Gouverner c’est prévoir –ce qui n’a pas été fait à mon avis les dix années précédent 2012-. Ce gouvernement construit pour l’avenir. Il gère aussi l’urgence et le quotidien. C’est un vrai gouvernement de gauche qui ne se contente pas de réponses simplistes. Et qui ne renie pas les valeurs de gauche. Un gouvernement qui fait au mieux dans un contexte extrêmement compliqué et difficile.
Verbatim et video à voir pour ceux qui préfèrent.
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Le droit d’asile et l’immigration
Sur la question des migrations liées à des choses extrême terribles qui se passent au Moyen et au Proche Orient aujourd’hui, nous avons fixé une ligne qui consiste à dire à l ‘Europe qu’il y a une nécessité d’être clair sur les objectifs. Quand quelqu’un demande le droit d’asile, compte tenu de ce qui se passe dans son pays d’origine où il y a la guerre, on doit respecter les consignes et les règles du droit d’asile. Ça c’est la règle et c’est celle que nous appliquons. Et nous n’avons jamais changé d’avis sur ce sujet ! En même temps nous l’avons dit, et nous le répèterons, nous ne pourrons pas faire comme si nous pouvions accueillir tout le monde parce que ce la pose des question à la fois pour l’accueil, l’acceptation –le fait que nous sommes dans un moment où tout cela n’est pas facile et où le sens de la responsabilité nécessite que nous disions des choses en respectant des valeurs et des principes et en même temps qu’on fasse…
Coupé par Polony qui dit Il y avait déjà eu des attentats avant…
SLF Mais bien sûr, et il y eut la loi du renseignement après les attentats.
Polony « Il y avait eu une cellule fait par B Cazeneuve qui mobilisait un nombre incalculables d’agents sur des questions de statistiques, au lieu de les laisser sur le terrain pour nous prouver que la délinquance baissait… »
Nous avons voté une loi anti terroriste dès 2012, je vous rappelle. Puis une deuxième en 2014. Ensuite la loi sur le renseignement, suite à ce qui s’est passé au mois de janvier 2015. A chaque fois nous avons cherché à nous donner des outils pour lutter contre le terrorisme et lutter contre une menace qui existe et qui est perçue légitimement par les Français comme une menace extrêmement importante. Sur ce sujet nous sommes parfaitement clairs. Fermes, déterminés et en même temps respectueux des valeurs qui sont les nôtres.
L’économie, le chômage…
Ruquier : Je vous ai interrogé sur le score du FN et votre réponse laisse entendre que ce score ne serait dû qu’aux attentats et à l’immigration… N’y aurait-il pas d’autres raisons tout simplement sociales, d’un mécontentement des Français sur leur façon de vivre, leurs salaires, le chômage, qui sont peut-être les raisons principales du vote FN ?
Le vote FN, soyons clairs. Si vous en parlez ce soir à propos des régionales, c’est à cause du niveau qui a été atteint par le FN lors de ce vote. Il a aussi des liens avec le contexte. En même temps, le FN n’est pas arrivé avec les régionales. Il existait avant. Moi je me souviens très de ce qui s’est passé en 2002. Je n’ai pas oublié. Je tenais un bureau de vote. Je me souviens du résultat, le soir alors que j’avais vu passer toute la journée des gens qui me saluaient et avoir beaucoup d’empathie avec moi, j’avais vu que c’était JM Le Pen qui était arrivé en tête, J Chirac en second et L Jospin en troisième. Je m’en souviens parfaitement. Je n’ai pas oublié tout cela. Et j’ai bien vu dans ma circonscription, dès l’époque, quels étaient les niveaux atteints. Et d’ailleurs ça y ressemble fortement. 40 % dans le monde rural, la question de l’immigration n’est pas vécue comme quelque chose de concret qu’on aurait à gérer ; on est dans un monde qui se sent, c’est vrai, un peu à l’écart, abandonné et qui cherche à travers ce vote à montrer qu’il a une colère qu’il exprime.
Pour redonner de l’avenir et de la perspective, il faut aussi que nous soyons capables de remettre les choses à l’endroit. Qu’on donne certes des perspectives, qu’on parle des services publics, mais que les maires, les élus des communes rurales prennent bien conscience que ce n’est pas simplement en disant –il me manque ci, il me manque ça- qu’on règlera ce problème.
Salamé. M Le Foll, est-ce que la gauche aura autre chose à proposer à ses électeurs que d’aller aux urnes pour faire barrage au FN ?
