Israël - Palestine, un manque de volonté politique

L'échec des négociations, et la montée des tensions sont clairement imputables à Israël.

La visite de l'esplanade des mosquées par Ariel Sharon en 2000, ayant déclenché la seconde intifada montrait déjà clairement un manque de "tact" politique. Tout comme les décisions colonialistes engagées par les israéliens à chaque ouverture des négociations de paix .

Même six des anciens directeurs du Shin Bet, alors les plus à même d'avoir une vue claire sur la situation, reconnaissent cette absence de volonté politique, dans un documentaire Arte de 2012, "The Gatekeepers".


Ni même Ben Gourion, ou Golda Meir n'auraient imaginés le dixième des concessions que sont prêts à faire les Palestiniens aujourd'hui, à savoir : 

- Un état palestinien sur les frontières de 1967, incluant de larges legs territoriaux sur les colonies déjà implantées en bordure de la Cisjordanie.

- Un état palestinien démilitarisé, et sous contrôle d'une puissance militaire à long terme.

- La reconnaissance de l'état d'Israël comme état juif.

- Jérusalem-est comme capitale de la Palestine, et la partie Ouest comme celle de l'Israël.

- Un partage équitable de l'eau.

 

Les concessions Palestiniennes sont claires, sages, et louables. Les palestiniens son prêts à s'amputer les deux bras et les deux jambes pour survivre, mais Israël n'a pas même le courage de se couper le petit doigt en signe de bonne volonté.

 

Pourquoi ?

 

Parce que la droite israélienne actuellement au pouvoir à fait de son cheval de bataille la sécurité d'Israël. Elle a "chauffé" son électorat en faisant passer les palestiniens  pour des sous-hommes, cachés sans distinctions derrière l'étiquette de terroriste. La peur a toujours fait voter, et Netanyahu et consorts en ont pleine conscience. La propagande israélienne porte sur la victimisation des juifs, incompris de tous. Permettant ainsi de traiter la plupart des organisations internationales avec mépris, et de considérer en retour les palestiniens, comme se faisant passer pour des victimes. 

Netanyahu et son parti ne pensent pas à ce qui se passera dans 20 ou 30 ans, ce qui leur importe c'est d'être réélus. Après toute la campagne qui a été faite depuis des années à l'encontre des Palestiniens, dans une visée populiste et électoraliste, signer un accord de paix au prix de concessions reviendrait à tuer la droite israélienne, et laisser la place à une extrême droite encore plus virulente, qui pointe déjà plus que le bout de son nez.

La politique israélienne est prise à son propre jeu, dans une spirale sans fin. Pourtant, la sécurité dont elle fait son leitmotiv, passe ironiquement, de façon inévitable, par un accord de paix avec les palestiniens.

Le jour où un élu israélien aura le courage de signer un accord de paix avec l'autorité palestinienne, sera le jour de son suicide politique dans l'intérêt de la nation israélienne. 

Yitzhak Rabin en a fait les frais, le jour où Israël et Palestine étaient au plus proches d'un accord de paix.

Qui aura le courage, en marquant son nom dans l'histoire, d'affronter les masses galvanisées et haineuses, dans leur propre intérêt ?

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