Remettre le monde à l‘endroit

Va-t-on laisser dire que c’est grâce à l’extrême droite que l’Europe se réveille ? L’extrême droite servirait donc à quelque chose d’autre qu’à faire peur ?

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Depuis que le chef italien d’extrême droite a décidé de ne pas accueillir l’Aquarius, cette question me hante. Si on trouve une solution, certains, notamment ceux d’extrême droite vont dire que c’est grâce leur représentant. Qu’on puisse trouver une once de positif à l’action d’un tel individu me révulse. Il faut bien se rendre à l’évidence, c’est le cas, si l’Europe se décide enfin à se comporter de manière adulte, donc digne et humaine envers tous ceux qui prennent le risque de mourir pour sauver leur vie.

Deux autres bateaux de sauvetage sont en rade, on n’en parle guère. Il y en aura d’autres, beaucoup d’autres, n’en déplaise à tous ceux qui ne veulent pas faire de place à ceux qui fuient l’enfer. L'Aquarius arrive en Espagne ce matin. On nous dit que les Espagnols ouvrent grandes leurs portes. On pourrait rappeler aussi qu’ils ont mis le temps pour le faire même si en Europe ils ne sont pas les derniers. Ici aussi et partout en Europe, ils sont nombreux à ouvrir leurs portes et le plus souvent en silence. Ils ne font rien d‘autre que ce qu’ils jugent normal. En 2015 et en 2016, ce sont les Allemands qui ont été le plus accueillants et en Europe il y a des pays qui n’accueillent personne.

Ce n’est pas l’extrême droite qui doit dicter sa loi, ni ici ni nulle part.

L’extrême droite est une calamité et n’a rien de positif. Il n’y a rien à attendre d’un président ou d’un gouvernement d’extrême droite. Rien. Et ça il faut le dire et le répéter. Ce n’est pas l’extrême droite qui doit dicter sa loi, ni ici ni nulle part. Ce sont les démocrates qui doivent prendre leur responsabilité, toujours pour éviter qu’on en vienne à se poser ce genre de questions. Hier le président français a twitté que sa Brigitte et lui nous ouvrent les portes pour la fête de la musique à l’Elysée. Nous sommes chez nous chez lui, et lui est locataire, pour un temps parce que nous sommes un certain nombre à l’avoir décidé.   

Alors comme l’a dit à l’Europe un journaliste l’autre jour, nous aussi on a le droit de demander au Président de la République « On vous paie pourquoi ? » 

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