L'argent ne fait pas la bonheur, mais ... fait le football!

Les derniers remous autour d'un nouveau cas de joueur de football "sur-payé" et demandant plus d'argent soulève toujours plus de questions. D'où vient l'argent du football? Quelles règles président à l'établissement de ces salaires? L'agent du joueur - Alexandre Lacazette, puisque c'est de lui qu'il s'agit - parle de salaire "conforme" à un marché européen, mais quel est ce marché? Sur quoi se base-t-on pour définir le niveau d'un joueur?

Manifestement pour le joueur et son agent (la société qui gère ses intérêts, sic!), un salaire annuel de 4 millions d'euros, ce n'est pas assez ... Ces sommes sont aujourd'hui complètement inaudibles ... elles pourraient donner la nausée aux fans les plus fidèles du football. Si globalement le football draine des sommes d'argent ridicule au regard des transactions et sommes en jeu dans les hautes sphères de la finance (pour rappel, un article du journal "Le 1" d'il y a quelques semaines mentionnait que les actifs financiers gérés par la place londondienne s'élève à plus de 5'000 miliards de livres sterling (ou autrement écrit ... 5'000'000'000'000 de livres sterling)), les salaires que peuvent s'adjuger les joueurs de football, même de niveau moyen, restent incompréhensibles et devraient être régulés.

En effet, comment un joueur en début de carrière et qui a encore tout à prouver peut-il manifester de telles prétentions? A-t-on perdu tout sens de la mesure? Je reste encore "astonished" ... comme bloqué par la réaction de certains journalistes qui disent qu'un tel salaire est trop faible, comme peut-on? Dans les différentes interviews lus ces dernières heures, l'évocation de sa fidélité à son club pourrait faire sourire, mais surtout elle révèle beaucoup de choses sur l'évolution du football contemporain, où tout va toujours plus vite, sur la pelouse comme en dehors.

Comme d'autres joueurs encore fragiles partis trop tôt à l'étranger, un départ dans un très grand club pourrait aussi ralentir la progression de Lacazette, a-t-on seulement pris cette dimension en compte parmi les personnes "gérant les intérêts du joueur"? Ce ne sont pas ses statistiques sur une seule saison (certes très belle) qui en font un crack européen, pas encore ... et l'exemple lyonnais de Benzema n'est qu'une oasis au milieu d'une jungle de carrières brisées. Du reste, les récentes entrées en jeu (trop peu nombreuses pour tirer des conclusions définitives) en équipe de France soulignent bien certaines limites du joueur. S'il est sans doute plus compliqué de marquer dans le championnat de France - où prévaut une culture de la défense solide - que dans le championnat espagnol (et cela nous amène à relativiser les statistiques d'un Ronaldo et d'un Messi sur les dernières saisons), il faut comparer ce qui est comparable et surtout regarder les choses dans le temps, car la carrière des joueurs de football se construit dans la durée et dans une certaine stabilité. Mais tout se passe comme si les intérêts du football n'étaient plus qu'immédiateté, argent facile et contrat en or.

A bon entendeur.

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