Polémique CH Médiapart: pourquoi Valls fait monter la sauce?

La polémique entre Charlie Hebdo et Médiapart aurait pu resté un débat virulent entre 2 organes de presse et 2 visions par rapport aux problèmes qui nous agitent, comme il en a existé tant d'autres et espérons le qu'il en existera d'autres. Or il est un homme politique, Manuel Valls pour ne pas le citer, qui jette dans cette polémique constamment de l'huile sur le feu. Pourquoi?

Pourquoi voit-il un intérêt à faire enfler cette polémique? Certes on pourrait y voir une manifestation de ses profondes convictions. Mais l'homme nous a habitué à suffisamment de calculs politicards et de trahisons pour que l'on puisse l'imaginer simplement se laisser enflammer par la seule force de ses convictions.

L'explication qui vient ensuite est le besoin qu'il a d'exister politiquement. Valls qui s'imaginait il y a un an encore comme un possible président de la république a enchainé chute sur chute: défaite aux primaires du PS, élection en tant que député dans son fief de toujours encore contestée, accueil du bout des lèvres par le mouvement LREM. Mais ce serait quand même risqué de prendre des positions qui ne semblent pas trop en phase avec celles du grand patron EM.

Mais il reste peut-être une autre explication. Depuis les attentats de 2015, dans une ambiance d'union sacrée contre le terrorisme, de "nous sommes tous Charlie", de "nous aimons tous la police qui nous protège", le niveau de préparation de l'état à de telles attaques terroristes n'a guère été questionné.

Je regardais en début de semaine une émission de "C dans l'air" consacrée au terrorisme et pour une fois intéressante, où un des intervenants dont je ne me souviens plus du nom, mais qui coopère à ce qui était annoncé aux services secrets à laisser échapper que ces derniers, après le 13 novembre, ne s'attendaient pas à des actes terroristes si bien préparés et organisés et qu'ils ne s'attendaient qu'à des actes de type "loup solitaire" à la Mérah.

Or en novembre, nous sommes 11 mois après les attaques de janvier, qui avaient quand même un certain niveau d'organisation: attaques coordonnées, etc... Depuis janvier 2015, on aurait donc du pouvoir s'attendre à des attaques organisées.

Et l'attaque contre Charlie, qui était pourtant "protégé" par la police, parlons-en un peu de cette protection: entrée non surveillée, policiers insuffisamment armés pour répondre à la violence de l'attaque...

Or Valls était à cette époque et dans les années précédentes premier ministre et ministre de l'intérieur, donc responsable. Attention, je ne dis pas qu'il a personnellement agi ou donné des instructions ayant amené une éventuelle impréparation, mais que par de ces fonctions, il en est responsable.

Alors n'a-t-il pas intérêt à se poser comme le plus farouche combattant des terroristes, allant même traquer leurs complices jusqu'aux chiottes de Médiapart, allumant ainsi un préventif contre-feu aux informations qui finiront bien par filtrer, les années passant? 

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