« Les petits blancs », comme « les petits noirs », vous emmerdent Messieurs.

Message d’exaspération après 10 jours de commentaires post élections américaines, où nombre de journalistes, éditorialistes, rédacteurs en chef, commentateurs et humoristes ont rabâché la même rengaine après s’être magistralement plantés.

Message d’exaspération après 10 jours de commentaires post élections américaines, où nombre de journalistes, éditorialistes, rédacteurs en chef, commentateurs et humoristes ont rabâché la même rengaine après s’être magistralement plantés.

 Avec toujours la même explication, simpliste et réductrice, en fait au même niveau qu’avant élections, le résultat du vote américain n’exprime rien d’autre que « la révolte des petits blancs » ou « la revanche du mâle blanc ».

 Une utilisation vicieuse de cette expression « petits blancs » dont pas grand monde ne sait que le sens  éthimologique repose sur des principes sociologiques et économiques et non ethniques.

Malheureusement pour nos théoriciens professionnels, l’usage qu’ils en font, couplé avec « la revanche du mâle blanc » perd tout sens sociologique pour ne revêtir que le sens ethnique et donc au final raciste.

On aurait jamais imaginé qu’à la victoire de Mandela et de l’ANC en Afrique du Sud, ces même bienpensants n’auraient commenté  le résultat du vote dans ces termes : « la révolte des petits noirs » ou « la revanche du mâle noir »…

 Une rhétorique bien étrange pour un discours uniforme dénonçant constamment le racisme de Donald, en fait une rhétorique basée sur… le racisme : si Donald a été élu, c’est bien à cause de ce petit monstre caché au fin fond de l’Amérique, l’homme blanc, aussi inculte et frustré  qu’exploité, une honte pour l’humanité.

 Une rhétorique bien vicieuse qui au lieu d’apaiser, attise le feu en divisant la nation américaine en deux : les petits monstre blancs incultes, violents et réacs  d’un côté, la société multiculturelle, multi-cultivée et ouverte de l’autre, en fait une rhétorique binaire qui rappelle étrangement celle d’un ancien président des Etats Unis ou d’une grande saga d’Hollywood : les méchants / les gentils, le mal / le bien.

 Une rhétorique de guerre employée en live dans tous les conflits étasuniens : diviser pour mieux régner et faire place au chaos.

 Et là aussi, on ne peut qu’être déçus que tous ces journalistes, éditorialistes, réds en chef etc… n’aient à aucun moment parlé dans cette campagne, trop occupés à parler de couleur de cheveux et de « pussy grab », des guerres aussi cachées que sales  d’Obama et de Hillary, je veux parler de la guerre du Yemen, de la guerre de Somalie ou de la guerre du Sud Soudan, trois guerres qui font des ravages dans ces populations s’entretuant avec des armes américaines livrées par Barak et Hillary,  créant, en plus des victimes, des réfugiés et des déplacés par millions.

Evidemment, cela faisait trop tâche dans leur tableau idyllique de première femme présidente des Etats Unis, dans leur préférence et leur prédiction à 95% de la victoire d’Hillary.

Une rhétorique dangereuse  et des oublis coupables qui ne redorent pas l’image  et la crédibilité d’une presse déjà en perte de vitesse.

 

One World, One Love

 

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