Cocurès, petit bétonnage entre amis et nouvelle petite pierre à l’édifice du grand saccage des terres agricoles.

Cocurès est un petit village de Lozère qui se situe à 5 km de Florac. C’est un village comme il en existe tant en France et dans les Cévennes, avec ces maisons typiques, entourées de champs, de massifs forestiers, sa rivière qui coule en contre-bas, son étroit petit pont de pierre(on n’y passe qu’à une voiture) et son projet de ZA, de Zone d’activités…

Le terrain de la future ZA

Au nom de la sacro sainte croisade pour l’emploi, il est visiblement impératif que l’entreprise de menuiserie (installée à proximité de ces terrains et tenue par un des habitants de la commune), puisse s’agrandir et investir dans un bâtiment moderne et fonctionnel, ce qu’en soit tout le monde peut comprendre. Mais cela se fera au détriment des propriétaires des parcelles agricoles visées pour construire la ZA, de leur fermier qui a un fermage sur ces terres, et de tous les habitants de Cocurès, qui au lieu de voir paître des vaches et butiner des abeilles, verront bientôt passer des camions et pousser des hangars. Camions qui devront au passage emprunter une route sinueuse (la D998 potentiellement dangereuse et enneigée) et traverser ce tout petit pont de pierre qui n’a à l’époque de sa construction certainement pas été conçu pour supporter le poids de 19 tonnes ou de semis remorques… Et là on comprend un peu moins bien l’acharnement de cet artisan local à vouloir construire à cet endroit précis…

La vue de Cocurès

Mais, avec l’appui du Maire, de la Préfecture, la procédure d’expropriation suit son cour. Le bonheur de l’un faisant le malheur de tous les autres…

Pourtant, à trois kilomètres et demi, à l’entrée de Florac existe déjà une zone artisanale, dans laquelle il reste des lots à vendre et à construire. Celle ci est située en bordure de la route nationale 106, elle est facilement accessible pour des camions, des semis remorques, déneigée en hiver, déjà défigurée.  Mais non, il est impératif de gaspiller ces terres agricoles, ce paysage, l’argent de la commune, du département et peut être un peu celui de la région pour construire une nouvelle zone trois kilomètres plus loin. Certes l’artisan en question devra prendre sa voiture pour se rendre au travail, et il ne pourra pas admirer de ses fenêtres son hangar flambant neuf, mais ces deux désavantages peuvent-ils justifier cet énième petit projet inutile. Énième petit projet qui se cumule à pleins d’autres et qui quand on les ajoute les uns aux autres finissent par faire, en quelques années la taille d’un département français.

Alors que sur la Côte d’Azur on déplore la mort d’au moins 17 personnes dues, au bétonnage systématique et anarchique des terres agricoles, à l’aveuglement des responsables politiques qui ont laissé construire n’importe où et n’importe comment, au dérèglement climatique qui aura tendance à accentuer la puissance des précipitations et dont nous sommes tous responsables, est-il nécessaire d’exporter ce modèle à la con un peu partout en France ?

La lutte continue

La Confédération Paysanne de Lozère, les propriétaires et le fermier continuent de lutter contre ce projet d’un autre temps, mais seront-ils entendus ? Vu la surdité et la cécité quasi générale de nos élus, les chances sont bien maigres…

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