L’incontinence des avatars. (0)

pré-texte

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« Dans la vraie vie, j’aurais exigé des excuses » (Grain-de-Sel, médiapart 2008)

Tout vient de là !

Explications :

J’y étais allé fort, à l’instinct, les doigts qui ont fourchés, le clavier qui dépasse la pensée et pan, je ponds un commentaire incendiaire, que tape-je, insultant. Grain-De-Sel me le fait remarquer mais, bon, il le dit, on n’est pas dans la vraie vie. N’empêche, je m’excuse quand même, et depuis, j’ai des petits vélos dans la tête parce que mine de rien, c’est une sacré question : « est-ce qu’on est dans la vraie vie ?»

 

Je n’ai pas de réponse, là, tout de suite, mais ça commence à venir ( d’ailleurs, je ne vais pas en rester qu’au pré-texte). Par contre, des questions, plus je lis de commentaires, plus j’en ai.

 

Exemples de commentaires rencontrés, édifiants, étonnants, improbables dans la vraie vie :

« Votre article est totalement inintéressant » ou « bof… » ce qui en matière de paradoxe se pose là ! Dans la vraie vie, on aurait dit un truc du genre : « je tiens à vous faire savoir que vous me laissez complètement indifférent ». Mais il y a plus fort : c’est ceux qui répondent « si c’est pour poster des commentaires comme ça, vraiment, c’est pas la peine ». Et cette absurdité peut ne pas s’arrêter là, s’étaler sur plusieurs couches, plusieurs jours, jusqu’à faire augmenter le nombre de commentaires concernant un article qui, du coup, se retrouvera classé comme l’article le plus commenté du journal ou du club. C’est à se demander si ce n’est pas l’auteur de l’article lui-même, qui, pour avoir sa production citée en ‘une’, poste le commentaire « c’est article est nul ».

Vous en voulez encore ?

« article nul ; désabonnement immédiat ! » avec postage de nouveaux commentaires, sur le même billet, dés le lendemain ! Croyez le si vous voulez, il y en a qui essaye de le retenir, de tous leur cœur, comme si perdre un abonné de médiapart équivalait à se faire arracher le foi.

 

Encore un peu d’absurdités ? (là, c’est le passage, ou je me fais plein de nouveaux amis d’un coup)

Cela devait arriver : médiapart se regarde le nombril :

« et comment on pourrait faire pour que ce soit mieux »

« et comment on pourrait classer les blogs »

« et comment on pourrait choisir la une du club »

« et comment on pourrait faire en sorte que tous les commentaires soient constructifs »

« et comment on pourrait tuer les pseudos »

« et vas-y que je te fasse une édition où on parlera que de ça… »

 

Il y a le pire, de tous, illustration suprême de l’absurde, c’est moi, qui vient d’en faire des tonnes sur quelque chose de « totalement inintéressant ». Mais les voilà les questions.

Pourquoi est-ce donc si important ? Pourquoi éprouve-t-on ce tel besoin d’exister sur médiapart et par extension sur le net ? Est-ce que « être » ici, c’est « être » ? Qu’est-ce qu’a changé internet à la vie ? Est-ce qu’on vit sur internet ? De quelle manière, je suis moi, sur internet ?

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