Jamais depuis le début de la V république, la gauche dite "radicale" ne s'est trouvée dans une telle dynamique et dans une telle position à 2 semaines du scrutin.
Les raisons en sont multiples et je n'entrerai pas dans le détail de chacune d'entre elles, mais je vais au moins en citer quelques unes: les affaires dans lesquelles extrême-droite et droite s'engluent, le flou institué comme stratégie par Macron, les erreurs stratégiques de Hamon à gauche qui ont fait retomber la dynamique que sa campagne des primaires avait initiée.
Même le positionnement des dits "petits" candidats jouent en sa faveur. Les discours d'Arthaud et Poutou amenant la voix des classes modestes sur le devant de la scène jouent en la faveur du seul candidat ayant une chance de l'emporter qui porte en grande partie ce discours. A l'opposé, face à un Asselineau, un Dupont-Aignan, Mélenchon apparait comme un européen critique du fonctionnement actuel de l'UE mais voulant la réformer et non la supprimer sans réfléchir aux conséquences.
Et surtout, il porte un projet d'une cohérence que les autres n'ont pas: projet écologique et social avec l'identification des blocages possibles et le moyen de les dépasser: fonctionnement de l'UE, fonctionnement institutionnel...
Alors bien sur, certains relèveront quelques défauts, quelques écarts et maladresses de langage, un accent un poil trop cocardier parfois. Celles et ceux qui me connaissent savent que je ne fus pas, loin de là, un mélenchonatre convaincu et de tout temps. Ma conviction ne s'est faite que dans les dernières semaines au gré des circonstances présentes.
Mais franchement, à toutes celles et ceux qui à gauche préfèrent relever ces quelques imperfections, pensez-vous vraiment qu'il y ait un autre candidat-e (je parle ici de celle et ceux qui ont une possibilité d'accéder au second tour) qui ne porte pas ces mêmes défauts et de façon bien plus outrée que celle de Mélenchon? Autrement dit, préférez vous voir la paille dans l'oeil de Mélenchon que la poutre dans ceux des autres? Car, ne nous trompons pas, ne pas voter pour l'un, c'est forcément favoriser les autres.
Il existe aujourd'hui pour celles et ceux qui sont convaincus de l'urgence écologique et sociale, une opportunité unique d'amener un candidat porteur de cette même conviction en capacité d'agir.
Et comme nous ne sommes pas naifs, que nous sommes conscients des difficultés qu'il rencontrera forcément, il conviendra ensuite de ne pas rentrer chez soi ensuite et d'attendre 2022, mais de continuer à s'investir, par la lutte ou le soutien en fonction des circonstances.
Elire Mélenchon c'est une condition nécessaire mais bien sur non suffisante pour qu'enfin, l'urgence écologique et sociale soit prise en compte.