De l'importance de manger sainement et prendre la responsabilité de son corps

Il existe tant et tant de conseils, arrivant de tous les côtés, pour nous aider à trouver l’équilibre et la santé… Comment ne pas se perdre ?

S’il n’y avait qu’une seule astuce à partager, je choisirais celle-ci :

« Écoutez votre corps ».

Ne croyez personne sur parole, apprenez à vous observer vous-même.

Comme je l’écris à plusieurs reprises dans mon livre, nous sommes conditionné.e.s par une société nous poussant à la déresponsabilisation. Nous sommes pris.e.s en charge du matin au soir. On fait pousser nos légumes, on abat les animaux pour nous, on nous cuisine des plats préparés, on nous confectionne des médicaments, on nous emmène chez le médecin quand nos corps flanchent, et on nous rembourse (parfois) nos soins à l’hôpital. Bref, on s’occupe de tout ! On écrit nos lois à notre place, et on nous prépare des voyages organisés pour les vacances ! Notre chemin est balisé : du berceau à la tombe, « On s’occupe de tout, ne vous inquiétez de rien ! ». On gère même nos goûts musicaux et nos problèmes de conscience ! Et puis les assureurs sont là pour assurer nos vies, tandis que les banquiers nous vendent des crédits, pour que nous puissions tout acheter. Quelle aventure.

Bref, nous n’avons plus rien à gérer nous-mêmes : dès que nous avons besoin de quelque chose, nous payons, nous achetons, nous consultons… et le problème est censé se résoudre grâce à quelqu’un d’autre. Nous n’avons même plus besoin de penser puisqu’on le fait à notre place : nous ouvrons seulement la bouche pour avaler, et tendons nos fesses pour… recevoir la piqûre !

 

 

Pourtant, mieux que n’importe quelle étude scientifique, mieux que la sacro-sainte parole du médecin, ou mieux que les conseils alimentaires des ministères, il existe un thermomètre très efficace : notre corps. Ce corps, qui nous parle en permanence…

Seulement, sommes-nous à l’écoute des nombreux signaux qu’il nous envoie ? Par exemple, lors des repas : avant, pendant et après, l’écoutons-nous ? Puis, lors de la digestion, que se passe-t-il vraiment ? Prenons-nous le temps de regarder et sentir les aliments que nous mettons en bouche ? Mettons-nous de l’attention pour comprendre l’impact de chaque saveur sur notre organisme ? En vérité, la plupart du temps nous allons vite et mangeons sans conscience.

Comment réagissons-nous si nous buvons très froid, si nous mangeons gras, salé, cuit ? Que dit notre corps quand il digère de la viande, de la charcuterie, des légumes, des fruits, des produits laitiers ? Quel est alors son niveau d’énergie ? Si je palpe mes intestins, que disent-ils vraiment ? Que dit mon cœur, mon souffle ? Quelles sont mes vibrations ?

En règle générale, nous sommes très peu à l’écoute de nos sensations subtiles. Pourtant, chacune de nos cellules nous parle en permanence. En occident, tout se fait en vitesse. Depuis que nous sommes à l’école, notre attention est toujours détournée, happée par l’extérieur, ou bien piégée par nos propres pensées. Nous pratiquons peu la méditation et la pleine conscience.

Nous nous laissons dévorer par nos envies, nos désirs et nos plaisirs grossiers de la bouche ; puis, une fois le repas terminé, nous laissons notre concentration voguer ailleurs : vers la télévision, le smartphone, une discussion entre convives ou nos pensées. Pendant ce temps, notre corps digère, tant bien que mal, envoyant bien souvent des signaux de malaise : bâillements, fatigue, lassitude, ballonnements, acidités, flatulences, inconfort, douleurs… Et nous nous habituons.

Pourtant, pourtant… Notre corps, cette machine extraordinaire, nous envoie tant de signes en permanence, des plus grossiers aux plus subtils, dans le but que nous réagissions. En général, nous ne percevons que les douleurs les plus évidentes : quand nous avons du mal à digérer, par exemple... Bien souvent, il faut attendre l’apparition de vrais dégâts pour que nous lui accordions notre attention. Pourtant, le corps avait fait son travail : il nous avait prévenu·e depuis le début.

Chaque aliment, chaque type de cuisson, chaque boisson a un impact différent. Si nous sommes réellement à l’écoute, nous savons ce qui est bon, neutre ou nocif pour nous.

