Les deux enseignements que le pouvoir aurait dû tirer du mouvement "Gilets jaunes"

Le mouvement "Gilets jaunes" ne pourra jamais déboucher sur rien de réellement concret et durable. Tout au plus des promesses et quelques concessions de la main droite qui seront vite reprises (avec intérêts débiteurs!) par la main gauche...

Le mouvement "Gilets jaunes" ne pourra jamais déboucher sur rien de réellement concret et durable. Tout au plus des promesses et quelques concessions de la main droite qui seront vite reprises (avec intérêts débiteurs!) par la main gauche.

En effet, plus de quarante revendications ont été recensées, qui couvrent un champ qui va du logement (“Zéro SDF!”) au retour au septennat, en passant par la fiscalité, le refus de la privatisation des infrastructures nationales (aéroports, barrages, routes...), les effectifs scolaires, le redéploiement des services publics (bureaux de poste, écoles, maternités...), etc. etc. (Mais en réalité, il y a probablement autant de revendications que de “Gilets jaunes”...)

Par ailleurs, “le”(?) mouvement, aux yeux du “pouvoir”... ne représente aucun danger. Pourquoi? Parce qu'il peut le réprimer par l'usage de la force publique, car les “Gilets jaunes” violent, dès le premier jour, un droit constitutionnel: la liberté de circuler. Un droit fondamental qu'eux-mêmes, comme chaque citoyen français, revendiquent, et que “le pouvoir” doit protéger!
Qui plus est, aux yeux des gouvernants, ce mouvement n'a pu former aucune entité socio-politique. Là encore, c'est la diversité qui le pénalise. Les “Gilets” sont à la fois chômeurs, mères au foyer, employés, ouvriers, fonctionnaires, militants associatifs, retraités, “sdf”, etc. etc., sans être jamais “un”. Ils ne peuvent donc constituer une force politique: personne ne peut les représenter et parler en leur nom.

Et pourtant...

Pourtant, on peut tirer deux enseignements de ce mouvement:

  1. Le Peuple français exige – maintenant – la démocratie participative!
  2. Et s'il le faut, il accepte – déjà – de se faire violence pour l'obtenir!

Le premier enseignement, on le tire justement de la diversité des revendications et des acteurs: ne nous montre-t-elle pas, cette double diversité, que c'est bien “le peuple” qui veut... se mêler de toutes ses affaires!?

Le second, on le tire d'un paradoxe caché: les “Gilets” on fait violence à leurs concitoyens en portant atteinte à leur liberté de circuler; certes, mais... leurs concitoyens les ont quasi unanimement soutenus!

En fait, le régime devrait trembler, car quand le Peuple français accepte de se faire violence pour obtenir quelque chose... ne finit-il pas par la prendre?!

Mais bien sûr, nous ne sommes plus en 1789. Il nous faut mobiliser d'autres moyens que la seule violence de rue pour “prendre” ce qui nous appartient...

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