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Billet de blog 14 avril 2012

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Auto détermination ? Indépendance ? Sixième République !

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Certains media "nationalistes" et indépendantistes guadeloupéen nous interrogent avec apreté sur ce qui leur semble une question : le droit à l'autodetermination du peuple guadeloupéen et sa future indépendance nous leur répondons : Auto détermination ? Indépendance ? Sixième République ! Jean Luc Mélenchon et le Front de Gauche se sont prononcés clairement pour la mise en œuvre d'un processus constituant, la désignation d'une Assemblée Constituante, devant aboutir à l'élaboration de nouvelles lois fondamentales, fondant la 6ème République. Dans cette démarche, il s'imagine aisément qu'un débat devant associer toutes les parties prenantes devra s'instaurer, permettant d'inventer un nouveau rapport entre les régions et l'Etat, entre les outre mers et l'hexagone. Ce statut sera, à mon sens, intégré à la nouvelle constitution. Pour cette nouvelle République qu'il appelle de ses voeux, le Front de Gauche pèsera pour que soient retenues certaines caractéristiques, d'ailleurs exposées dans son programme : Elle devrait mettre fin à la "monarchie présidentielle" et renforcer le pouvoir législatif (et donc le Parlement) face à l'exécutif, par exemple. Elle devrait surtout se définir comme sociale, fraternelle et solidaire, ce qui est loin d'être le cas de la 5ème République. Un principe républicain devrait toutefois, selon nous, rester intangible : l'unité et l'indivisibilité du peuple français, qui fondent celles de ses lois (JJ Rousseau). C'est ensemble que nous délibérons les lois, et c'est pour tous qu'elles s'appliquent sur tout le territoire de la République. Si le peuple n'est plus un et indivisible, alors ses lois ne le sont plus non plus et on assiste à une constellation de droits locaux et de particularismes sur lesquels il devient très aisé de fonder des inégalités insupportables : c'est une spécialité connue des régimes libéraux, qui, de plus, mettent les territoires en concurrence au lieu d'organiser la solidarité. Mais l'universalité de la loi ne s'oppose pas à la reconnaissance de particularités, de diversités, de spécialités à l'intérieur de l'ensemble français. Il n'est pas questions de tout niveler, de tout raboter et de faire semblant de croire qu'il n'existe pas de spécificités et de caractéristiques très diverses dans toute l'étendue de la République. De nombreux Français sont attachés de façon passionnelle à leur territoire, à leur culture, à leur identité locale. C'est particulièrement vrai en Guadeloupe, où il existe des marqueurs forts de cette identité : - Son insularité, qui suffirait déjà à la rendre très différente d'autres régions, - Son parler créole, qui, pour certains guadeloupéens, est encore la langue maternelle, dont la pratique dépasse largement l'archipel, et se trouve partagée dans l'ensemble caraïbe, et plus largement encore, - Son histoire, tragique par bien des aspects , au cours de laquelle, comme en Amérique Latine, les peuples premiers ont été odieusement martyrisés au nom d'un universalisme colonial abstrait et où des Hommes, réduits en esclavage et déportés, ont été honteusement exploités, et niés dans leur humanité. Cette histoire marque encore profondément l'inconscient collectif de la Guadeloupe. Personne, au Front de Gauche, ne veut l'oublier, ou la passer par profits et pertes, en faisant mine de croire que tout cela n'a plus aujourd'hui d'importance. Il est indéniable que la culture guadeloupéenne, qu'il faut protéger et faire vivre aujourd'hui et demain, tire ses racines de ce passé et de cette histoire. Personne, au Front de Gauche, ne pense que toutes les civilisations ne se valent pas, et doivent être hiérarchisées. Nous laissons cela à l'actuel ministre de l'Intérieur et au Front National. La culture, l'identité guadeloupéenne ne sont ni meilleures, ni pires que d'autres. Elles sont. Elles doivent trouver toute leur place, et tous les moyens de rester vivantes et de se développer, au sein de la 6ème République que nous appelons de nos vœux. Guilhem Saltel 09/04/ 2012

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