Lettre ouverte à M. Michel Onfray : Éthique IV, proposition 35.

Michel Onfray dans le numéro 989 de Marianne : «Tant que l'interdiction philosophique sera signifiée d'inscrire le Coran dans sa configuration humaine et historique, un Spinoza musulman ne saurait être possible ou pensable.»

Monsieur Onfray,

Nous souhaitons nous exprimer en réponse à l'assertion que vous exprimez ici. Si on l'examine, ne serait-ce que très superciellement, elle apparaît fausse.

Historiquement, nous souhaitons attirer l'attention du lecteur (qu'il s'agisse de M. Onfray ou de qui que ce soit) sur l'école théologique mutazilite qui précisément ... se propose d'inscrire le Coran dans le contexte historique et social qui lui est propre. Il fait de la philosophie (Falsafa) une de ses institutions.

De plus, c'est ignorer complètement que le Spinoza juif, c'est à dire le seul réel, a été poignardé et excommunié par ses coreligionnaires. Et symétriquement, cette attitude ultra-orthodoxe n'a pas empêché l'apparition de Spinoza pour autant.

Enfin, nous souhaitons attirer sur les parallèles clairs entre la philosophie de Spinoza et celle d'Averroès, important philosophe musulman du XIIème siècle.

Il faudrait revoir les bases.

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