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Billet de blog 25 septembre 2016

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Harkis : la reconnaissance, enfin

« Je reconnais les responsabilités des gouvernements français dans l’abandon des Harkis ; des massacres de ceux restés en Algérie, et des conditions d’accueil inhumaines des familles transférées dans les camps en France. Telle est la position de la France ». François Hollande, président de la République, 25 septembre 2016

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Hommage de la France aux Harkis

« (…) Vous faisiez confiance à la France parce que vous vous êtes battus pour elle. Vous ne pouviez pas imagier qu’elle puisse vous abandonner. C’est pourtant ce qui s’est produit.  Le gouvernement de l’époque a refusé d’organiser le rapatriement des Harkis vers la métropole. La France a alors manqué à sa promesse. Elle a tourné le dos à des familles qui étaient pourtant françaises. Beaucoup, désarmées, furent libérées à elles-mêmes et sacrifiées. D’autres espéraient en la France pour être reçus, débarquèrent, malgré les instructions officielles, sans ressources, sans attaches et furent accueillies dans des conditions indignes. Regroupées dans des camps en grand nombre, ils y restèrent pendant des années. Ils furent astreints à des travaux pénibles dans des forêts, sans perspectives professionnelles. La prise en compte de leurs droits fut longue à obtenir et leurs enfants ont souffert de ne pas être pleinement intégrés dans la République. Voila la vérité. La dure vérité. Elle n’est pas simplement la vôtre, celle que vous avez vécue, ou celle que vous avez transmise ; cette vérité est la nôtre, et je l’affirme ici, clairement, au nom de la République. Je reconnais les responsabilités des gouvernements français dans l’abandon des Harkis ; des massacres de ceux restés en Algérie, et des conditions d’accueil inhumaines des familles transférées dans les camps en France. Telle est la position de la France. La France n’est jamais vraiment à la hauteur de son histoire lorsqu’elle se détourne de la vérité ; En revanche elle est digne et fière lorsqu’elle est capable de la regarder en face. Et c’est en ayant cette lucidité sur ces pages les plus sombres que nous pouvons éprouver une légitime fierté sur les plus glorieuses. C’est notre grandeur que de savoir reconnaître les souffrances, sans taire les fautes.  Les blessures, ces blessures, vous les portez encore, car la République a mis du temps, trop de temps pour réparer. Il a fallu attendre 1974, douze ans après la fin de la guerre d’Algérie pour que votre statut d’anciens combattants vous fut enfin accordé. Je veux rappeler que pour les Harkis restés en Algérie  il a fallu attendre 2010 pour qu’il en soit ainsi. (…)

Je veux rappeler que les Harkis et leurs descendants n’ont jamais voulu autre chose que la République.

L’égalité, qui vaut pour tous dans notre pays. Quelles que soient ses origines ses parcours, sa couleur de peau ses croyances, dès lors qu’ils sont tous des enfants de la République. Egalité des droits,  égalité des chances, égalité aussi au nom de l’histoire, que chacun est fondé à demander quand son histoire a été blessée. Je sais ce qu’est encore trop souvent la douleur des discriminations qui doivent être inlassablement combattues car elles contredisent les promesses mêmes de la République. Les Harkis et leurs descendants le savent bien. Ils l’ont connu et la connaissent encore. Ces discriminations et préjugés, le racisme, l’ignorance, l’intolérance. Mais les Harkis aussi sont fiers. Et la France est fière aussi de la réussite de leurs enfants et de leurs petits enfants. Hauts fonctionnaires,  chefs d’entreprise, médecins, professeurs, artistes, Ils donnent à la France le meilleur.   Et grâce à vous ils ont enrichi notre pays. (…)

La reconnaissance de la responsabilité de la France est un acte symbolique qui fait avancer la paix des mémoires, de toutes les mémoires de la guerre d’Algérie ; de ses mémoires blessées. Elle les réconcilie sans les confondre mais surtout sans les opposer. Tant de nos concitoyens restent liés à l’Algérie par leur histoire familiale, par leurs souvenirs, par les liens qu’ils continuent d’avoir avec ce pays ami. La grandeur est toujours du côté de ceux qui réparent plutôt que ceux qui séparent. Cette reconnaissance, celle que je viens de faire c’est un acte de confiance de la France, pour la France. C’est ce qui nous permet de vivre ensemble » (...).  

François Hollande, président de la République, 25 septembre 2016

Et le droit de vote Monsieur le Président ça fait partie de l'égalité, non ? 

Discours à la journée nationale en hommage aux Harkis © Présidence de la République

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