La gauche a autre chose à proposer ; la preuve c’est que nous avons gagné cinq régions. Ce ‘est pas parce que nous avons fait un choix dans trois régions, là où il y avait un risque FN, que nous n’avions pas autre chose à proposer. Nous avons un bilan à défendre.
Nous avons une action qui est conduite. On peut la contester, je connais les oppositions qui peuvent être exprimées ici, sur ce plateau.
Nous avons fait des choses. Il faut que nous soyons capables de les valoriser, dans toutes leurs dimensions, et pas simplement sur les questions économiques. Aussi sur la dimension sociale. Aujourd’hui a été votée la loi sociale avec un certain nombre de choses, dont le tiers payant. L’accès de tous à la santé et à la consultation, sans avoir à avancer de l’argent pour pouvoir se soigner.
Salamé : 700 000 chômeurs de plus depuis trois et demi que vous êtes au pouvoir
Le sujet du chômage reste un vrai sujet. Nous avons fait des choix économiques, sur la responsabilité du pacte économique. J’ai bien regardé sur le secteur de l’agro alimentaire, ce que nous avons perdu comme volume de production, comme compétitivité globale en Europe et dans le monde et si nous ne traitons pas ces questions (cf le rapport du CICE qui indique qu’une partie de ce CICE a été pour revaloriser les salaires et en même temps pour sauver autour de 120 000 emplois) passons.
Nous avons créé des emplois d’avenir, nous essayons de mettre en place une politique de l’emploi, je le dis de manière très claire, je suis conscient qu’elle j’a pas donné suffisamment de résultats aujourd’hui.
Salamé Peut-on se poser la question si la politique économique appliquée depuis deux ans et demi depuis que M Valls est au pouvoir, sociale libérale qui est une politique de l’offre, est la bonne ? Soit elle est bonne et ne donne pas encore d’effets parce que vous ne l’appliquez pas au maximum (seulement cosmétique), soit qu’elle n’est pas bonne…
Quel est l’autre choix ? Vrai débat ! C’était celui de la demande. Donc de la distribution. De la dépense publique, voire de l’augmentation des salaires. L’autre choix c’est le soutien aux salaires et la dépense publique.
Salamé : la promesse de campagne de F Hollande
Je me souviens du débat au moment de la primaire. François Hollande n’a jamais changé d’avis. On a considéré dès le départ qu’on ne pouvait pas continuer à creuser un déficit qui ensuite augmente l’endettement sans prendre des risques énormes qui conduisaient un grand pays comme la France à avoir de grandes difficultés.
Salamé : Pendant la campagne F Hollande a promis de ne pas ratifié le traité merkozie qui fixait de limiter les déficits comme priorité numéro 1.
Ce que vous dites est faux. Ce qui a été dit c’est qu’il y aurait une renégociation pour faire en sorte que la croissance soit intégrée dans les objectifs.
Salamé pourquoi y a-t-il des chômeurs en plus ?
Parce qu’il y a une économie qui est en difficulté. C’est très clair. Et en grande difficulté. Tous ceux qui vous disent qu’il y aune mesure ou une politique qui va régler tout le problème en quelques instants, c’est des mensonges. Nous avons fait un choix stratégique parce que de toutes façons, l’emploi, la création d‘emplois, la capacité qu’a un pays d’absorber la population nouvelle qui arrive tous les ans, et la France a cette force par rapport à d’autres pays à avoir une jeunesse qui arrive sur le marché du travail, nécessite énormément d’efforts de redressement de l’ensemble de l‘appareil économique, et en particulier de notre appareil (inaudible parce que coupé…). J’espère que les résultats arriveront. Le plus tôt possible. Avant la fin du quinquennat.
Terrorisme, Etat d’urgence, Constitution
Moix Beaucoup de Français ont eu l’impression qu’après les attentats de Charlie Hebdo presque rien n’a été fait pour la sécurité nationale. Etat d’urgence. Inscription de l’Etat d’urgence dans la constitution
Nous avons fait, après les attentats de janvier, quand il y a eu une commission d’enquête puis la fameuse loi sur le renseignement. On nous a reproché alors d’en faire trop. Comme maintenant avec l’Etat d’urgence. Aujourd’hui, vous me dites, qu’on n’en fait pas assez. C’est sûrement le fond de la question. Quand il s’est agit de revoir le « plan sentinelle » puisque nous avions une loi de programmation militaire que nous avons revue à ce moment là, puisque nous avons maintenu la programmation militaire à 10000 soldats et on est revenu à 7000 et on a modifié la programmation militaire pour permettre de ne pas supprimer les emplois qui étaient prévus dans les armées. Après on a revu la loi globalement de manière générale pour les trois, quatre ans qui viennent.
