléité d'action politique violente, demandent simplement à pouvoir discuter avec l'état français des bases programmatiques sur lesquelles ils ont été élues. Ils n'entendent rien imposer mais simplement dialoguer des points qui demanderaient adaptation ou modification de la constitution française.

A cette volonté de dialogue des élus corses, élus et même réélus par l'ensemble des votants corses, c'est-à-dire les natifs et aussi bien les métropolitains venus s'installer sur l'ile, que répond notre bien-aimé président?

NON!

Et au nom de quoi répond-il non, notre bien-aimé président? Eh bien, nom de non, c'est justement la question! Car objectivement, il reprend ici et maintenant une position prise par un sinistre ministre de l'intérieur, position qui fit basculer la Corse dans un cycle de violence, puis de "maffiasisation" de la Corse. Par la même intransigeance opposée à une simple demande de Dialogue.

Au contraire d'un Rocard amenant la Nouvelle-Calédonie à une situation pacifique depuis 30 ans après des années de violence politique, notre bien-aimé président prend le risque d'interrompre un cycle de nombreuses années sans violence.

Et pour finir, comment oublier son premier discours qui remet en cause le principe sacro-saint du droit de chacun à la défense? Comment oublier cette remise en cause par celui-là même qui est censé être le premier défenseur de nos droits constitutionnels.

Ooh, Manu, bien-aimé président, tu t'égares!

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