Refuser la violence physique

« Il y a des évidences dans une démocratie et la première c’est le refus de la violence physique. Vous avez tous les moyens, toutes les libertés, l’expression, le défilé, la manifestation, les slogans, ce que vous voulez… Mais pas la violence physique. Pas l’agression des êtres humains. » Robert Badinter

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« Rien n’excuse une telle démonstration. La représentation d’une tête au bout d’une pique n’est rien d’autre qu’une guillotine au bout d’une nuitée. Et pour moi, à mes yeux, c’est absolument, totalement condamnable. On ne peut pas admettre dans la République française, dont je rappelle la devise, on ne peut pas admettre que quel qu’homme politique que ce soit, quelle que femme politique que ce soit, qu’on puisse mettre sa tête au bout d’une pique, avec ce que cela signifie. Ce n’est pas admissible. Je le dis. Et du fond du cœur. Il n’y a a aucune cause qui justifie ça. Aucune. Derrière le symbole il y a la pulsion. Et si la pulsion c’est la haine et la volonté de détruire, physiquement, par cette représentation symbolique, physiquement, l’adversaire. Et ce n’est pas tolérable. Qu’est-ce que c’est une démocratie, sinon un Etat de droit respecté par tous. Il y a des évidences dans une démocratie et la première c’est le refus de la violence physique. Vous avez tous les moyens, toutes les libertés, l’expression, le défilé, la manifestation, les slogans, ce que vous voulez… Mais pas la violence physique. Pas l’agression des êtres humains. Pas non plus la symbolique qui est celle de la mort. Parce que la mort n’est pas compatible avec nos idéaux. La mort donnée par l’homme à l’homme. La peine de mort c’est autre chose, c’est un problème judiciaire. La mort donnée par violence à l’être humain. Ça je ne l’admettrai jamais. Et ceux qui s’abandonnent à ça, sont déjà hors de la démocratie. » Robert Badinter, sur France 5 à partir de 17’49

Merci Monsieur d'avoir rappelé cela.

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