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Billet de blog 31 oct. 2019

Le foie gras : ce que l’on ne veut pas nous dire !

Le conseil municipal de New York a adopté hier, mercredi 30 octobre, un texte interdisant la commercialisation du foie gras à compter de fin 2022. Un grand pas contre la cruauté de cette pratique que je salue, en espérant qu’il sera suivi de beaucoup d’autres, en particulier en France, fief de cette “spécialité culinaire” !

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Faire du « foie gras », c’est l’art de gaver de force un animal pour se délecter ensuite de son organe malade. Cette maladie s’appelle la stéatose hépatique. C’est une maladie grave, douloureuse, qui est également connue chez les êtres humains. Cette pratique est une véritable maltraitance, c’est pour cela qu’elle est interdite en Allemagne, en Italie, au Royaume-Uni, en Autriche, en Finlande, au Danemark, au Luxembourg, en Irlande, aux Pays-Bas, en Pologne, en République Tchèque, en Suède, en Norvège, en Suisse, aux États-Unis, en Argentine… Il reste seulement quelques pays dont la législation permet encore de gaver ces malheureux oiseaux : parmi eux la France, l’Espagne, une partie de la Belgique… Ils deviennent de plus en plus rares, heureusement.

Pour bien comprendre ce qu’est le foie gras, revenons au début de la chaîne de fabrication de ce met de « fêtes ». Seuls les canards mâles (de la race des « mulards ») sont capables de développer un foie gras valable, aussi élimine-t-on les petites cannes dès la naissance. De la même façon que pour les poussins mâles dans la production des œufs, on jette ici les petites cannes dans un grand entonnoir métallique, pour les broyer vivantes (des photos sont visibles sur internet). Certaines « rescapées » partent pour les Pays de l’Europe de l’Est, afin d’y être élevées et abattues.

Les mâles grandissent pendant quatre-vingts jours environ. Puis vient la période de gavage, qui dure 10 à 12 jours pour les canards et 18 à 20 jours pour les oies. Le foie gras d’oie est plus rare. En effet, 66 millions de canetons naissent chaque année, contre « seulement » 700 000 oisons.[1] 

Alors commence le calvaire. Deux à trois fois par jour, on leur enfonce de force un long tube dans le gosier, jusqu’au jabot. On leur injecte quotidiennement cinq cents grammes d’une nourriture riche et déséquilibrée (généralement du maïs). Si le gavage artisanal dure une vingtaine de secondes par animal, le gavage industriel, plus largement répandu, prend seulement trois secondes. En effet, une pompe hydraulique ou pneumatique envoie puissamment la nourriture dans le corps de l’oiseau. Ces animaux vivent alors un enfer : il suffit de visionner les films et photos « volés » par l’association L214, dans ces hangars sombres où l’on gave les oiseaux. Ceux-ci sont souvent totalement confinés, ne pouvant ni se retourner, ni battre des ailes… le but étant, justement, de leur éviter tout mouvement pour un engraissement rapide. Les malheureux suffoquent : leurs sacs pulmonaires sont compressés par un foie grossissant de… dix fois son volume initial ! Certains ont le bec cassé, le gosier abîmé. Même s’ils sortaient de leurs cages, ces animaux ne pourraient plus marcher, ni voler. Nombre d’entre eux développent des infections aux pattes (dermatites), des fièvres aiguës, des diarrhées... Beaucoup meurent pendant la période de gavage, à cause du choc imposé à leur corps : les rapports indiquent que la mortalité est de dix à vingt fois plus importante qu’en période d’élevage.

Pourtant, les éleveurs expliquent qu’il est « naturel » que le foie de ces oiseaux enfle ainsi, car les canards mulards sont des oiseaux migrateurs s’engraissant habituellement avant chaque voyage. De plus, ils précisent que la stéatose hépatique est « réversible ». Comment peut-on comparer le processus naturel permettant aux canards d’assurer l’effort physique de leur migration, et le gavage ? Ces oiseaux sont censés conserver une bonne santé pour voler des jours durant ! Or à la fin de cette période de gavage, ce ne sont pas des voyageurs prêts à décoller que nous voyons… mais des êtres salis, blessés, en hyperventilation et au bord de la mort.

Une fois gavés et malades, on les jette sans aucune délicatesse dans des caisses de transport, pour les emmener à l’abattoir. On les étourdit alors à la chaîne, par électro narcose. Lors de la saignée, il arrive que certains se réveillent. Je vous laisse imaginer le plaisir que prennent ces volatiles « migrateurs » pendant toute cette aventure…

Le foie gras est un met de fête. Nous trinquons au champagne, en souhaitant bonheur, réussite et amour à nos amis, un toast à la main ! À Noël, au Nouvel An, pour les anniversaires ou lors de célébrations particulières en famille, tout le monde semble heureux et soudé autour d’un « bon » foie gras et d’une « bonne » bouteille. Je ne dis pas que dans ces circonstances, nous pensons à mal ! Je l’ai fait moi-même, tant de fois… C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il me semblerait déplacé de juger ceux qui le font encore… Cela dit, l’occasion nous est donnée aujourd’hui de constater nos décalages entre nos intentions bienveillantes et nos actes. Nous remplir la panse, être à l’écoute de nos papilles gustatives, ne nous empêche pas de prendre un peu de recul de temps en temps.

Car oui, on peut changer. Tout le monde peut changer ! On peut refuser la souffrance de ces animaux qui n’ont rien demandé, en se conditionnant à apprécier de nouvelles choses. Le goût du foie gras ou du confit de canard, il passe. Comme le reste ! Ce n’est pas parce que nos parents ou nos grands-parents toléraient ce genre de pratique, qu’il est juste de les tolérer aujourd’hui. Nous ne sommes pas contraints de reproduire les mêmes choses. Rien ne nous y oblige. Nous ne sommes pas seulement des palais et des estomacs : nous sommes avant tout des êtres qui évoluent et progressent. Je vous le dis, les amis : si j’ai pu le faire, tout le monde le peut ! La volonté, la force spirituelle, nous libèrent de nos chaînes. Qu’il serait triste, de se contenter d’être l’esclave de ses goûts et de ses habitudes ! Serions-nous des prédateurs dirigés uniquement par leurs désirs et leurs instincts ? Il me semble que nous soyons venus pour faire autre chose…

Je vous fais une promesse : dès lors que l’on fait de nouveaux choix, fondés sur des valeurs qui nous élèvent, tout devient facile. Le goût des choses, tant aimé autrefois, devient anecdotique, voire insignifiant.

Le gain intérieur qu’apportent de nouvelles pratiques plus élevées et plus saines, est infini.

Avec tout mon amour,

Guillaume Corpard,
Auteur du livre “Un Cri pour la Terre”,

“Un Cri pour la Terre”, disponible ici : http://shop-parhelie.com/index.php?id_product=22&id_product_attribute=0&rewrite=un-cri-pour-la-terre-de-guillaume-corpard&controller=product

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[1] Source : L214 Éthique et Animaux.

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