États-Unis : comment les pro-Sanders ont fait perdre Clinton

Déjouant tous les pronostics, Donald Trump a largement remporté l'élection présidentielle. Comment Hillary Clinton a t-elle pu perdre une élection considérée si facile ? La réponse est sans doute à aller chercher dans la participation de certains types d'électorats, et en particulier celui qui avait soutenu Bernie Sanders lors des primaires.

La victoire éclatante de Donald Trump trouve sa source dans les États clés qui ont quasiment tous basculé en sa faveur : l'Ohio, la Floride, la Pennsylvanie, l'Iowa, le Michigan et la Caroline du Nord. Une hécatombe. Sur ces six États, quatre montrent une baisse assez sensible de la participation par rapport à 2012, seules la Pennsylvanie et la Floride faisant exception. La chute tombe jusqu'à 3 points dans l'Ohio et l'Iowa, alors qu'au niveau national la participation est en légère baisse (- 0,5), montrant une démobilisation des électeurs dans des États qui avaient justement plutôt soutenu Bernie Sanders lors des primaires. En effet, s'il avait ainsi pratiquement remporté l'Iowa et fait de bonnes performances dans ces quatre autres États clés, il avait contre-performé en Floride.

La tendance est encore plus nette si on se tourne vers les États qui avaient massivement soutenu Bernie Sanders. On voit rapidement que la démobilisation a été importante : chute de 8 points dans le Minnesota, de 7,3 à Hawaï, de 4,9 dans le Kansas, de 4,6 dans le Colorado, etc... Dans les 22 États remportés par Sanders lors des primaires, seuls sept montrent une hausse de la participation, souvent modeste. Même si ces États n'ont été en rien déterminant lors du duel final Clinton/Trump, ils sont intéressants pour isoler et analyser l'attitude des partisans de Bernie Sanders et donc leur participation en général. Dans son État de prédilection et d'origine, le Vermont, la chute de la participation est aussi très marquée (- 3,3 points) et atteint un record de faiblesse.

La dynamique Sanders a été décisive dans le résultat final de l'élection présidentielle. Une partie significative de ses partisans a choisi de ne pas suivre son leader et a préféré ne pas voter pour une candidate avec laquelle peu de choses sont finalement partagées. Hillary Clinton a donc perdu en partie parcequ'elle n'a pas suffisamment réussi à les convaincre, elle qui a fait campagne sur la continuité. Les ténors du Parti socialiste en France semblent bien comprendre ce risque, alors qu'ils agitent déjà cette victoire de Trump pour essayer de remobiliser. Mais cela peut-il réussir en l'absence de tout projet novateur et fédérateur ?

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