Il est temps, peut-être, d’essayer des choses ! Pourquoi ne pas tenter, pour commencer, de supprimer les produits laitiers (fromages, beurre, crèmes, yaourt…) pendant trois semaines, tout en observant très attentivement votre corps, jour et nuit ? Pourquoi ne pas expérimenter une cuisine sans gluten, sans trop de sel, sans sucre ni graisses saturées, pendant dix jours au moins, pour voir vraiment la différence ? Essayez tels types de fruits, de légumes ! Tentez de manger sans pain, sans pesticides, puis majoritairement cru ! Au fil de vos expériences, soyez à l’écoute : comment réagissez-vous ?

N’hésitez pas à noter vos repas et vos sensations correspondantes dans un carnet. Faites des essais, établissez des relations, des tendances… Votre corps va vous parler, vous le comprendrez de mieux en mieux.

Faites-vous un jus vert frais et bio, le matin. Croquez des fruits entiers. Alimentez-vous de salades crues ou cuisez vos aliments à la vapeur douce : que ressentez-vous ? Comment le vivez-vous ? Observez votre sommeil. Votre ligne. Vos pensées. Vos humeurs, votre moral. Écoutez les bruits de votre ventre. Baillez-vous encore ? Avez-vous des gonflements, des flatulences, des constipations ? Comment bat votre cœur ? Comment se sentent vos muscles ? Êtes-vous plutôt serein·e, ou anxieux·se ? Ressentez-vous de la tristesse ? De la joie ?

Nous avons la chance de conduire des véhicules magnifiques ! Nous sommes les pilotes de machines biologiques fantastiques : nos corps se réparent tout seuls, quand ils sont abîmés ! Vous rendez-vous compte ? Même les voitures les plus sophistiquées de la planète, celles qui coûtent des millions, ne valent rien à côté de nos véhicules à nous ! Ils sont magiques ! Nous pouvons même les guérir avec nos pensées ! Oui mais voilà, si nous mettons un carburant de très mauvaise qualité dans nos réservoirs et des huiles nocives dans nos moteurs, la magie s’arrête, nous n’avançons plus…

 

Beaucoup d’enfants se plaignent d’avoir des maux d’estomac ou d’intestins. Bien souvent, au lieu de trouver la cause réelle de leur malaise, on leur donne des médicaments pour les soulager (Gaviscon, Rennie…), voire même du Coca-Cola ! Ce n’est pas logique. Leurs petits corps lancent des alarmes, et nous ne faisons que boucher les haut-parleurs de leurs sirènes…

Je tiens à ajouter ici que « végane » n’est pas nécessairement un synonyme de « bonne santé ». Un végétalien peut développer des maladies liées à l’alimentation. Si nous n’avalons que des steaks ou des saucisses végétales (produits transformés), des chips, des pâtes, des frites, des pizzas, des biscuits, de la pâtisserie, des bonbons, des sodas et de l’alcool, nous aurons beaucoup de problèmes… Même s’ils sont végans, ces aliments ne sont pas faits pour nos corps d’êtres humains. Que nous le voulions ou non, nous sommes faits pour manger vivant et boire de l’eau. C’est ainsi que nous avons évolué, pendant des millions d’années. Certaines personnes véganes ont du surpoids, des maladies cardio-vasculaires, du diabète… Comme je l’explique au fil de mon livre, manger végétal est une chose, manger sain en est une autre.

La conclusion de cet article est que notre corps a ses propres capteurs et nous parle en permanence. Il nous faut apprendre à l’écouter, à le connaître, à tirer les conclusions qui s’imposent si nous voulons vivre heureux et en pleine santé. Si nous ne le faisons pas, qui le fera à notre place ? Notre intelligence, notre joie et notre élévation sont en lien avec l’épanouissement de nos milliards de cellules, qui ne demandent qu’une chose : être heureuses, comme nous. Quand nous les empoisonnons, nous leur faisons du mal… ce qui revient à nous faire du mal à nous. Manger bien, c’est vivre sa vie à haut niveau. Manger mal, c’est vibrer très bas, dans le monde de l’inconscience et du malheur.

Nous pouvons changer nos façons de faire mes ami.e.s, j’en suis la preuve vivante.

 

Il n’est jamais trop tôt pour être en bonne santé et revivre !

 

Guillaume Corpard

 

 

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