Exégèse d'un lieu commun

Méfions-nous du politique qui nous parlera un langage dit de vérité, qui osera dire les mots qui fâchent ou flattent sans vergogne.

Exégèse d'un lieu commun.

 

"Langue de bois".

Hommage du vice à la vertu plutôt.

Méfions-nous du politique qui nous parlera un langage dit de vérité, qui osera dire les mots qui fâchent ou flattent sans vergogne. C'est alors que notre opinion ne compte plus, il nous demande une adhésion totale sans circonvolutions. Le "vrai" n'a plus besoin de se parer des précautions de l'idéal. Allons, allons, revenez à la réalité, et elle n'est pas belle cette réalité ! Point de grands mots.

Point de langue de bois, mais de quel bois ?

La politique est une volonté de dépasser la brutalité originelle, la loi de la jungle pour faire les sociétés policées. Tout un processus de civilisation, de polissage du bois brut dont nous sommes faits pour construire la vie commune. Il est des choses que l'on ne doit pas dire, les gros mots comme on nous disait, petits. Ni les faire a fortiori. S'autoriser à les dire, c'est s'autoriser à les faire sans retenue ni honte.

Laissons les politiques déguiser la vérité et trahir leur idéal et qu'on nous laisse leur opposer cette vérité à leurs mensonges, leur idéal à leurs petits arrangements. Interdisons leur de dire le vrai, ils nous réduiraient au silence après nous avoir réduits à l'impuissance.

C'est la politique. Quelque chose de la Common Decencychère à Orwell peut-être ?

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