Sur l ‘Etat d’urgence. Est-ce qu’il va durer ? Personne ne dit qu’il va durer. La seule question qui est posée, est : est-ce que dans la Constitution telle qu’elle est aujourd’hui, n’y a-t-il pas besoin de fixer un cadre qui fasse que lorsqu’on a besoin de répondre dans l’urgence à un problème de menace ou de terrorisme on puisse prendre des décisions à conditions qu’elles soient encadrées. Le sujet c’est de mettre un cadre qui permette que lorsqu’on a recours à l’Etat d’exception on soit dans un cadre dans lequel il y a des garanties.
Moix Est-ce que le terrorisme est une question d’urgence ? Riposte différemment proportionné après le 13 novembre qu’après janvier.
Nous avons réagi et pris la mesure de ce qui s’est passé en janvier et qui s’est encore amplifiée en novembre. C’est la première fois que dans notre pays des kamikazes sont venus commettre les actes horribles que nous avons connus.
Polony Les terroristes de janvier et de novembre étaient liés à la meme ville en Belgique. Tout le monde le savait. Alain Bauer l’a expliqué en janvier…
Il y a des sujets qui ont été mis sur la table à l’échelle européenne. Le niveau atteint le 13 novembre a nécessité qu’on revoie et qu’on renforce les mesures et qu’on agisse immédiatement. C’est vrai. Ceux qui ont agit le 13 novembre venait aussi de la ville belge en question. Coopération européenne. Enjeu de gestion et de coopération de l’ensemble des services à améliorer, à travailler. Convaincre l’ensemble des pays européens qu’on ne s’en sortira pas. Il n’y a pas un pays (européen ndlr) qui n’est pas menacé.
La Turquie est un enjeu majeur. Parce qu’elle a une frontière avec la Syrie et l’Irak. Après on peut dire à chacun ce qu’il doit faire. Il faut que nous ayons parfaitement conscience que nous avons besoin d’une Turquie qui joue le jeu de l’alliance contre l’ei et contre daesh. On pourra toujours critiquer et prétendre qu’il n’y a qu’à dire à la Turquie –on n’a pas besoin de vous, c’est pas comme ça qu’il faut faire- moi je vous le dis. Ce serait une erreur stratégique et aurait des conséquences colossales. Il faut aussi considérer de temps que ce que nous faisons politiquement ça parle à la responsabilité qu’on a. On ne peut pas désigner comme ça, ceux qui sont biens, ceux qui sont mals et leur dire, dégagez on va tout faire tout seuls.
Salamé On est frappé pour ce qu’on est pas pour ce qu’on fait. N aurait été frappé de toutes manières, coalition en Syrie ou pas. Et à ces jeunes qui basculent de l’autre côté, qu’avons-nous à leur offrir ?
Nous avons bien sûr une part de responsabilité, puisque par exemple, nous avons un chômage extrêmement important depuis quinze ans. Une part de responsabilité aussi dans une mutation qui est en cours et qu’on ne veut pas regarder. Je regardais ce qui s’est passé avec la COP21 ; n n’en a pas parlé, du succès de la France. On réunit 150 pays, 150 chefs de gouvernements, pour obtenir un accord universel qu’on a jamais obtenu, (vous considérez à N Polony ndlr) que ce n’est pas un succès.
La COP 21 est le résultat, 21 ans après la fermeture des mines dans un certain nombre d’endroits qui aujoud’hui connaissent la désespérance et le vote FN d’une mutation d ‘une économie qui est passée (pour ce qui nous concerne) du charbon et du pétrole, qui va passer à autre chose. Comment fait-on pour que cette autre chose offre des perspectives et de l’avenir ? Ça c’est la question.
Vous ne voulez pas regarder cette mutation. Il faut que nous soyons capables d’investir de ce qui va être demain ; des projets qi vont créer de l’emploi. Je suis parfaitement conscient que vous allez me dire que ça fait trois an et demi qu’n est là et que faisons-nous ? Nous essayons de construire tout cela. C’est pour cela que je faisais le lien entre l’avenir et la COP 21. Cette mutation nous a causé d’énormes problèmes. Elle a commencé avec la crise pétrolière.