Cantat: l'impossible justice

La justice est-elle possible pour une personnalité médiatique?

Le retour au premier plan de l'affaire Cantat pose la question.

D'un côté, ceux qui disent que Cantat a payé sa dette à la société et qu'il peut donc maintenant mener sa vie comme il l'entend.

De l'autre, ceux qui disent que tout en ayant payé, il se doit de rester discret, décent pour ne pas raviver la peine des proches de sa victime., xpression équivalente, révèle une étrange conception de la justice, comme si la justice n'était qu'une subsistance de la loi du talion. Tu as fauté, tu dois donc payer.

Or, le rôle de la justice n'est pas uniquement cela. Son rôle est aussi et surtout de permettre la réinsertion dans la société.

Ainsi, la peine, quelle qu'elle soit, effectuée, le justiciable se doit de retrouver la plénitude de ces droits, de sa liberté d'action. C'est le principe.

Ajoutons que la justice offre la possibilité de recours, notamment pour les victimes (ou leurs proches), si la première décision ne convient pas. Ne pas faire appel revient donc à accepter cette décision.

Ne pas reconnaitre les décisions de justice, c'est ne pas reconnaitre la justice elle-même. C'est remettre en cause son rôle et sa fonction. La justice étant un pilier de l'état de droit, c'est aussi remettre en cause l'état de droit.

Ce qui n'empêche pas bien sur de critiquer ou d'exprimer son désaccord avec telle ou telle décision. De même, on peut bien sur trouver l'attitude du justiciable indécente et l'exprimer.

Par contre, quand on entreprend d'empêcher la libre action du justiciable, cela dépasse le droit à la libre expression. C'est se substituer à la justice et donc la remettre en cause.

Ce qui me semble inacceptable.

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