Auprès de mon arbre

Je me suis dit que l’autorité ne s’invente pas. La confiance non plus. L’autorité et la confiance ne se décrètent pas. Elles existent, ou pas. Ce sont les autres qui vous les concèdent et qui vous respectent pour ça. Et ce pouvoir n’a ni l’une ni l’autre.

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On peut demander beaucoup à un peuple qui fait confiance.

Un peuple qui se sent menacé par les forces de l’ordre, qui voit défiler des images depuis des mois où des concitoyens se font molestés gravement alors qu’ils sont innocents -manifester est un droit, puisqu’il faut le rappeler.

Un peuple qui a compris que le pouvoir se gave à ses dépens -nous ne sommes pas dupes, Rugy n’est pas le seul- alors qu’une grande partie du peuple souffre, que des centaines de personnes meurent chaque année dans la rue, qu’on refuse d’accueillir dignement des personnes qui demandent l’asile et qu’on laisse mourir en mer et sur terre des hommes, des femmes et des enfants.

On peut demander beaucoup à un peuple qui fait confiance. A un peuple qui a compris qu’on ce fiche de lui, on ne peut plus rien demander.

Les riches ont profité de tous leurs privilèges pendant des siècles, sans se remettre en question. Ils ont le droit d’être riches.

Le peuple a enfin compris -intégré- que le (les) pouvoirs en place sont là pour protéger les riches et pas les pauvres qui ne sont pour eux qu’une variable d’ajustement pour enrichir toujours plus ceux qui le sont déjà. Et ça le peuple ne le supporte pas.  Sans les travailleurs qui sont aussi des consommateurs, il n’y a plus de richesses à se partager.

Jusqu’ici le pouvoir a menacé le peuple et l’a baladé avec des promesses rarement tenues.

Ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui, soit parce qu’ils sont incompétents soit parce qu’ils sont vraiment méchants, violente le peuple. Un jeune est mort parce que la police l’a repoussé dans la Loire en pleine fête de la musique. Ce n’était pas une « racaille » de banlieue. Une vieille dame est morte parce qu’elle fermait ses volets à Marseille. Ce n’étais pas une « racaille » de banlieue.

Des hommes et des femmes ont perdu un œil ou une main ou se sont fait gravement tabassés et tous ces drames sont passés à la télé. Des policiers se suicident en nombre. Il y a un problème évident pour tous sauf pour les responsables au pouvoir.

Le peuple se réveille, il se sent enfin concerné. Il ne fait plus confiance à l’autorité parce qu’elle n’en n’est plus digne.

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