GOOD NEWS | Pro-israéliens et pro-palestiniens s'affichent ensemble pour la paix.

Suite aux manifestations de soutien à la Palestine, à l'indignation générale ressentie dans la plupart des grandes capitales en réaction aux frappes Israéliennes, et aux réactions parfois teintées de ce qui est qualifié d'antisémitisme, plusieurs associations Juive et pro-palestiniennes ont rencontré les autorités publiques afin de définir le comportement à adopter vis à vis des menaces qui pèsent sur leurs communautés.

Le Ministre de l'intérieur a d'abord qualifié le caractère inadmissible les propos tenus par certains manifestants à l'encontre des juifs et des arabes, puis a proposé aux différentes représentations d'adopter des positions plus nuancées à l'égard du conflit Israélo-Palestinien afin de « dissocier le soutien à la politique israélienne et au Hamas de la lutte pour la paix et la justice ».


Après la réunion, le président de la ligue Juive pour un Israël laïque (LJIL), Jan Dolgin, s'est déclaré ravi de cette initiative. Dans un long communiqué il a rappelé que « Tous les juifs ne soutiennent pas la politique d'Israël, une politique que nous rejetons, qui est à l'opposé de notre conception de l'État démocratique. Nous ne supportons plus d'être associé aux actions entreprises par la politique d'extrême droite en Israël, et d'en payer les conséquences. Beaucoup de juifs sont incités à apporter leur soutien indéfectible à Israël, sans quoi il sont considérés comme des traîtres, des parias ou des imbéciles. Depuis des siècles nous avons survécu en étant soudé, en étant unis. Aujourd'hui, si nous voulons survivre, nous devons apprendre à revendiquer nos différences, à les respecter, en commençant à rejeter l'idée que la politique d'Israël soit celle de tous les Juifs. Nous voulons éviter que les politiques israéliens ne volent les voix de la diaspora pour peser sur la scène internationale et justifier les actions qu'ils entreprennent, et que nous en payions le prix ici, en France».


Une autre association, la CDJF (Communauté des Juifs de France), par la voix de son représentant Simon Goldman, s'est démarquée en adoptant une ligne plus dure, arguant « que le fait de se désolidariser de la politique israélienne permettait de différencier le judaïsme et le sionisme , faisant ainsi le jeu des ennemis d'Israël et des antisémites pour qui l'anti-sionisme est un refuge. Cependant, a-t-il continué, nous rejoignons l'idée que les Juifs de France ne sauraient être tenus responsables de la politique israélienne ».

 

Le ministre de l'intérieur a ensuite reçu plusieurs associations pro-Palestiniennes, telles que FP (Free Palestine), dont le président Bouboul Deymareh, s'est immédiatement exprimé à la suite de la réunion : « Le ministre s'est trouvé à l'écoute de nos revendications et de nos attentes sur plusieurs points même si aucune position officielle n'a été prise et, qu'encore une fois, les institutions publiques et les institutions internationales renvoient les peuples, par la voix de leurs associations, à leur seule responsabilité dans la gestion des troubles qui secouent le pays, et dans la non-résolution du conflit [Israélo-Palestinien ndlr]. Cette responsabilité nous allons continuer à la prendre devant l'inaction de la communauté internationale, en commençant par souligner que la pression vue, entendue et ressentie par la communauté juive dessert la cause Palestinienne. Il faut d'éviter qu'elle promeuve l'Alya [l'immigration en terre d'Israël. Ndlr] dont la conséquence serait la construction de nouveaux logements et colonies au détriment du peuple palestinien. Sans compter que nous ne voulons pas que le combat que nous menons soit associé au racisme et aux violences abjectes qu'il colporte». Interrogé sur sa position vis à vis du Hamas, M. Deymareh a souligné que « le mouvement « Free Palestine » ne saurait apporter son soutien à un groupe tel que le Hamas qu'il considère comme une mafia dont les actions s'avèrent bien souvent contre-productives, même si, a-t-il ajouté nous pensons qu'Israël a créé les conditions nécessaires à l'émergence d'un tel groupe ».

 

Si plusieurs associations n'ont pas répondu à l'invitation du ministre ou que d'autres n'ont pas souhaité s'exprimer après la réunion, des représentants des associations juives et palestiniennes ont choisis de s'afficher ensemble pour souligner, dans une déclaration commune, que « la gestion du conflit ne saurait se faire autrement que par le dialogue au travers d'une volonté commune d'aspirer à la paix ».

 

Un député de la majorité souhaitant rester anonyme a tenu à réagir en critiquant « une mollesse mielleuse visant à susciter l'émotion, revenant à dire que le ciel est bleu un jour de beau temps, maintenant il faut apprendre à gérer les jours plus sombres ».Tout en reconnaissant l'utilité d'une telle démarche à court terme, « qui pourrait apparaître pour les plus optimistes comme un premier pas vers une solution pacifique au conflit ».

 

Cette initiative répond à une série de mouvements lancés un peu partout dans le monde depuis que des militaires israéliens ont décider de créer un élan de désertion dans l'armée, soutenu par des manifestations importantes en Israël qui se sont soldées par une répression d'une rare violence de la part de la police, induisant de nombreux blessés. Plusieurs organisation extrémistes avaient aussi participé à ce que certains qualifient de « ratonnade » lors de ces évènements.


source : le journal des bonnes nouvelles

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.