Incendies en Amazonie : la faute au capitalisme ?

A l’ONU aujourd’hui, on parle beaucoup des incendies en Amazonie... C’est alors l’occasion de se poser cette question : “Les incendies en Amazonie sont-ils la triste conséquence du “capitalisme” ? Mais c’est qui, le “capitalisme” ?”

Et si c'était nous ? Pensons à toutes ces vies. Les arbres, les plantes, les animaux, mais aussi... toutes ces vies humaines ignorées, bafouées, composant les tribus indigènes en Amazonie. Des humains et des humaines, comme vous et moi, obligé.e.s de quitter leur forêt, dans d'atroces souffrances psychologiques ou physiques. Pourquoi partent-ils/elles ? À cause de la folie humaine, de l'indifférence générale ? À cause d'un système économique broyant tout le vivant, qu'on appelle le capitalisme ? Ce serait une analyse bien limitée, une façon de s'en sortir avec bonne conscience.

Et si nous ouvrions nos cœurs et nos yeux bien grands ? Car finalement, soyons honnêtes : faire de froides analyses économiques et politiques, incriminant ces riches milliardaires qui pillent la planète, tout en ayant son assiette pleine de viande, est très dérangeant... N'oublions pas que la déforestation (donc ces incendies dévastateurs causés par des brûlis intensifs, ces déplacements de populations humaines…) n'existerait pas en Amazonie, si nous ne mangions pas « nos » animaux enfermés chez nous, en France, en Belgique, en Suisse... bref dans tous les pays de l'Occident.

Certes, cette idée ne nous met pas à l'aise : pourtant rappelons que 70% de la déforestation amazonienne est causée par l'élevage, en grande partie pour envoyer des millions de tonnes de soja transgénique en Europe, afin de nourrir les animaux, dans nos fermes intensives.

En vérité, si tout le monde veut manger de la viande (pensez aux 7 milliards d’êtres humains entassés dans de très grandes villes !), nous sommes contraints de faire de l’élevage intensif, obligés de détruire la forêt primaire et ces vies indigènes : cela fait bien longtemps que nous n'avons plus assez de place chez nous pour faire pousser des céréales.

Faut-il quelques chiffres pour s’en persuader ? Rappelons que 2/3 de nos terres agricoles sont destinées à faire de l'élevage dans le monde. Rappelons également que pour faire un kilo de bœuf, il faut 323 mètres carrés (vache bio ou non bio !), alors que pour produire un kilo de légumes, 6 mètres carrés sont nécessaires !

Nous ne pouvons plus nous cacher derrière une simple analyse anticapitaliste (avec laquelle je suis partiellement d'accord), car en attendant, notre indifférence à l'égard des animaux que nous dévorons en steaks, en sandwich, en bacon, en saucisson ou en nuggets, tue l'Amazonie et le reste de la planète.

Le capitalisme, c'est qui ? Uniquement les grands patrons avides, les grands actionnaires et la haute finance ? Ou est-ce nous tous, finalement, qui donnons notre consentement en massacrant ces milliards d’animaux enfermés à côté de chez nous, nourris au sang de l'Amazonie ?

Ouvrons les yeux ! Prenons nos responsabilités avec amour, le cœur grand ouvert ! Tout se tient : épargner et protéger les animaux, c’est non seulement éviter de leur faire du mal, mais c’est aussi participer au sauvetage de notre planète… et améliorer notre santé !

Regardons la réalité en face, les ami.e.s : nos habitudes, nos goûts, nos désirs et nos traditions sont tellement dérisoires face à la Vie.

C’est le moment de propager ces informations. Partageons-les, car elles sont la vérité. Une analyse politique, certes utile, ne doit pas faire l'économie d'une honnête remise en question individuelle et collective. Sinon, à quoi cela servirait-il d'exiger quelque chose des "autres" ?

Mettons les mots "Amour" et "Bienveillance" au centre de nos programmes politiques, aussi écologiques soient-ils ! Ce serait une première... Ainsi, peut-être, serions-nous en capacité de nourrir une vision d’avenir !

Avec tout mon amour,

Guillaume Corpard,
Auteur du livre “Un cri pour la Terre”

 

ps : les photos d'indigènes datent de 2017

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.